Lecteurs, on pense pour vous !


Je me suis aperçue hier soir que j’étais encore pleine d’illusions sur la société dans laquelle nous vivons. Naïvement, je pensais qu’un livre, s’il était bon et qu’il avait un succès relatif ne pouvait que sortir en livre de poche… Erreur ô combien grossière ! Pour cela, encore faut-il que son sujet ne sorte pas trop des sentiers battus !

Ainsi, il paraît qu’en littérature,  ce qui traite de sado-masochisme ne se vend pas… Ah bon ? Cette thématique n’intéresserait donc qu’une petite poignée de lecteurs bien évidemment pratiquants inconditionnels ? J’ai du mal à le croire.  Si c’était vrai, il faudrait m’expliquer pourquoi les publicistes, le milieu de la mode et bien d’autres ne tarissent pas de références plus ou moins évidentes à certains codes SM dans leurs productions, afin de mieux appâter le chaland ! On me répondra alors « oui, mais c’est du visuel, pas de la pratique »…

La domination et la soumission font quand même bien partie de notre quotidien, qu’on le veuille ou non, et ce depuis la nuit des temps. Qu’est-ce qu’une relation de couple sinon un rapport de forces permanent ? Et je ne parle pas des relations professionnelles, économiques…

Hier soir donc, j’ai appris que l’excellent roman d’Emma Cavalier, « Le Manoir » ne sortirait pas en édition de poche sous prétexte qu’il ne se vendrait pas.

Mais qu’est-ce qui fait qu’un livre va se vendre ? Certes, il y a la qualité de l’écriture, mais c’est la portion congrue. Nous avons tous l’exemple de livres plus que moyens, que l’on trouve partout omniprésents dans les rayons des librairies et des supermarchés. Ce qui assure la vente d’un livre, c’est la couverture médiatique qui en sera faite. Et c’est là que le bât blesse ! A l’heure d’aujourd’hui, il n’y a quasiment plus aucune émission littéraire à la télévision. Quant à la presse papier, si elle chronique régulièrement des livres, les érotiques y brillent par leur absence. Alors pensez-donc ! Un érotique traitant de sado-masochisme ! Pas de ça chez nous…

Pourtant, si l’on regarde les productions littéraires des années passées, on en trouve des romans SM sortis en édition de poche : la triologie de Florence Dugas (et dieu sait qu’elle est très sadienne !) est sortie au Cercle Poche, « Soumise » de Salomé, en Pocket de même que « Entre ses mains » de Marthe Blau, ou « Carnet d’une soumise de province » chez Folio. Les « classiques » quant à eux sont régulièrement réédités…

Oui, mais tous ces livres ont un point commun : ils sont tous parus il y a quelques années ! S’ils sortaient aujourd’hui, il y a fort à parier qu’ils n’auraient pas les honneurs de l’édition de poche. Se sont-ils mal vendus ? J’en doute fort !

Je ne peux m’empêcher de voir, derrière cet argument de mévente que l’on croirait sorti du chapeau d’un magicien, un retour à peine dissimulé d’une certaine forme de censure. Après le sado-masochisme, quelle autre forme érotique sera touchée ? Il y a quelques années, les collectifs féminins des Editions Blanche étaient disponibles en édition Pocket dans tous les supermarchés et supérettes, même en campagne. Depuis trois ans environ, on ne les y trouve plus du tout ! Bientôt, on nous dira qu’ils ne se vendent pas. Et pour cause : s’ils ne sont pas disponibles facilement, ils ne risquent pas de se vendre !

L’accès à la culture est, pour beaucoup de personnes, conditionné au prix d’achat. Beaucoup de gens ne peuvent se permettre de payer entre 15 et 20 euros pour un livre (surtout par ces temps de crise !). Aussi, ceux-ci attendent-ils souvent l’édition de poche pour pouvoir s’offrir de belles lectures. « Salauds de pauvres ! » qui devront désormais se passer de beaucoup de choix, sous prétexte que l’on a décidé pour eux qu’ils n’aimeraient pas.

