Sauvons les Mots Doubs (suite)


Hier soir, j’ai reçu un message m’informant que les membres de l’ACAI (Association Comtoise des Auteurs Indépendants) se mettaient en marge de l’action collective menée pour infléchir la décision du Conseil Départemental du Doubs de supprimer le festival du livre Les Mots Doubs, au prétexte que, depuis l’an dernier et sur décision du Centre Régional du Livre, partenaire du festival, les auteurs indépendants auto-édités n’y étaient plus invités. Contact a été pris par ces indépendants avec le Conseil Départemental, afin de voir comment une nouvelle manifestation pouvait leur permettre d’être représentés.

Je n’ai rien contre les auteurs indépendants, je le dis tout de suite. Mais je vois mal comment une scission peut permettre de faire évoluer les choses. Voici donc la réponse que j’ai adressée au message reçu.

Le « Chacun pour soi » n’a jamais apporté de progrès, et ce à quel que niveau que ce soit. C’est toujours par l’union que les choses ont avancées, non par la division.

Pensez-vous vraiment que lorsque l’on sacrifie un événement mobilisant plus de 30 000 visiteurs sur 3 jours, on se soucie de quelques petits auteurs régionaux ? De plus, il y a un paramètre que l’ACAI semble ne pas connaître, ce sont les résultats des négociations nationales qui ont été menées par les associations nationales de défense des auteurs, à savoir la rémunération des auteurs en salon. Dorénavant, pour pouvoir bénéficier du soutien financier du CNL les organisateurs de salons devront rémunérer les auteurs qui y participeront. Ce sera donc un coût supplémentaire et les organisateurs voudront un retour sur investissement. Ils privilégieront alors les auteurs bancables…

Les nouveaux dirigeants du département du Doubs, comme leurs homologues LR partout ailleurs, sont en quête de ce qui ne coûte rien et seraient prêts à vendre leur âme au diable pour décrocher des subventions, même si c’est pour des choses inutiles. Aussi, si un nouveau salon voit le jour, ils souscriront à cette condition de rémunération pour les obtenir, et même plutôt deux fois qu’une ! Quitte à faire payer l’entrée dudit salon au public.

Enfin, je ne comprends pas ce clivage entre auteurs, surtout quand on sait qu’aujourd’hui, dans notre pays, moins de 90 personnes vivent de leur écriture. Et cela dépasse le simple niveau du littéraire, ça touche tous les professionnels de l’écrit, presse comprise. Pourquoi ? Parce que les gens sont isolés et ont du mal à se fédérer pour mener un combat juste. Alors accroître encore ses divisions en vue de très hypothétiques et improbables retombées, franchement, je pense que c’est totalement contre-productif.

Si quelque chose doit sortir de cette crise, il faut que ce soit au bénéfice de tous. C’est pourquoi je déplore cette scission.

Je rajouterai que lorsque j’ai eu mes premières publications, j’ai observé des réactions diverses des auteurs avec qui j’ai pu échanger sur le salon des Mots Doubs -entre autre. Beaucoup m’ont regardée avec condescendance, voir pitié, lorsque je disais dans quel champ mon écriture s’exprimait. Cela ne s’arrangeait pas lorsque je rajoutais que mes livres étaient essentiellement numériques. Ce comportement, étrangement, je l’ai observé essentiellement chez ces auteurs auto-édités, qui n’hésitaient pas à me faire remarquer que eux, avaient des livres sérieux et en papier. Ce sectarisme, je l’ai également retrouvé lorsque j’avais contacté le CRL de Franche-Comté, qui m’avait aimablement dit de le recontacter lorsque j’aurais de « vrais livres ». Mais étrangement, j’ai suscité l’intérêt et la bienveillance de bon nombre d’autres auteurs, que j’avais plaisir à rencontrer annuellement ici ou là et qui suivaient à distance, mon cheminement, sans jugement de valeur.

Bien sûr, cela m’a énervée, mais j’ai redoublé de travail pour parvenir à cet objectif, avec mes éditeurs. Aujourd’hui, je peux dire que le deuxième recueil papier devrait être disponible au printemps, même si -impression à la demande oblige- la présence du livre en librairie ne sera pas évidente pour cause de non reprise des invendus par le distributeur. C’est un choix que je fais, qui me permet d’être en dédicace, de rencontrer le public et je l’assume.

Mais le comble de ce dont j’ai pu être témoin, toujours aux Mots Doubs, c’était il y a deux ans. J’avais charge d’interviewer les auteurs et éditeurs hauts-saônois en vue d’un article de presse. Alors que je pressais l’un d’eux, de l’association des auteurs de Ç éditions de m’accorder quelques minutes, je me suis faite envoyée sur les roses, parce qu’il lui fallait vendre… Je n’avais jamais vu personne refuser un moment à la presse, en général, ce sont les auteurs qui courent après !

Si je raconte cela, c’est pour dire qu’il faut faire taire les divisions et s’unir lorsque la culture est mise à mal. Parce que personne ne sortira gagnant d’une quelconque division, à part ceux qui la mette à mal. Nous sommes tous sur le même bateau, le bateau livre ! Alors gardons le cap, pour que chacun y ait sa place.

NB : La pétition en ligne est sur le point d’atteindre les 1 000 signataires, vous pouvez toujours la signer et la diffuser en cliquant ICI. La page de soutien Facebook Il faut sauver les Mots Doubs approche des 300 likes.

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