Mineure – Yann Queffélec


Quatrième de couverture

Qu’est-ce que le désir aux abords de l’âge mûr, lorsqu’on est courtisé par une jeune fille ? Sibylle a treize ans, Michel cinquante-cinq. Yann Queffélec analyse avec une minutie clinique les sentiments ambigus qui tourmentent son héros, homme marié, heureux, socialement établi, face à la passion brutale d’une adolescente aussi jeune que ses propres enfants, des jumelles. Non, il ne cédera pas… Mais sûre d’arriver à ses fins, Sibylle déploie toutes les ruses de la séduction féminine, poussant l’homme dans ses derniers retranchements… Du grand Queffélec.

Mon avis

Voilà, tout est annoncé dans le titre : il s’agit bien ici d’une histoire d’amour, de désir entre un homme mûr et une très jeune fille. Mineure certes, mais à peine âgée de treize ans. Ce n’est pas sans rappeler le superbe « Lolita » de Nabokov ou le dramatique « Beau-père » de Bertrand Blier. La seule différence ici, c’est que ce roman n’a pas des décennies d’existence, puisqu’il est sorti en 2004. Il fallait avoir du courage pour oser l’affronter, Queffélec l’a eu.

Ce récit, écrit à la première personne, ne tombe à aucun moment dans le sordide ou le glauque. On suit le chemin intérieur du narrateur, qui se débat entre son couple qui bat de l’aile, et les provocations de Sybille (le choix du prénom n’a sans doute rien d’innocent, lorsque l’on sait que dans l’Antiquité, il désignait une femme inspirée par les dieux pour prédire l’avenir !) , entre le désir qu’elle éveille en lui et ce qui est moralement acceptable dans notre société. Il se torture, se livre à une introspection sans concession.

Il pose clairement le problème de ces toutes jeunes filles aux corps de femmes, avides de leur pouvoir de séduction, sans forcément avoir conscience des enjeux qui vont se poser, pour elles, pour les hommes qu’elles auront choisis.

Tout ici est en retenue, en finesse. Peut-être trop finalement, puisque Yann Queffélec me livrait, lorsque j’ai acheté son livre à Besançon dernièrement, que si il avait à l’écrire aujourd’hui, il irait beaucoup plus loin qu’il ne l’a fait… Un sentiment de ne pas avoir été assez transgressif l’animerait-il ? Possible, car après tout, la transgression n’est-elle pas l’apanage de la littérature érotique ? En tout cas, je n’ai ressenti aucun manque à cette lecture, si ce n’est une fin qui est en fait le réel début de quelque chose.

Un très beau roman que j’ai été ravie de découvrir en tout cas.

 

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