A l’heure où certaines pratiques sexuelles, longtemps réservées à une élite, se démocratisent via le multimédia, elles se retrouvent mises en marge de la culture populaire. De là à croire que l’on a peur que le vent de liberté qui souffle dans en elles n’en sorte et ne donne des idées de rebellion aux lecteurs, il n’y a qu’un pas que je serais tentée de franchir.

Pour préserver la médiocrité de notre société, normalisons, pensons pour ces pauvres hères qui risqueraient de se fourvoyer, préservons les de leurs propres errances ! Pouah…

 

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15 réflexions sur “Lecteurs, on pense pour vous !

  1. Bien triste nouvelle que j’apprends ce matin par votre biais, Isabelle. Cela me révolte de penser qu’un livre si beau, si bien écrit, ne verra pas le jour en poche. Je comprends mieux le pessimisme de notre éditeur commun…

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    • Oui Marie, il n’y a vraiment pas de quoi être optimiste ! C’est révoltant tout simplement. Mieux vaut avoir une masse qui s’abruti en regardant l’affligeante télé-réalité que de prendre le risque qu’elle ne lise de la littérature que l’on juge politiquement incorrecte. Voilà où nous en sommes rendus ! Triste époque que celle que nous vivons…

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  2. Ha! Tiens … J’ai le sentiment que vous confondez vitesse et précipitation 😦

    Ce qui est valable aujourd’hui pour un livre qui se vends peu, ne veut pas tripette pour ce même livre qui se vendrait a milliers d’exemplaires. Rien ne dit que le Manoir ne fera pas date dans le temps (ventes régulières et constantes) pour devenir, peu à peu, un ouvrage qui entrera dans les collections dites « de poche » (ou à bas cout).

    Ce livre est encore tout frais, c’est à peine si les premiers « retours » sont en cours de gestion. Et quelque soit les infos d’aujourd’hui pour l’auteur, rien ne dit que ces infos seront valables dans six mois.

    C’est bien triste de vous voir ainsi, vindicative sur le devenir des ouvrages récent, alors que ceux-ci entament à peine leurs vie.

    Par de là ces constats, j’ai le sentiment que vous êtes plus aisément animée par l’amertume que par l’essentielle de la littérature, c’est à dire ce qui fait qu’on l’aime et non qu’elle « souffre » selon vos critères. C’est bien dommage que vous mettiez vos talents au service de vos aigreurs.

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  3. Il ne faut pas désespérer ! Je me dis qu’avec les bonnes critiques, et le bouche à oreille, il va faire petit à petit son chemin. Et peut-être un jour Franck arrivera à convaincre un de ses partenaires. En tout cas j’espère, et la patience ne me fait pas peur… D’autant qu’il m’a dit que ce genre de livre se faisait son succès dans la durée.

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    • Non, il ne faut pas désespérer Emma 🙂 Ce qu’il y a de bien, c’est que le texte ait été édité, malgré le fait qu’il n’y avait aucune sortie poche assurée derrière. Pour le coup, Franck a pris un risque parce qu’il jugeait que le livre le méritait largement et devait exister. Je ne doute pas que « Le Manoir » puisse démontrer au fil de temps, qu’il va bien au-delà de la littérature SM et peut toucher un large public.

      C’est là tout le mal que je te souhaite, en attendant, je continuerai (et d’autres aussi) à en recommander chaudement la lecture… Parce qu’il le mérite très largement 🙂

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      • Hola todos 😉

        Ombres et Caresses et Isabelle, je crois que sur l’aspect « peur du SM » ou autres, vous vous méprenez sur deux aspects. Si je participe à ces débats, c’est pour insister sur un point qui est important : Non, il n’existe pas de censure des ouvrages SM. Oui, il existe des choix et des craintes/peurs, qui font que certains choisissent de publier/exposer -ou non- certains genres de textes, et ceci est valable pour tous genre de texte.

        Il n’y a pas de censure au sens d’une organisation structuré de lutte contre ce genre d’ouvrage. C’est important de le dire et redire.

