9 semaines 1/2 – Elizabeth Mc Neill


Quatrième de couverture

Je n’étais pas préparée à cela. Quelques années auparavant, j’avais lu Histoire d’O, d’abord intriguée, puis très vite horrifiée et dégoûtée. Dans la vie réelle, les sadomasochistes étaient des individus sinistres, à la fois ridicules et minables avec leurs bizarres accoutrements. Si une amie m’avait dit qu’elle était attachée à une table par son amant, je ne l’aurait pas crue.

Et pourtant c’est moi qui suis là, attachée, nue, zébrée de coups, réduite à une seule obsession, une seule frénésie : celle du désir qui s’accroît sans cesse en moi. Et je jouis de ces nuits tangibles et dures, tranchantes comme des rasoirs, lumineuses et clairement dessinées : plaisir, souffrance, désir, volupté débordante, envahissante…

Mon avis

J’avais ce livre depuis longtemps sur mes rayonnages, mais ne l’avais pas encore lu. J’ai réparé cet oubli hier. Pour ceux qui ne connaissent que le film (c’était mon cas), on découvre ici une version beaucoup moins édulcorée… Le film ne rend pas vraiment compte de la spirale infernale dans laquelle s’enferme ce couple, à peine l’effleure-t-il !

Si le livre présente un intérêt de par la descente aux enfers qu’il détaille (peut-être pas avec assez de détails d’ailleurs), je ne l’ai pas trouvé transcendant d’un point de vue littéraire. Je l’ai même trouvé carrément lourd sur certains points. Exemples :

  • Page 61 « Je pouffais de rire » (parce qu’on peut pouffer d’autre chose ?)
  • Page 115 « Si je n’avais plus le contrôle de rien, j’avais en revanche la permission de perdre tout contrôle. »

Ici, s’il y a de la jouissance dans la douleur, les scènes sado-masochistes relèvent plus du passage à tabac en règle que du jeu SM à proprement parler. Ce n’est pas vraiment un problème en soi, mais on a du mal à saisir les ressorts du plaisir de l’héroïne, qui subit plus qu’elle n’est actrice. A aucun moment, elle n’explique le comment cette douleur se transforme en plaisir, ce qui rend ces scènes relativement glaçantes. Le but était peut-être là d’ailleurs, je ne sais pas. Il n’en reste pas moins que cela laisse le lecteur sur sa faim.

Reste la psychologie des personnages qui est ma foi, pas trop mal vue. Encore que, l’on aurait aimé mieux comprendre ce qui prédisposait l’héroïne à vivre de telles choses, comment et pourquoi son amant sombre à un tel point dans la destruction de l’autre. Or, la seule explication que l’on a c’est « parce que cela me(te) fais jouir »… C’est un peu court; et aurait mérité d’être décortiqué.

On peut déplorer qu’une fois de plus, ce soit une histoire évoquant le sado-masochisme d’un point de vue destructeur. Pas très original.

Je suis ressortie de cette lecture avec une impression de gâchis. Si le sujet avait été plus creusé (alors qu’il n’est que survolé), cela aurait pu être un très bon livre. Mais ce n’est malheureusement pas le cas, du moins pour moi.

Je n’ai pas trouvé l’illustration de couverture sur le net, aussi je vous mets l’affiche du film. Mon volume est une édition « J’ai lu » de 1988.

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