Un baiser sous X


Quatrième de couverture

Fille et garçon, je suis né. Mon anomalie s’était vue confirmée à l’échographie. dévoilant la présence d’un testicule et d’un ovaire. Garçon et fille, je demeurais. Comme n’importe quel enfant je croyais que nous avions tous le même sexe, et qu’il ne jouerait aucun rôle prédominant dans ma vie. Je me trompais. Eric Paradisi fait apparaître un hermaphrodite dans sa chair et son âme, partagé entre ses deux identités, égaré dans une modernité qui le prive de son mythe, tourmenté à l’idée même de l’amour. Eric Paradisi signe ici son troisième roman.

Mon avis

J’avoue être tombée totalement sous le charme de ce magnifique roman, bien qu’au premier abord, je ne me soit pas sentie concernée par les aventures d’un être hermaphrodite. Après réflexion, et sans aller jusqu’à l’hermaphrodisme, il est vrai que chaque être humain possède une part masculine et une part féminine, sans en avoir forcément conscience.

Nous sommes loin, dans ce récit, du voyeurisme ou de la sphère du bizarre. L’histoire de cet/te enfant, né/e sous X d’une mère bien trop jeune, bien trop tourmentée pour l’assumer ne peut laisser personne indifférent. On retrouve une narration à la première personne, marque de fabrique de l’auteur, Éric Paradisi. Ce qui est plus étonnant, c’est cette alternance entre les passages écrits au féminin, et ceux écrits au masculin. Étonnant oui, mais absolument pas illogique, puisque cela suit l’état d’esprit de Camille, la façon dont il/elle se perçoit, se ressent.
Adopté/e très jeune, Camille sera choyé/e par une mère et une sœur qui n’auront de cesse de lui faire mener une vie la plus normale possible, dans le respect total de ce qu’il/elle veut. Couvert/e de baisers dès le plus jeune âge, il/elle développe ainsi une forme de sexualité atypique, liée intégralement à la bouche, seul moyen qu’il/elle trouve pour ne pas avoir à affronter le regard et le jugement de l’autre dans une relation intime. Au fil des années, que Camille soit garçon (pour l’amour d’une petite fille embrassée sur une plage à l’âge de 6 ans) ou fille, mannequin égérie d’un grand couturier, ce baiser constituera la seule forme de sexualité qu’il/elle s’autorisera. Mais que ne nous fait-il/elle pas découvrir au travers de lui… Des brassées de tendresse, de volupté, de gourmandise aussi au travers de multiples saveurs.
Et puis il y a cette quête incessante de la mère, la vraie, la génitrice. Camille n’a de cesse de comprendre. Pourquoi n’a-t-elle pas voulu de lui/elle ? Quelles souffrances a-t-elle connues pour en arriver à cela ? Comment la retrouver, si longtemps après ?

Ce livre fait indéniablement partie de ceux dont la lecture m’a profondément bouleversée, je le dis sans honte aucune. Un de ceux qui, une fois la dernière page tournée, font naître instantanément le sentiment que l’on est plus riche que lorsqu’on en a commencé la lecture, mais aussi la tristesse qu’il soit terminé.

Il fallait une très grande sensibilité pour aborder ce sujet de façon aussi magistrale, à n’en pas douter, Éric Paradisi la possède.

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4 réflexions sur “Un baiser sous X

    • Heu… étant donné que le sieur des Cars est décédé depuis bientôt 20 ans, oui, je suppose que le livre date d’avant 🙂 Mais n’étant absolument pas fan de ses écrits, je ne peux pas certifier qu’il ait traité du sujet.

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  1. Pingback: Un baiser sous X de Eric Paradisi | littérature érotique et de l'intime

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