        Après, il existe plusieurs arguments qui vous hérissent.

        Le prix du livre? Le prix du livre à très peu évolué par rapport au pouvoir d’achat. Ceci me parait être un argument qui manque de fond, les ouvrage de « seconde main » sont bien plus facile d’accès aujourd’hui que par le passé, grace aux offres « occasion » qui ont cours sur Internet. Ainsi, des ouvrages que l’ont ne trouvait pas facilement ily à 10/15 ans, le sont désormais et souvent pour la moitié du prix facial de l’ouvrage neuf. De mon point de vue, c’est à dire du point de vue « circulation et accès de la culture » c’est un progrès indéniable et qui milite en faveur d’un plus large accès à ce genre littéraire.

        Second argument, l’accessibilité du « genre » dans les crêmeries(librairies) du coin.
        Il est nécessaire de respecter les choix du libraire. Celui-ci fait un choix et c’est à lui seul de l’assumer économiquement. De très nombreux librairies n’ont aucun Manga, ou aucun Heroic Fantasy en rayon, pas plus que de rayons Cuisine Moléculaire. Ces libraires ne sont pas taxé de censeurs dans ces cas. Il va de soi que le métier de librairie suppose des choix et qu’il n’est pas « sain » pour le métier de l’édition de partir du principe que le libraire est coupable de ses choix.

        Libre à vous de commander chez votre libraire les ouvrages qui vous font envie.

        De grace, merci de ne pas hurler à la censure là ou il n’en existe pas, des cas bien plus graves et qui méritent réellement un combat au quotidien existent.
        Ne comparez pas un ongle cassé à un cancer généralisé 😉

        Avec tout mon respect 🙂

        Maxence

        PS: Emma à une juste réaction, son livre est tout jeune, c’est à peine s’il a 6 mois. Laissez lui le temps de vivre au petit 😉

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      • Le principal argument avancé par les détracteurs de la littérature SM est l’aliénation des personnages, surtout lorsque ceux-ci sont féminins. Je ne peux m’empêcher de rapprocher cela des théories de certaines féministes extrémistes qui nous ont fait de beaux discours sur la fellation qui serait un acte dégradant pour les femmes. On est ici, dans ce qu’explique Ombres et Caresses, exactement dans le même jugement de valeur. Sur un sujet différent, si l’on écrit un texte se situant dans les siècles passés, et que l’on met en scène un personnage n’ayant pas l’âge aujourd’hui requis de majorité sexuelle, on se fait taxer de faire l’apologie de la pédophilie, en méprisant copieusement les us et coutumes de l’époque en question (je parle ici des publications sur le net, heureusement, on n’en est pas encore là pour les publications livres !).

        Notre société a besoin d’épouvantails pour nourrir les peurs des gens, c’est un état de fait. Martin Gray, dans « J’écris aux hommes de demain » développe une très belle argumentation sur ce qu’il appelle « la gouvernance par la peur » qui s’est étendue dans nos pays depuis quelques décennies, et qui ne cesse de s’amplifier. Et il est bien connu que ce qui fait peur, c’est ce que l’on ne connait pas. D’où l’importance de faire tout pour que cette connaissance ne se développe pas ! CQFD non ? 🙂

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      • « CQFD non ? »

        Pour ma part, la réponse est non. Parce que vous amalgamez diverses choses qui vont, certes dans le sens de vos arguments, mais qui n’ont pas pour origine les textes BDSM. Pour ce qui est de Martin Gray, je préfère de loin ce que commet avec son groupe d’écriture son « co-auteur » (y paraît que nègre fait désormais mauvais genre) favori.

        Pour ma part, le nez dans les sexualités depuis plus de 20 ans, je n’ai pas connaissance de livre-brûlot sur le monde du BDSM. Que quelques commères au bistrot-média du coin aient à un moment donné ou un autre bavé sur le dos de femmes soumises, qui pourrait en douter ? L’eau, ça mouille et le feu cela brûle. Poncif ou lapalissade choisissez votre camp.

