Sur le net, c’est gratuit !


« Si les plumes sont belles ,sur le net on trouve de plumes aussi belles , si ce n’est plus , et c’est gratuit ! »

Phrase relevée hier sur un forum, par une personne ayant acheté et lu  « Transports de femmes »… Chacun est bien entendu libre de ses opinions, mais ce qui me hérisse quelque peu le poil, c’est cette mise en avant du « gratuit ».

Le livre, en tant qu’objet, a pour moi une valeur. J’aime le toucher, le feuilleter, le respirer… Bref, je ne saurais m’en passer, ce qui pose problème d’ailleurs, car on ne peut repousser les murs pour en mettre plus ! Le livre est une trace qui témoigne d’une époque, qu’il soit bon ou mauvais.

Ne vous imaginez pas que l’on écrit et publie pour gagner de l’argent ! Franchement, si c’est votre but, changez immédiatement d’orientation. L’écriture est tout, sauf rémunératrice (sauf exception pour quelques noms, dont beaucoup sont surtout des serviteurs de soupe). Dix pages dans un ouvrage collectif, c’est une poignée d’euros pour l’auteur… Pas de quoi s’extasier non ? Mais c’est surtout… OSER. Oser se soumettre à la sélection de l’éditeur, oser votre ses mots côtoyer ceux d’auteurs beaucoup plus brillants, oser prendre le risque de se faire bâcher aussi. C’est quelque part, se remettre en question et s’appliquer à améliorer son style. Je suis persuadée que, grâce à ces collectifs, émergeront, dans les années à venir, des auteurs de qualité.

Bien sûr, il y a foultitude de textes (et parfois de très bons textes) érotiques sur le net… C’est le net qui m’a donné envie d’écrire, qui m’a permis de faire connaître mes premiers textes et qui m’a permis aussi de me faire les griffes et d’améliorer ma plume, je ne le nie pas. Mais que l’on réfléchisse bien… Si le net avait existé à l’époque de Musset, Apollinaire ou Anaïs Nin, aurait-on encore trace de leurs écrits sulfureux ? Tout va très vite sur la toile, on adore un jour quelque chose que l’on détruit le lendemain… La lecture sur le net est au livre ce que MacDo est à la restauration !

Je n’ai pas la prétention (et je ne l’aurai jamais) de croire que mes modestes textes ont une réelle valeur littéraire, mais je m’emploie activement, année après année, à m’améliorer. Et voir ce travail récompensé par mon nom sur un couverture de livre, je serais bien hypocrite de dire que ça me laisse froide :)) Oui, c’est flatteur, oui, ça fait du bien à l’égo (tout en veillant à laisser dégonfler les chevilles régulièrement !). Mais ça n’est pas mon moteur…

Et puis c’est bête, certains jugeront cela d’un sentimentalisme débile, mais mon père n’a pas eu de garçon. Son patronyme s’est éteint avec lui (du moins pour sa branche). C’est ce qui m’a motivée, lorsqu’il a fallu choisir mon pseudonyme, à le choisir sous forme d’anagramme améliorée de mon nom de jeune fille. Mon père était un grand lecteur, même s’il ne lisait pas autant qu’il l’aurait voulu. C’était aussi un homme qui ne détestait pas les lectures sulfureuses (c’est dans ses livres que j’ai découvert Sade !). Je pense qu’il aurait été fier que son nom soit camouflé dans des volumes de la BNF, et ce pour l’éternité. Je ne sais si c’est de l’orgueil mal placé, mais pour moi c’est surtout un hommage que je lui rend.

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3 réflexions sur “Sur le net, c’est gratuit !

  1. vui !!! moi j’ai un contact sensuel, presque sexuel avec un livre, je l’emmène dans mon lit il dort avec moi contre ma poitrine me laissant des drôles de traces au matin, je le jette à l’autre bout de la pièce et je vais le rechercher je l’époussette je l’emmène partout avec moi caché au fond de mes sacs il fait partie de mon intimité je le serre contre mon coeur… je ne me vois pas faire cela avec le net, ca va être plus physique non?
    rien ne remplacera jamais le livre, et à ce propos j’ai recuuuuuuu !!!!!! je me le garde de côté pour le lire pendant les vacances et je vous dis tout :))
    bisous !

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    • Super la chatte, contente que ça soit bien arrivé ! Alors un conseil avant lecture, vous pouvez zapper directement la première nouvelle, j’ai abandonné comprendre quelque chose à l’histoire avant la fin de la première page… Et je crois que je ne suis pas la seule ! lol C’est pas le meilleur cru de la collection, mais il a le mérite d’exister… Quant à moi, je n’ai toujours pas reçu mes exemplaires d’auteur du volume 2011, donc Vanille va devoir encore attendre 🙂 Si demain je n’ai rien au courrier, j’enverrai un mail à l’attachée de presse, histoire de vérifier que l’on ne m’a pas oubliée…

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  2. Moi qui lit aussi beaucoup j’ai un besoin physique du livre. Lire sur internet me laisse un goût d’inachevé car pour y revenir il faut soit que je « marque » la page soit que je la retrouve et ça m’ennuie. Tandis que mon livre, je le prend dans son étagère, je le laisse trainer, il m’agace alors je ne le lis plus puis j’y reviens, presque en m’excusant de l’avoir délaissé….. non le livre est important, la parole écrite pour l’éternité dans un support que l’on peut retrouver vite et facilement est indissociable du plaisir de lire. Lorsque ma grand mère a disparu, une de mes tantes m’a appelé et demandé de venir, elle vidait l’appartement, elle voulait me montrer quelque chose. Lorsque je suis arrivée elle m’a tendu un livre pour enfant…….. dessus il y avait écrit « A corinne, mamy » c’était mon livre de petit fille « L’imagier du père castor »

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