L’érotisme au féminin


Vous l’aurez sans doute remarqué, depuis pas mal d’années les plumes érotiques féminines se sont emparées du marché. Sont-ce les éditions Blanche qui ont contribué à cela, avec leurs collectifs annuels ? Ou bien sont-ce les femmes qui ont décidé de se libérer au travers de leurs fantasmes mis en mots ? Peu importe finalement, je ne vais pas m’en plaindre puisque moi aussi, je me suis engagée dans cette voie.

Maintenant, j’aimerais ouvrir un débat. Y a-t-il vraiment un style d’écriture érotique typiquement féminin ?

Cela me semble extrêmement réducteur, dans la mesure où je ne veux pas être enfermée dans une boîte. Un auteur -qu’il soit homme ou femme- s’il a un style bien particulier, doit cependant se renouveler faute de quoi, il tournerait inévitablement en rond et lasserait son lectorat. Selon certains, certains textes écrits par des femmes sont trop « masculins »… Qu’est-ce à dire ? Devrait-on, sous prétexte que l’on est une femme, n’écrire que dans un registre « rose bonbon », tout en douceur, tendresse et/ou mièvrerie ? Les récits plus « bruts » ne seraient alors plus que l’apanage des hommes ? Ridicule…

Je suis femme, et je prends autant de plaisir à écrire du très doux que des choses un peu (voire plus) épicées. Mélanger les deux est également un exercice que j’aime, même s’il est extrêmement difficile de bien doser. Tout le monde n’a pas le talent de Françoise Rey en la matière ! Bref, mon écriture évolue, au fil de mes envies, de mes inspirations, et c’est tant mieux. Le jour où elle restera statique, cela voudra dire que je ne serai pas loin de raccrocher définitivement ma plume.

Je revendique le droit d’utiliser le ton qu’il me plaît (et surtout que je juge convenir) pour traiter les situations et personnages que je mets en scène. Après, selon la solidité des argumentaires que l’on me présente, je peux revoir certaines choses, mais globalement, je ne reviens jamais sur le fonds, et surtout pas pour m’adapter à des critiques du genre « trop féminin » ou « trop masculin ». En général, la tonalité d’un texte correspond à l’état d’esprit dans lequel je suis au moment où j’écris, et c’est ce qui fait que la mayonnaise prend. Chaque fois que je me suis mise au clavier pour répondre à des exigences particulières, cela s’en est ressenti car le texte était plus froid. Les émotions ne passaient pas et pour cause… Je n’en ressentais aucune à l’écriture !

Les auteurs sont des êtres humains, avant d’être des hommes ou des femmes. Ils ont leur part d’émotion certes, mais également de pulsion, d’animalité, ainsi qu’une dualité féminin/masculin. C’est tout cela que je veux retranscrire au travers de mes modestes mots, sans m’interdire aucun registre sous prétexte d’entrer dans la case étiquetée « style féminin ». La seule chose que je m’astreins à éviter, c’est de tomber dans un genre qui relèverait plus du pornographique que de l’érotisme, tout simplement parce que cela ne me convient pas et que je ne me reconnais pas dans cela.

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