Education sexuelle, rôle de l’école ou non ?


Dessin de Lacombe

Ce qui a motivé ce billet, c’est la question posée hier par FranceBleu Belfort-Montbéliard sur sa page Facebook quant à l’éducation sexuelle à l’école, et surtout les réactions majoritaires des auditeurs pour qui cela doit rester l’apanage des parents. Fort heureusement, ceci a été contrebalancé par les intervenants de l’émission de ce matin (11 mars 2014), qui finalement sont beaucoup moins dans l’opposition et plus dans l’ouverture… L’émission est en lien en fin d’article.

Tout a débuté avec la manipulation des gens de la Manif pour tous sur la théorie du genre. On a vu resurgir la mise en cause de l’éducation sexuelle dans les écoles. Couramment admise depuis la fin des années soixante, il faut cependant dire que les cours d’éducation sexuelle dans notre beau pays se cantonnent pourtant à de l’anatomie génitale et à l’explication de la fonction reproductrice. On y apprend comment se protéger d’une grossesse ou des IST, et c’est à peu près tout. Cela ne concerne que les grandes classes de collège (4ème et 3ème) et les lycéens. Rien de très subversif là-dedans, ce qui nous met à la traîne de ce qui se fait dans bien d’autres pays dont la Suisse. Or, dans un rapport récent, l’OMS préconise une information large sur la contraception dès 12 ans, comme expliqué dans l’article ICI. Ces cours sont doublés par un temps d’information ouvert (les élèves posent leurs questions librement) animé souvent par l’infirmière scolaire. Là, on sort du cours théorique pour aller vers quelque chose de plus libre, mais en terme de créneau, je crois pouvoir dire que ça représente une ou deux heures pour une classe de 3ème… 2 heures au mieux sur une année entière, c’est bien peu.

Et pourtant… Dès le plus jeune âge, les enfants se posent des questions sur la sexualité : le traditionnel « comment on fait les bébés » mais aussi des interrogations sur les différences physionomiques entre fille et garçon, le baiser… On met en garde les enfants contre les pédophiles, et bien souvent cela s’arrête-là.  Les petites filles grandissent dans l’attente du prince charmant (sans qu’on leur explique qu’il peut parfois cacher un infâme crapaud) et en sachant que l’histoire finit toujours par « ils se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d’enfants (!), les garçons se forgent à les conquérir. Pour le reste, éventuellement les parents les plus ouverts leur offriront le best-seller de Zep « Le guide du zizi sexuel », ou un autre manuel de sexo pour les plus grands. Parmi eux, un petit nombre répondra sans trop de problème à leurs questions, les autres les enverront consulter leurs livres, trop gênés pour répondre eux-mêmes.

Or l’éducation sexuelle ne se cantonne pas à des connaissances anatomiques souvent incomplètes -si les ados des deux sexes savent représenter un appareil génital masculin, le sexe féminin se limite à une cavité, un utérus et des ovaires, exit les grandes et petites lèvres et surtout, le clitoris.  Exit donc, de facto, la notion de plaisir… La sexualité est présentée comme essentiellement reproductrice, presque cinquante ans après la légalisation de la contraception… Un sexe féminin est donc fait pour être rempli, éventuellement pour donner la vie. Point barre. Mouais… C’est quand même très limité cette affaire ! Pourquoi s’étonner que certains hommes voient dans leur sexe une arme de combat qui leur permet d’aller à l’abordage.

Quand ces enfants deviennent adultes,  ils pourront lire « Les femmes viennent de Vénus et les hommes de Mars ». C’est tellement plus simple de se dire que l’on est tellement différents et que l’on n’y peut rien que de s’interroger sur comment s’épanouir ensemble.

Bien sûr, la sexualité devrait être un sujet non tabou dans les familles, du moins dans tout ce qui touche aux généralités (la vie sexuelle de nos enfants ne nous regarde pas, pas plus que la nôtre ne les regarde). Mais nous savons tous que c’est loin d’être le cas. Certains, par leur éducation, par leur religion, ne peuvent concevoir cela. Mais leurs enfants ont le droit à l’information, comme les autres.  Alors, que l’on me dise comment une information de qualité peut-être diffusée largement, de façon non orientée moralement ou religieusement, si ce n’est à l’école ?

Enfin, voici un lien vers un site conçu pour les ados. C’est très bien fait, pas vulgaire pour deux sous. C’est ICI

Pour terminer, je vous invite à écouter l’émission « C’est vous qui le dites » diffusée ce mardi 11 mars par France Bleu Belfort-Montbéliard (cliquez l’image ci-dessous)

c'est vous qui le dites

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