Parenthèses à la violence privée de financements


Il y a quelques années, dans le cadre de la préparation d’un dossier consacré aux violences conjugales, j’avais été amenée à rencontrer les représentants des diverses associations belfortaines. J’avais alors découvert l’existence de Parenthèses à la violence. Cette association, dirigée par un psychologue, Pascal Cuenot, se consacrait à la prise en charge des auteurs de violence (hommes ou femmes).

Ce volet de la prise en charge des violences est très peu mis en avant en France. Peu d’associations, une médiatisation quasi inexistante, mais un travail sur le terrain qui a une utilité cruciale. S’attaquer aux violences conjugales en ne s’intéressant qu’aux victimes, c’est un peu comme si, lors d’une maladie, on traitait les symptômes sans s’attaquer à la racine du mal. À l’époque, Pascal Cuenot m’avait expliqué alors l’importance du travail que son association fournissait, des résultats concrets de cette action, mais aussi de sa fragilité car beaucoup de personnes ne comprennent pas que l’on « gaspille » de l’argent pour des personnes qui n’en sont pas dignes… Ce discours, je l’ai entendu souvent par le passé sur divers forums consacrés à la problématique des violences conjugales, principalement venant de la part de victimes ou d’ex-victimes. Je me souviens aussi avoir rencontré à la même époque une intervenante auprès des personnes violentes en Haute-Saône, qui m’avait part de sa crainte que l’action embryonnaire démarrée dans ce département ne soit remise en question, trop de personnes pensant que l’argent consacré à cela était jeté par les fenêtres.

Ce matin, alors que j’étais à l’écoute de ma station locale de FranceBleu (Belfort-Montbéliard), j’ai appris avec stupeur que l’association Parenthèses à la violence avait cessé son activité. À l’heure des restrictions budgétaires, celle-ci a vu ses financements publics supprimés sans que cela ne fasse parler plus que ça. Je suis tout simplement écœurée, car si il est vrai que quelques unes de ces personnes violentes ne changeront jamais, d’autres peuvent évoluer favorablement avec un bon encadrement et un travail sur soi rigoureux. La suppression des financements fait donc qu’aujourd’hui, elles n’auront plus la chance d’avoir cette opportunité… et continueront, avec leur compagne(on) actuel(le) ou futur(e) à se comporter de façon violente. Peut-être jusqu’à la fois de trop ! Cela ne semble pas poser de cas de conscience particulier à ceux qui ont décidé de supprimer les financements… C’est clairement lamentable.

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