L’invité mystérieux


Elle avait connu Éric grâce à un réseau téléphonique de rencontres. Célibataire depuis presque deux ans, elle avait trouvé ce moyen de rencontres sympathique, elle qui craignait les hommes depuis l’échec de sa vie de couple. Après ce que lui avait fait subir son ex conjoint, elle avait eu du mal à apprendre à refaire confiance à un homme, et à elle-même. Cela faisait quelques mois donc, qu’elle avait fait la connaissance d’Éric, qu’ils se téléphonaient régulièrement. Ils finissaient par bien se connaître. Il était divorcé, avait 45 ans et était plutôt bel homme. Il lui avait envoyé une photo… Une réelle complicité était née de ses échanges, et ils s’étaient trouvés de nombreux fantasmes en commun. N’habitant pas la même région, ils pensaient n’avoir aucune chance de se rencontrer un jour. C’est pourquoi, lorsqu’il lui annonça qu’il venait assister à un séminaire dans sa région, elle fut d’abord surprise… mais ne résista pas à l’idée de lui proposer une rencontre. L’occasion était trop belle pour ne pas en profiter… Emballé par son offre, il lui demanda si elle n’aimerait pas réaliser ce qu’ils avaient tous deux en tête depuis longtemps… Cette idée lui plut d’emblée… Il n’était pas vraiment un inconnu puisqu’ils dialoguaient depuis des mois, mais ils ne se connaissaient pas physiquement… ça pouvait coller !!! Ils mirent au point leur rencontre. Cela se passerait chez elle. Il l’appellerait de la cabine du village à son arrivée, afin qu’elle se prépare. Ensuite, elle l’attendrait…

Le jour venu, elle pris beaucoup de temps afin de se préparer à cette rencontre. Une douche méticuleuse, un lait corporel parfumé, un maquillage soigné… tout ceci complété par une lingerie sexy, des bas et une petite robe sobre, mais avec un décolleté avantageux. L’image que son miroir lui renvoyait la satisfaisait pleinement. Elle était fébrile à l’idée de ce qui allait se passer, et se disait au fond d’elle-même qu’elle était un peu folle, lorsque le téléphone sonna… Déjà ! C’était Éric, il était au centre du village et attendait son feu vert pour venir. “J’arrive dans cinq minutes” lui dit-il avant de raccrocher. Elle alla à sa porte et la déverrouilla, avant de se rendre dans sa chambre. Là, deux foulards étaient prêts sur le lit. Elle prit nerveusement l’un d’eux, et l’attacha serré sur ses yeux luisants. Ceci fait, elle s’allongea sur son lit, en prenant soin de garder ses escarpins à talons aiguilles. Elle entendit alors un bruit de moteur qui ralentissait, et une voiture pénétrer dans la cour de la maison. Une portière claqua, suivie quelques instants après d’un autre claquement…

“Et s’il n’était pas seul” pensa-t-elle subitement… Cette idée enflamma aussitôt ses sens.

Le grincement de la porte d’entrée de la maison la ramena à la réalité. Elle entendait des pas dans le couloir qui menait à son appartement, et subitement, sa porte d’entrée s’ouvrit. Son cœur battait à tout rompre… Il était encore temps de défaire le bandeau afin d’être à égalité avec son visiteur… mais non, elle jouerait le jeu jusqu’au bout, c’était par trop excitant ! Les pas se rapprochaient de plus en plus… elle entendait maintenant sa respiration.

Les mains de l’homme remontèrent lentement sur son corps, remontant du même coup sa robe. Elle se releva légèrement pour qu’il la lui retire plus aisément. Elle apparut alors devant lui, en guêpière de dentelle noire, string, bas. La respiration d’Éric était devenue plus sourde, comme rendue difficile. Il s’empara doucement de ses poignets, et les emprisonna du foulard qu’elle avait laissé sur son lit. Elle était là, offerte, aveugle, les poignets liés au-dessus de sa tête. Cette situation la mettait dans un état d’excitation indescriptible. Il ne l’avait pas encore touchée, mais elle sentait qu’elle se liquéfiait. Elle sentit ses doigts longs caresser ses chevilles, et insensiblement, remonter le long de ses jambes gainées de lycra, suivis de près par une bouche chaude et sensuelle. Hum… la caresse de la langue a travers le bas était d’un érotisme torride ! Elle était sa chose, elle s’offrait totalement à cet homme qu’elle croyait connaître, mais qui n’était en fait qu’un parfait inconnu. Les lèvres arrivaient désormais sur le haut de ses cuisses, là où le bas laisse place à la chair… Il semblait prendre un plaisir extrême à en caresser la limite… ce qui la faisait se tordre de plaisir devant lui. Elle n’entendait pas sa voix, mais n’avaient-ils pas convenu qu’ils ne se parleraient qu’après… Comme elle aurait voulu qu‘il lui parle… Elle connaissait bien sa voix chaude et grave, elle avait le don de la mettre dans un état second chaque fois qu’elle l’entendait ! Qu’il lui dise combien il la désirait ! Mais au lieu de cela, il le lui prouvait directement. Ses mains s’affairaient maintenant à lui retirer son string, tandis que la bouche gourmande venait s’appliquer sur le sexe brûlant. Elle poussa un gémissement de plaisir en sentant la langue s’insinuer entre ses lèvres, et venir buter sur son clitoris. Il la lécha lentement, méticuleusement, jusqu’à ce qu’elle demande grâce dans un profond râle. Ses doigts la fouillaient désormais sans ménagement, pénétrant dans ce sexe luisant qui le happait goulûment. Il avait présenté sa bite dressée à ses lèvres gourmandes, et c’est avec frénésie qu’elle s’en était emparée. Ses lèvres enserraient précieusement le membre tandis que sa langue agile en faisait le tour. Éric gémissait sous les caresses buccales qu’elle lui prodiguait.