        Quant à l’âge des primosexualités en fonction des époques, en effet, Alcybiade enfant à l’école ne choque personne, mais pose un problème quand c’est un prof des écoles qui commet un texte «à la manière de».
        C’est un fait et ce fait est plus à voir sur le sujet sociétale que sur le principe de sexualité.
        La cougar fait jaser aujourd’hui plus qu’hier (Arold et Maude qui revient en force), et l’ont peut facilement se souvenir de l’affaire de Gabrielle Russier, pour comprendre que chaque époque apporte son lot de faits divers glauques basés sur les amours différentes. Est-ce pour cela qu’il faut amalgamer cela avec le BDSM : pour ma part je porte ma voix sur le non.

        Non le BDSM ne fait pas l’objet d’une chasse aux sorcières. Ils ne sont pas légion, ni commun, les pourfendeurs de la torture amoureuse, de la fessée quotidienne et du fouet du dimanche. Parce qu’aujourd’hui, il est question de relation SSC, Sain/Sur/Consensuel.
        D’abord parce que BDSM pour les Français c’est un fourre-tout. Qui y-a-til de commun entre le Bondage, le sadomasochisme, la Domination (érotique) et la soumission (érotique). C’est un pseudodébat. Pourquoi?

        D’un coté vous avec un cercle de «jeux érotiques de pouvoir» qui sont basé sur la consensualité/l’accord tacite des protagonistes. C’est ce qu’il est aujourd’hui courant de nommer BDSM, D/s, Bondage, voir pour certain SM.

        Si je me réfère à ce qui, ici, nous sert de liant : La littérature érotique foisonne d’ouvrages ayant pour thème ces genres de sexualités. Sauf, sauf que la grande majorité des textes de références ne sont pas des textes basés sur la consensualité/l’accord tacite. Il ne faut pas grandes lectures à un novice en la matière pour comprendre que Histoire d’Ô, Justine, Sacher Masoch et sa Vénus, que Le Lien de feu Vanessa Duriès ou bien Dolorosa Sorror et le Chateau de Cène ne reposent pas sur la consensualité.
        Ils ont tous un point commun : L’épreuve amoureuse.
        (le terme amoureux se comprend ici dans ses diverses acceptions)

        Que disait Dominique Aury (Pauline Réage) sur la manière dont elle à conçu Histoire d’Ô. Comme une lettre d’amour destiné à dire combien toutes ces souffrances ne vaudraient guère à ses yeux, face à un instant de quiétude amoureuse avec l’être qu’elle chérissait tant.
        Regardons Laïka, dans Le Lien, qui ne perçoit dans toutes ces épreuves, par le réel pouvoir d’amour qui vaut dans l’épreuve. Plus il l’éprouve, plus elle l’aime. Plus il l’assujettit, plus elle se sent vivante.
        Regardons Sacher-Masoch qui veut pouvoir aliéner sa vie sous forme de contrat pour dire combien l’épreuve n’est rien en regard à l’amour qu’il porte.
        Osons nous pencher sur les ouvrages de Marie L, qui, par la quête d’une auto-destruction via la main d’un «sadique», trouvera un peu plus la force de respirer. Plus elle est le fruit d’humiliations, plus elle survit à elle-même. Comparer les Marguarette Cartier, dans Tendres Douleurs et les Florence Dugas avec son Evangile d’Eros. Passons sans détour par la prose de Dominas comme Jeanne de Berg : Cérémonies de Femmes ou Le petit carnet perdus, qui nous montre ici comment le jusqu’au-boutisme d’un jeu éperonne l’âme. Rien dans ces ouvrages ne fait la part belle à l’accord d’être «victime». Pas plus les Marthe Blau que d’autres.
        (le but ici n’est pas de faire du Name-Dropping, mon but est d’éclairer le lecteur à la source d’oeuvres plus ou moins récentes et qui sont considérés comme des oeuvres de références ou ayant marqués leur époque).

