Réflexion sur la littérature érotique


J’aimerais entamer ici une réflexion qui m’est venue en lisant « Les avatars de Monsieur Pierre » de Françoise Rey. En début d’ouvrage, elle parle de son âge qu’elle rend responsable du fait qu’elle ne puisse plus écrire de textes aussi excitants et hards qu’à ses débuts, affirmant ainsi que les méfaits de la ménopause s’étendraient également à la sphère cérébrale.

Tout ceci est écrit avec beaucoup d’humour, mais il pourrait y avoir une autre explication…

J’écris des textes érotiques (qui n’ont pas la prétention d’arriver à la cheville de ceux de Françoise Rey) depuis quelques six années. Bien sûr, pour cela, je puise dans mes souvenirs, dans mon vécu, dans mes fantasmes, mais pas seulement. Je lis énormément, et c’est actuellement le principal moteur de mon écriture. Non pas tant pour les idées que je développe que pour affiner mon style.  Cependant, je constate qu’au fil du temps, à force d’écrire, j’ai l’impression de parfois tourner en rond.

En littérature érotique, il faut être conscient que le sujet traité est toujours le même… Après, on l’habille de façon différente, selon l’orientation que l’on veut donner à l’ensemble, la sensibilité que l’on veut mettre en avant. Mais globalement, on reste prisonnier des manoeuvres de séduction et des actes qui en découlent. C’est ainsi, on n’y peut rien changer. L’imagination permet uniquement de reculer un peu l’échéance.

Ménopause cérébrale donc, je ne pense pas, c’est plutôt une évolution vers autre chose, vers un genre qui sera moins « enfermant » pour l’auteur, dans lequel il pourra explorer de nouvelles contrées inconnues.

Si l’on se penche sur les grands noms de la littérature érotique, on s’aperçoit que la grande majorité n’a écrit qu’un nombre très limité de livres, quand ça n’est pas qu’un seul et unique. Tous, à un moment ou à un autre, sont passés à un genre plus traditionnel. Que l’on se souvienne de Régine Deforge, dont les écrits érotiques ont ravi des générations de lecteurs (et en ravissent encore). L’érotisme était encore très présent dans le début de la saga « La bicyclette bleue » (qui sortait pourtant du genre) pour finir par s’atténuer et finalement disparaître.

Françoise Rey est une auteure assez prolixe, dont l’œuvre érotique restera, car de grande qualité même si, comme elle le déplore, elle n’écrira plus jamais une seconde « Femme de papier ».  Mais elle nous a fait connaître bien d’autres moments de grâce par la suite, comme la divine « Brûlure de la neige » dont j’ai déjà parlé.

Je ne parlerai pas ici de son dernier roman, puisque je ne l’ai pas terminé. J’y reviendrai plus tard, pour une critique argumentée. Tout ce que je peux dire actuellement c’est qu’il est très beau.

Alors, Madame, si jamais, par le plus grand des hasards, vous lisiez cette note, n’ayez aucun regret. Votre esprit ne s’assèche pas, il évolue vers autre chose. Il en va ainsi de toutes choses humaines… Mais surtout, ne raccrochez pas votre plume. Continuez de nous ravir de vos mots, tendres ou érotiques selon l’inspiration, mais toujours porteur de beaucoup d’humanité. C’est peut-être surtout pour cela que l’on vous aime.

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3 réflexions sur “Réflexion sur la littérature érotique

  1. Ou la difficulté du genre érotique. C’est un peu le problème de ce genre, la finalité est toujours la même. Heureusement le vocabulaire est vaste, la métaphore souvent heureuse et l’imagiantion sans borne. Mais il est vrai qu’il est difficile de se renouveller. J’ai aussi pour ma part eu l’impression de me répéter, de ne ne plus trouver de mots alors je me suis enfui vers d’autres espaces d’expression plus contraignant mais paradoxalement plus libre. Et puis l’envie revient comme la vague sur la plage. Il ne reste plus qu’à espérer qu’elle reste présente longtemps.

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    • Ca va, ça vient… L’envie et l’inspiration ne sont pas constantes en effet, et au bout d’un moment, on a l’impression d’avoir déjà tout dit. Jusqu’au jour où l’on a une lecture qui redéclenche quelque chose, ou que l’on vit un événement qui donne envie de… A vrai dire, je n’ai pas réécrit d’érotique depuis « L’héroïne délicieuse », c’est à dire cet été ! Il faudrait vraiment que je m’y colle bon sang…

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