[Portrait] Louis Pergaud


Maison Pergaud BelmontIl est sans doute l’auteur comtois le plus célèbre après Victor Hugo. Louis Pergaud est vraiment un auteur du cru, puisque ses racines étaient bien plantées dans le haut-Doubs qui lui était si cher. Né à Belmont en 1882, il perdit ses parents à 18 ans, son père et sa mère étant décédés à un mois d’intervalle. Comme son père avant lui, il devient instituteur, mais de l’école républicaine laïque. Il exerça dans ce département qu’il aimait tant, mais où ses idées politiques et surtout son anticléricalisme lui attirèrent bien des inimitiés. C’est à Landresse où il est est nommé -avec son épouse Marthe en 1905- qu’il rencontra celle qui allait devenir sa seconde femme, Delphine.

C’est avec l’aide de son ami, comtois comme lui, Léon Deubel qu’il fait paraître son premier recueil de poésies, en 1904. Puis il quitte la Comté et sa femme pour « monter » à Paris où il se consacre à l’écriture, en marge d’activités de clerc ou d’instituteur. Delphine le suit et ne le quittera plus. Son pays sera sa source d’inspiration principale. Il n’aura de cesse de raconter ses forêts, ses champs, ses bêtes qu’il aimait tant et qu’il savait si bien décrire. Après son divorce, Louis Pergaud épousera Delphine, en 1910.

Cette même année 1910, Mercure de France publie son recueil de nouvelles De Goupil à Margot, qui obtient le Prix Goncourt, et fera de lui un maître dans le registre de la littérature animalière. L’année suivante, c’est un second recueil du même type qui paraîtra La Revanche du corbeau, puis Le Roman de Miraut, chien de chasse en 1913.

deces_pergaudSon roman le plus connu -grâce notamment à la géniale adaptation cinématographique de Yves Robert- est sans aucun doute La Guerre des boutons, paru en 1912. Derrière l’humour et l’innocence enfantine, on y trouve un état des lieux de la vie sociopolitique de son époque. Ce roman a connu environ une trentaine de réédition successive, et avec la tombée dans le domaine public de l’oeuvre de Pergaud en 2010, a fait l’objet de deux nouvelles adaptations pour le cinéma, dont aucune cependant n’égale celle du film initial.

Après la mort de son ami Léon Deubel, il se battra pour faire éditer ses poèmes. Ils sortiront en recueil portant le titre de Règner, au Mercure de France, en 1913.

De Pergaud, on pourra également lire ses Carnets de guerre, paru en 2011. Ceux-ci débutent le 3 août 1914 et prennent fin le 6 avril 1915, deux jours avant sa disparition. Il faudra attendre le 4 août 1921 avant que l’écrivain comtois soit déclaré mort pour la France. Blessé, il aurait été évacué avec ses camarades à Fresnes-en-Woëvre par les soldats allemands, et aurait été victime d’un tir de barrage de l’armée française. Son corps n’a jamais été retrouvé. Reste son oeuvre, devenue aujourd’hui incontournable et toujours aussi populaire.

Vous pouvez lire Histoire d’un amour, le roman de Pergaud, de Dominique Gros, qui relate l’histoire du romancier et de son épouse, Delphine. C’est un très joli petit livre que j’ai chroniqué ICI.

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