        Cette profusion de «sources» ne me fait pas trouver une profusion de détracteurs, encore moi de zèlés militants anti-SM. Si quelques férus de féminismes primaires ont commis deux ou trois râles, qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Pour ma part, je ne suis pas en mesure d’en trouver les sources et encore moins de les citer.
        Comme quoi, c’est bien l’oeuvre qui reste et non les railleries du commerce.

        C’est pourquoi, chère Isabelle, j’ai le sentiment que vous trouvez goutteux d’être ostracisé. D’être la poupée vaudou du BDSM. Mais il faut bien le constater, aucun bûcher n’est allumé pour vous attendre, je ne trouve point trace de potence pour courroucer l’audace de vos nouvelles ou les amours claques.

        Ne percevez point ce monde comme une nouvelle terre sabbatéenne. Point d’hérétiques à l’horizon. Et c’est tant mieux

        Avec toute ma considération.

        Maxence
        PS: je précise ici que ceci est une opinion, une assertion, sur un sujet pour lequel j‘ai le désir de soutenir mes idées.

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  4. « ce qui traite de sado-masochisme ne se vend pas… Ah bon ? Cette thématique n’intéresserait donc qu’une petite poignée de lecteurs bien évidemment pratiquants inconditionnels ? » : malheureusement, moi je le crois. 😦

    J’ai fait partie, sur un site publiant de l’érotisme, de l’équipe de correction / publication. La majeure partie des textes SM ou D/s étaient refusés, même les bons, même si le jeu était clairement mené dans la confiance et l’acceptation… sous prétexte de violence. L’administrateur lui-même refusant ces pratiques, les autres membres de l’équipe étaient encore et toujours frileux face à de tels textes.
    Il en va de même dans le lectorat, sur ces sites. Un texte SM sera bien souvent descendu en règle. On criera à la manipulation de la femme, qui s’imagine être libre mais n’est qu’une pauvre victime ne réalisant pas.
    En conséquence, les auteurs tentent de faire soft, mais n’attirent toujours pas les réfractaires, pendant que les inconditionnels vont trouver l’histoire… un peu fade.

    Toutes ces attitudes ont le don de me mettre en boule, et je me bats encore contre cette frilosité… en vain.

    Donc, c’est pour cela que « Le Manoir » m’intéresse. Je suis curieuse de nature, et j’ai envie de pouvoir lire ce genre de récits, qui sort de l’ordinaire.

    Après, cette histoire de livre de poche devrait être prise à l’envers : il y a plus de chances d’attirer un nouveau lectorat, ou les hésitants, si le livre est moins cher ! Personnellement, je vais l’acheter, ce livre, et celui de Marie Godard aussi, 😉 mais il est vrai que le prix fait réfléchir les petits porte-monnaies… (c’est pour cela que je n’ai pas encore commandé, et aussi parce que je ne les ai pas trouvés en librairie) Ce qui est marrant, c’est que j’ai du coup renoncé à… deux livres sortis en poche ! 😉

    Les références dans la publicité, la mode, ne sont là que pour surprendre, marquer, voire choquer. C’est pour frapper le spectateur (au sens figuré !) mais rien n’est développé… attitude un peu hypocrite, au fond. Le « sulfureux » fait parler de lui…

    La phrase qui me surprend dans votre article est celle-là : « Qu’est-ce qu’une relation de couple sinon un rapport de forces permanent ? », car pour moi, une relation de couple ne devrait pas être un rapport de force ! Où est le couple, alors ? Non, il s’agit d’un rapport de confiance. Le rapport de force dans le SM reste ambigu, consenti, complice, même si extrême. Le maître se consacre à l’esclave, mine de rien. Elle a le pouvoir de dire stop. Et ces rapports ne doivent pas empêcher le reste du temps, le respect et l’égalité. Beaucoup de lecteurs confondent SM et cruauté gratuite.

    Au fond, la censure est partout… elle est aussi dans les libraires, qui ne commandent pas ces livres juste sortis. On ne la voit pas, mais elle est pourtant là, avec ses airs de ne pas y toucher. On en revient au « pas disponible, pas vendu ».

