culte – Ian Soliane


Quatrième de couverture

« Pendant des années, mes parents m’ont envoyée en colonie de vacances, dans les Vosges, au camp de Saint-Antoine. À l’heure de la sieste tout le monde dormait et moi je triais mes images pieuses, je n’arrivais pas à dormir, j’étais une enfant très agitée, angoissée. Ce midi, je tombe au fond d’un trou. Je dors à peu près cinq heures. Je fais mes rêves avec Chris. Je tire mes images de Chris. Je suis assise sur le lit et Chris est en train d’effleurer ma bouche, il passe un doigt le long de mes lèvres, il me regarde, c’est un moment très doux, et lorsque j’émerge, pas de trace de Chris, juste un long pénis noir qui me frôle le visage. » 

Un stage dans une grande maison de brique rouge au sud de Paris. Les maîtres sont Kyoshi, Maître Canne, Maître noir, Nounou, la Maîtresse rousse. Neuf stagiaires, dont la narratrice : Clémentine, surnommée Menti, 45 ans, mère de trois filles. La question que tous ces personnages soulèvent est peut-être la seule qui vaille : jusqu’où peut-on aller par amour ?
Ian Soliane est l’auteur, entre autres, de La Bouée (Gallimard, 2012), Le Crayon de papa (Léo Scheer, 2004), La Saigne (La Musardine, 2000). Avec Culte, il poursuit l’exploration de son univers totalement débridé et atypique.

Mon avis

Je ne connaissais pas cet auteur avant de lire ce court roman. La couverture est sobre, austère même, avec uniquement des formes géométriques rouges sur fond noir. Deux couleurs qui sont tellement emblématiques du sado-masochisme que c’en est presque cliché.

On a une narration froide et analytique de ce stage de dressage (que je déteste ce mot !) qui prend un peu la forme d’un journal. Sept jours, sept chapitres dans lesquels l’héroïne et narratrice expose les faits sans aucun sentiment, comme si elle était elle-même spectatrice de ce qu’elle vit.

Ce roman est dans la veine de la littérature sado-masochiste sombre et tourmentée, mais ce qui le rend particulièrement dérangeant, c’est justement son insensibilité plus que les faits qui y sont décrits. J’ai pu lire par le passé des choses extrêmement noires (je pense par exemple à L’évangile d’Eros ou Post-Scriptum de Florence Dugas) sans pour autant être aussi mal à l’aise, parce que finalement il y avait quelque chose de vivant dans l’horreur même de la narration. Là ce n’est pas le cas.  La quatrième de couverture annonce « jusqu’où peut-on aller par amour ? » mais après lecture, je me demande où est l’amour dans tout cela… Je ne l’ai pas vu.

Pour le reste, on est dans la plus pure tradition littéraire sado-masochiste : une grande maison bourgeoise, un enfermement volontaire, un parcours initiatique à respecter pour devenir une vraie bonne soumise (remarquez que c’est toujours dans ce sens que l’on présente les choses, jamais il n’est question d’un stage pour devenir un vrai bon maître !) Dommage parce que je pense que sur ce thème, il serait temps de s’autoriser l’originalité, d’exploser un peu les donjons littéraires poussiéreux pour y faire entrer un rayon de soleil, ou à défaut, d’originalité.

Éditions la Musardine – 13.50 €

 

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