Numérique… ta mère !


La semaine dernière, je suis allée faire une visite au salon d’Epinal, Les Imaginales. Je ne connaissais que de nom, mais me suis régalée. Au hasard des stands, j’ai découvert celui de la société des auteurs d’Alsace, Lorraine et du Territoire de Belfort. J’ai discuté longuement avec les membres présents, et suis repartie avec un bulletin d’adhésion. J’ai bien expliqué qu’à ce jour, mes seules publications en mon nom seul étaient numériques.

J’ai donc retourné mon bulletin rempli, accompagné d’un tirage papier des Noces de la Saint-Jean (puisqu’il faut fournir un exemplaire de livre).

Ce soir, j’ai eu un coup de fil d’une responsable de l’association qui souhaitait avoir des précisions. Il se trouve que ne sont retenus comme recevables pour une admission que les livres classiques, imprimés, et elle voulait savoir si je pouvais en fournir un… Evidemment, j’ai argumenté que quel que soit le support, un livre était un livre, et que mes seuls livres papiers étaient des ouvrages collectifs, en précisant qu’ils étaient tout de même cinq. J’ai également précisé que si  j’avais voulu absolument avoir des livres papier, j’aurais pu me faire éditer à compte d’auteur et que j’en aurais actuellement plein mon grenier…  Bref, elle a tout de même pris le titre d’un collectif et le nom de l’éditeur, et va représenter mon dossier le mois prochain en réunion, mais elle m’a dit qu’il « fallait laisser le temps au temps » pour que le livre numérique soit enfin reconnu. Ben tiens… J’espère quand même que ce sera avant que je n’atteigne un âge canonique, parce que ça fait quelques années que l’on me sert ce couplet…

Je commence a en avoir vraiment ras la casquette. Chaque fois que je parle livre numérique, on me rétorque de revenir quand j’aurai « un vrai livre »… Je l’ai entendu de la part du Centre Régional du Livre de Franche-Comté et d’autres organismes également, et cela sans qu’on ne prenne même le temps de lire ce que je peux écrire. Si j’avais payé pour faire éditer une bouse infâme sur papier, tous ces gens m’ouvriraient les bras largement ! Mais c’est quoi ce fonctionnement ? Surtout qu’au jour d’aujourd’hui, quasiment toutes les maisons d’édition proposent une version numérique des livres de leurs catalogues…

Il serait mesquin de ma part d’affirmer que je ne rêve pas d’une édition papier. Je travaille même d’arrache-pied actuellement sur divers manuscrits, un projet est également en attente de réponse d’éditeur. En attendant, c’est le numérique qui m’a permis de m’améliorer en écriture depuis trois ans, grâce aux conseils et au professionnalisme de mes deux directrices de collection. Ceux qui dédaignent le numérique savent-ils que le travail d’écriture et éditorial est aussi exigeant, ou imaginent-ils qu’il s’agit de vulgaires PDF sur lesquels on colle un ISBN avant de le mettre en vente sur Amazon ? Honnêtement, je me pose la question.  En tout cas, je suis irritée de voir à quel point il est difficile de faire changer les mentalités dans notre pays.

 

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