Elle étouffa un cri de rage lorsqu’il se retira de sa bouche. Elle aurait voulu qu’il jouisse entre ses lèvres ! Mais non, déjà le gland venait caresser sa fente, cogner contre son bouton tendu… hum…….. comme elle le voulait en elle ! Son bassin se soulevait pour l’engloutir, mais rien à faire, il se refusait. Ca la rendait complètement folle. Ce manège semblait beaucoup l’amuser, car il faisait durer le plaisir… Il voulait simplement qu’elle lui demande, ce qu’elle comprit rapidement. La voix rauque et suppliante, elle lui dit dans un souffle “Baises-moi !”…

Ce fut comme si les mots avaient percuté directement le sexe en érection, le faisant plonger instantanément dans un océan de désirs. Elle le sentit cogner au plus profond d’elle, ce qui lui arracha un cri animal, mais déjà il se retirait, laissant le sexe béant l’espérer de nouveau avant d’y replonger encore plus fort, encore plus loin. Elle n’était plus qu’un corps tordu par le plaisir, secoué par les spasmes… Elle ne reconnaissait même plus sa voix qui semblait venir directement de ses tripes ! Elle était devenue une autre femme, à moins que ce ne soit une bête ! Ces cris de plaisir n’avaient quasiment plus rien d’humain, et c’est dans un hurlement soudain qu’elle accueillit au plus profond d’elle les saccades chaudes et longues du sperme qui l’inondait. Son corps entier n’était plus que frissons et bien-être.

Il y avait longtemps qu’elle avait imaginer la réalisation de ce fantasme, mais honnêtement, elle n’avait jamais osé espérer que ce serait aussi jouissif ! Elle était tombée sur un partenaire de premier choix, elle le savait. Il la caressait désormais tendrement. Ses mains rejoignirent les poignets, les libérant et les baisant délicatement l’un après l’autre. Les lèvres se posèrent ensuite sur la bouche de la jeune femme. Leurs langues se cherchèrent, se savourèrent dans un moment d’une grande sensualité, et enfin, elle sentit que le bandeau qui la rendait aveugle se détendait. Enfin, elle pouvait le voir. Elle se repu la vue de son image. Loin d’être déçue, elle constata avec plaisir qu’il était encore au-dessus de ce que sa photo laissait deviner. C’est alors que, doucement, à son oreille, il la remercia du formidable cadeau qu’elle lui avait offert. Lui aussi avait apprécié cette aventure au-delà de ce qu’il avait imaginé. Et il n’était pas encore au bout de ses surprises.

