La brûlure de la neige – Françoise Rey


J’avais ce livre depuis pas mal de temps sur mes étagères, et je ne l’avais pas encore lu. Je m’y attelai donc la semaine dernière, et je ne fus pas déçue. Un livre de Françoise Rey, c’est en principe un gage de qualité. Celui-ci ne déroge pas à la règle, j’irai même jusqu’à dire qu’il est peut-être son meilleur. Il m’a émue jusqu’au plus profond de moi-même, et pas seulement de façon sensuelle… Parce que l’histoire est belle, les personnages attachants, les mots d’une grande sensibilité, même si à certains moments très crus. Là aussi, Françoise Rey réussit à être d’une indécente crudité sans jamais tomber dans la vulgarité, ce qui est un exercice très périlleux. Bref, du très grand art, n’en déplaise à certains critiques qui ont purement assassiné ce roman.

Quatrième de couverture

Dix ans après  » La Femme de papier « , Françoise Rey reprend son insolente plume. A travers la confession d’un amant à sa maîtresse, ces pages d’un érotisme parfois cru narrent une étrange rencontre. Celle de la timidité et de l’impudeur. Celle d’un homme pour qui le sexe n’avait jamais été que l’expression d’un éphémère désir, et d’une femme désarmante d’indécence. Surprenante aventure, tardive libération qui va révéler l’amant à lui-même, le mettre littéralement à nu, l’émerveiller par ce déferlement de plaisir qui l’envahit jusqu’à le submerger… Avec une audacieuse élégance, Françoise Rey dépeint la passion de ces deux êtres ivres de volupté. Elle aborde, non sans sensibilité, la troublante relation du corps et de l’âme et nous rappelle surtout combien le sexe est libérateur, magique et joyeux.

Extrait

« Pour bien caresser, il faut oublier son propre corps, et sentir avec celui de l’autre. Je m’imagine dans la merveilleuse peau de ma déesse, me glisse en ses courbes, en ses vallons, en ses arabesques, m’habille de sa sensualité vibrante, je deviens femme, j’ai un épiderme de velours, un ventre délicat qui frissonne sous l’attouchement ténu de la tige qui chemine, et, au bas de ce ventre, entre ses jambes réceptives, tressaillantes, je possède une fleur encore hermétique, qu’un sésame diabolique seul peut épanouir. Ma clef, maniée par deux doigts légers, s’affole sur le crin serré du sexe d’Ellie, s’alanguit à ses limites, paresseuse à suivre le creux d’une aine, de l’autre, nonchalante sur le sentier qui sépare le mont de Vénus, chevelu, du reste du pubis, lisse et doux. Bientôt une houle heureuse, éperdue, anime ce paysage où je déchaîne des talents de miniaturiste. Le ventre adolescent monte à la conquête du plaisir, réclame les délices de mon crayon, les genoux se séparent, et, au confluent des deux cuisses de nacre, luisante d’une rosée prometteuse, la faille espérée s’entrouvre enfin.« 

 

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La brûlure de la neige – Françoise Rey – Editions PressPocket

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