    Il faut se dire que l’essentiel est que ces livres de qualité se vendront sur la durée… c’est mieux, de tenir dans le temps… 🙂

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    • Bienvenue ici Ombres et Caresses. Je crois savoir de quel site d’histoires érotiques vous parlez. J’y publiais à mes débuts, y compris mes textes SM, et j’ai à l’époque fait les frais de ce que vous décrivez. Y compris pour un texte qui n’était pas SM du tout mais dont on m’avait demandé de modifier un point, sans se soucier du fait que si je l’avais fait, il aurait perdu toute vraisemblance historique. C’est pour cela que j’en étais partie, emportant tous mes textes dans mes valises.

      Vous avez également raison lorsque vous dites « le sulfureux fait parler de lui », j’en ai bien conscience. D’ailleurs au niveau littéraire, on a parlé de certains livres uniquement parce qu’ils étaient sulfureux, pas pour leurs qualités littéraires…

      Pour le « rapport de force », j’aurais du être plus précise et dire « un rapport sexuel ». Bien sûr que la confiance est la base, loin de moi l’idée de remettre cela en question. Mais il n’en reste pas moins que même avec de l’amour et de la confiance, un rapport sexuel est bel et bien un rapport de force 🙂 De même que hors sexualité, il y a toujours un des deux qui a l’ascendant sur l’autre, sans que cela ne soit péjoratif du tout (on observe d’ailleurs la même chose dans les couples de jumeaux).

      Pour les librairies, cela va même plus loin que la simple « non commande ». J’ai souvenir de la FNAC du coin où une amie était allée chercher ma première publication. S’ils l’avaient bien, le livre n’était cependant pas en rayon : il fallait le demander, et qu’un(e) vendeur(se) aille le chercher en réserve.

      Enfin, je ne peux que souscrire à votre dernière affirmation : oui, durer dans le temps est en effet ce qu’il y a de mieux 🙂 A ce sujet, j’aimerais bien savoir ce qu’il restera des « oeuvres » des Musso ou autre Levy d’ici une centaine d’années 🙂

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  5. Ah, tiens, je n’aurais pas pensé que certains livres resteraient carrément en réserve, bien cachés… Je demanderai donc dans la libraire où je vais régulièrement, si ça se trouve, des nouveautés restent à l’ombre des pauvres regards innocents que nous sommes ! 😉

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  6. Je reviens ici et lis les messages dans le désordre… (j’ai un peu de mal avec la chronologie, du coup ! Je suis blonde.) 😉

    Isabelle et moi avons été confrontées aux mêmes personnes, aux même refus, aux mêmes rejets venant de sites qui publient (le SM, l’âge peu importe l’époque à laquelle se déroule le texte, etc)… aux mêmes lecteurs qui s’offusquent vite (par peur d’être mal vus ?).
    Alors, je crois qu’on peut parler de censure, même si elle n’est pas « officielle ».

    L’histoire de la fellation qui est humiliante pour la femme est un exemple de plus…

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  7. Ombres et Caresses,

    Je crois que vous confondez, votre droit à l’expression là ou vous le souhaitez et la censure. La censure revêt un caractère officiel et juridique, voir judiciaire. Le fait de ne pas être admis sur un site Web, dans un forum n’est pas de la censure, cela porte un nom, c’est de la « modération » au sens de la gestion d’une communauté.

    Celui qui propose un site Web, un forum, un groupe de discussion à parfaitement le droit de choisir qui, quand et comment l’ont peut discuter dans les espaces qu’il gère. D’une manière générale, cela porte le nom de « choix éditoriaux ».

    Imaginons que Isabelle Lorédan en est sa claque de me voir contribuer sur son blog, cela ne serait pas de la censure, cela serait de la modération, car elle, et elle seule est en droit et en mesure de bannir, supprimer, black-lister des personnes, c’est l’arbitraire qui est lié à ses choix, cela n’a rien à voir avec de la censure.

    Il est important de laisser un peu de sens aux mots 😉

    Cordialement,

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