Après un repos bien mérité, ils s’attachèrent à faire connaissance. Ils avaient l’impression de s’être toujours connus. Elle s’affairait dans le petit appartement à confectionner un repas pour le soir, tout en buvant un verre. La curiosité d’Éric était sans limites, il voulait tout savoir sur elle. Qui elle était vraiment, ce qu’elle aimait, ce qu’elle détestait, et cette frénésie de questions provoquait les rires de la jeune femme. Il se sentait extraordinairement bien, et lui confia plus tard, au cours du repas, qu’il y avait très longtemps qu’il ne s’était senti comme cela. Il l’informa également de son désir de passer la nuit chez elle. Il n’était pas pressé, et appréciait énormément sa compagnie, ce qui la ravit. Au fur et à mesure qu’ils se découvraient, le désir remontait insensiblement entre eux. Les regards devenaient de plus en plus lourds, les gestes de plus en plus lents et caressants. Alors qu’ils discutaient assis confortablement sur le canapé, il posa doucement sa main sur le haut de la cuisse de la jeune femme, et se remit à caresser la douce lisière du bas. Il lui confia qu’il n’avait jamais connu de femmes en ayant porté, et qu’il trouvait cela extrêmement excitant. Elle pu se rendre compte effectivement qu’il ne lui mentait pas… il bandait de plus belle. Sa main délicate se posa doucement sur le membre érigé et commença des mouvements légers, puis plus appuyés. Il l’enlaçait, sa main caressant toujours le doux lycra qui gainait ses jambes, sa bouche sur celle de la jeune femme. Ses lèvres exigeantes la dévoraient littéralement, descendant dans le cou, aspirant le lobe de son oreille. Elle était de nouveau frissonnante entre ses bras musclés, déjà consentante à tout ce qu’il pourrait lui demander, ne quittant pas des yeux sa main, toujours occupée à branler lentement la verge érigée. Les lèvres d’Éric étaient désormais sur son sein droit, le tétant comme si leur vie en dépendait ! La main gauche de l’homme était remontée jusqu’a son mont de Vénus, s’était frayé un chemin jusqu’a son intimité trempée de désir. C’est alors qu’il lui demanda de lui montrer comment elle se donnait du plaisir, lorsqu’il lui téléphonait… Il n’avait pas oublié qu’elle lui avait parlé de son compagnon de jeux, qu’elle rangeait soigneusement dans le tiroir de sa chambre. Il s’était déjà emparé de l’ustensile, et le lui tendait, sourire aux lèvres. “Je veux te regarder… montre moi !” lui dit-il d’une voix émue. Alors, lentement, elle parcouru son corps de la pointe du vibromasseur, en commençant par ses seins, faisant saillir les tétons, un à un, puis doucement, descendit sur son ventre, le haut de ses cuisses… Son souffle devenait court, son corps se courbait, ses reins se creusaient sous les caresses voluptueuses. Il la regardait, les yeux luisants, tout en se masturbant. Lorsque, enfin, l’olisbos arriva devant le sexe qui l’espérait, elle ralentit son mouvement, marqua un temps d’arrêt, puis commença de lents mouvements circulaires sur son clitoris gorgé de désir. Elle ne pouvait retenir des gémissements sourds, tout en regardant son amant droit dans les yeux. Le désir qu’elle lisait dans son regard décuplait le sien… Il voulait voir, et bien, il allait être servi ! C’est alors qu’elle fit plonger d’un coup le sexe factice au plus profond d’elle. Il effectuait désormais des vas-et-viens réguliers, d’abord lents et profonds, puis de plus en plus rapides… Elle sentait monter le plaisir en elle d’une manière inexorable. Éric n’en perdait pas une miette, fasciné qu’il était par cet instrument qui prodiguait tant de bonheur au corps de sa maîtresse. C’est à ce moment précis, qu’elle décida de déclencher le système vibratoire… Un long gémissement s’échappa de sa poitrine tendue pour venir mourir sur ses lèvres. Son corps était secoué de spasmes accélérés, et sa main se crispait sur le god. Un plaisir fulgurant la terrassait, alors qu’elle avait toujours les yeux plantés dans ceux d’Éric. Ravie d’avoir provoqué tant d’effets sur lui, elle s’offrait désormais à son désir tendu… qu’il la prenne là, maintenant ! Après avoir promptement enfilé un préservatif, c’est d’un coup qu’il la pénétra jusqu’à la garde, toujours en la regardant. Il voulait à nouveau la voir jouir, voir son regard se voiler sous le coup du plaisir. Ils étaient comme fous, devenus subitement esclaves consentants de leurs corps affamés ! Et c’est toujours les yeux dans les yeux qu’ils atteignirent à l’unisson l’orgasme tant espéré, dans un ultime soubresaut.

La tendresse reprit ensuite ses droits, et c’est enlacés qu’ils s’endormirent sans se déprendre. La nuit fut agitée, et le sommeil rare. Quatre fois ils refirent l’amour, sans pour autant se lasser… éprouvant à chaque fois des sensations nouvelles, des mots plus justes, des caresses inédites. C’est épuisés mais heureux qu’ils virent arriver l’aube. Déjà 7 heures, il allait devoir reprendre la route. Tous deux savaient déjà que cette première nuit serait aussi la dernière. Rien ne serait plus jamais comme avant. Comme dans les contes de fées, la magie s’éteignait avec l’arrivée de l’aube. Il repartit comme il était venu, discrètement, mais le cœur plein de gratitude. Elle espéra longtemps avoir de ses nouvelles, un coup de fil, une lettre, mais le téléphone resta muet, sa boîte à lettres désespérément vide. Ca ne la surpris pas, mais elle avait cru un miracle possible. Ce n’est que longtemps après, qu’un jour elle reçu une carte de visite blanche, sur laquelle elle reconnu immédiatement l’écriture longue et nerveuse d’Éric. Celle-ci comportait un seul mot, écrit à l’encre noire : Merci.

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2 réflexions sur “L’invité mystérieux

    • Cette nouvelle fait partie des toutes premières que j’ai écrite il y a plus de six ans et est la transposition d’une aventure qui m’est réellement arrivée. Je n’ai que très peu enjolivé les choses. Maintenant, lorsque je le relis (ce que je fais très peu), je le trouve plein d’imperfections, mais cela me permet de mesurer les progrès réalisés en écriture depuis. C’est là l’intérêt, et peut être qu’un jour, je m’attacherai à les retravailler pour le rendre meilleur.

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