Le journal d’un Maître – Patrick Le Sage


Quatrième de couverture

Ce livre, paru en 2005 aux éditions Flammarion, a quitté le catalogue de cette honorable maison. Sa faute ? Ne plus être [mais l’a-t-il jamais été ?) en harmonie avec l’esprit de la célèbre maison d’édition. Il n’empêche que, rapidement épuisé, cet ouvrage honni, inséré par «erreur» au catalogue par Emmanuel Pierrat, dont l’introduction est de Pierre Bourgeade, fut incontestablement un succès. Preuve en est des multiples articles parus dans Libération, Paris-Match, Entrevue, Max, Men’s Health, Union pour ne citer que les plus connus, et même un passage télé à La Méthode de Cauet. Cerise sur le gâteau : les droits italiens ont été cédés à Mondadori et la version club au Livre du Mois [épuisé à ce jour). En bref, c’est un «classique» qui après un court séjour dans notre collection Vertiges en format poche, est réédité en grand format pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Célèbre maître dominateur parisien, Patrick Le Sage vous invite dans son monde en se prêtant au jeu de la confession. Artiste du sexe qui vit de son plaisir, il raconte tout : les soumises, leurs maris et amants, les grands patrons, les notables, les gens de tous bords et de tous les milieux qui visitent son donjon. Il évoque les moments les plus forts de trente années de pratique.
Un témoignage aussi fort qu’Histoire d’O, sauf qu’ici le récit est authentique.

Mon avis

Je viens de terminer ma lecture. Qu’en dire ? Pour être honnête, j’avais déjà passablement entendu parler de ce livre au moment de sa sortie initiale chez Flammarion, et les extraits que j’avais pu lire à ce moment-là m’avaient quelque peu irritée.

Maître Patriiiiick, dont le profil n’est pas sans évoquer un certain charme « raffarinien » (merci Google image), a donc une particularité : il ne domine que des « SDA » (comprendre « Soumises Des Autres »). Eh oui, sa réputation est telle que les très belles  bourgeoises (deux qualités impératives) accourent, amenées qui par son mari, qui par son amant, à l’antre parisien de l’auteur. Antre dont celui-ci nous parle avec une emphase quasi caricaturale… « mon Donjon », « ma Cave », « ma Chapelle »… (avec un peu la même vénération que Harpagon disant « Ma Cassette » !) Pour lui, tous ces noms communs ne méritent leur majuscule que parce qu’ils sont siens, c’est tout dire de la modestie du monsieur. Si j’osais, j’affirmerais même que chacun de ces mots est dans l’esprit de l’auteur, le prolongement naturel de sa virilité ! Il a donc forcément le plus beau, le plus grand, le mieux équipé…

Si la bonne première moitié du volume est une ode à la gloire du talent et des mérites de l’auteur, la seconde est une énumération des pratiques du « Maître ». On y apprend qu’il ne décide jamais rien d’avance, mais se laisse porter par l’inspiration du moment… Ainsi inflige-t-il un piercing à sa soumise, sans qu’elle n’en soit avertie au préalable. Qui a dit que la consensualité était un des piliers du BDSM ? Certainement pas Patrick Lesage !

Son obsession du statut social des femmes qu’il domine ne peut qu’interroger. Pourquoi mettre en avant la profession (gynécologue, pharmacienne), le statut social ou titre nobiliaire d’une soumise, si ce n’est pour s’en faire une gloire ? Monsieur Le Sage aurait-il donc des failles narcissiques à combler par ce biais ?

Je reste dubitative devant le descriptif des pratiques de ce monsieur. Car soyons honnêtes, s’il a un donjon « à faire pâlir tous les marquis de Sade » ou « à faire rougir les putains de la rade » (Sardou me pardonnera cet emprunt un peu cavalier), il n’en reste pas moins que l’essentiel de sa domination réside dans le fait de livrer ses soumises en partouze à ceux qu’il appelle, avec une classe qui n’appartient qu’à lui, « ses godes à pattes ». Eh oui, il faut bien dire que le Maître ne va pas s’abaisser à baiser ses soumises voyons… Si quelqu’un peut m’expliquer ce qu’il y a de BDSM à livrer une femme à 20 ou 30 types, qu’il ne se gêne surtout pas, ma messagerie est ouverte. C’est du gang-bang pur et dur, pas du BDSM !

Et pour paraphraser Brassens, de conclurai sur ceci :

« Si seulement il savait écrire, je dirais tout n’est pas perdu

Il est fat, c’est entendu, Mais que de beautés stylistiques… »

Mais force est de reconnaître que tel n’est pas le cas ! L’écriture est pauvre et suffisante. Si le quatrième de couverture évoque Histoire d’O, « Le journal d’un Maître » n’a aucune des qualités qui font les grands classiques littéraires. Tout au plus un phénomène de mode qui fanera, comme fanent les roses…

Le journal d'un maître

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3 réflexions sur “Le journal d’un Maître – Patrick Le Sage

  1. Voici fort longtemps que je ne me suis aventuré à lire quoique ce soit d’érotique. A part quelques blogs que je parcours de temps en temps je n’ai plus le goût pour ce type de littérature, pour le moment et je dois bien dire que vu le commentaire que tu fais de celui-ci je suis sur de ne jamais le trouver dans ma bibliothèque.
    Et je suis encore plus sur de m’y prendre à deux voir trois fois avant de te soumettre un de mes textes (enfin si un jour j’en écris un digne d’intérêt).

    Bonnes fêtes à toi.

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    • Hello Bombadilom, ravie de te revoir par ici ! Mais c’est que tu me ferais passer pour un bourreau d’auteur 🙂 En règle générale, j’essaie toujours, quand je n’aime pas un livrer, de trouver quelque chose de positif à dire, mais pour celui-ci… Même en cherchant bien, je n’ai rien trouver. Et puis, quand on sait ce qui avait été écrit à son sujet en 2005 lors de la première édition, je suis plutôt modérée. Ceci dit, je serais ravie d’avoir à lire un de tes textes, j’ai toujours apprécié ta plume 😉

      Bonnes fêtes de fin d’année à toi aussi.

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  2. Personnellement attirée et intéressée par le sujet, je suis actuellement en train de lire ce livre, c’est la première fois que je trouve un livre venant d’un dominateur, jusqu’ici tout ceux que j’ai lu étaient écrit par la personne se trouvant « de l’autre coté du de la cravache »… il est vrai que sa personnalité m’a l’air assez narcissique, élitiste, (je je je, moi moi moi)…le fait de jeter en pâture ces dames à Ses « godes à pattes », en mon sens, ne peuvent traduire qu’un éventuel problème d’impuissance. Bref, ce gars doit, au fond, être bien seul.

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