Un Noël marquant


Voici une nouvelle érotique de Noël que j’ai écrite il y a deux ans, pour le recueil collectif des Trousseurs Textuels  » Nuances de Père Noël ». Je vous la livre en cadeau…

Yann n’en pouvait plus. Depuis le début du mois de décembre, comme cela avait déjà été lecas les deux années précédentes, il avait repris du service auprès du grandmagasin qui l’employait, pour y tenir le rôle tant attendu par les enfants, àsavoir celui du Père Noël. Beaucoup trouveraient cela sympa, drôle, mais lui…Comment dire ? Il saturait complètement.

Il faut dire qu’à longueur de journée il voyait défiler des bambins de tous âges quin’avaient qu’un seul mot à la bouche « Père Noël, j’ai été sage ! ». Foutaisesoui, bande de morpions tous plus hypocrites les uns que les autres. Pourpreuve, pas plus tard que la veille, l’un de ces infâmes menteurs avait été vu se roulant de rage sur le sol d’un rayon de confiserie, tout cela parce que sa mère avait refusé de lui offrir les bonbons qu’il exigeait. Oui, vous avez bien entendu, il exigeait. Et ensuite, il était venu vers lui en affichant une mine angélique et en jurant ses grands dieux qu’il avait été bien sage… Yann s’était dit que si cela continuait, il allait finir sous antidépresseurs ; ces mômes affreux auraient sa peau.

Il ruminait dans le rayon de jouets où il était affecté depuis le début dejournée, lorsqu’une fois cristalline et mutine parvint à son oreille distraite.


— Bonjour Père Noël. Je nesais pas si vous pouvez quelque chose pour moi, car… j’ai vraiment été trèsvilaine !

Quoi ? Avait-il bien entendu ? Yann n’en crut pas ses oreilles et leva aussitôt un regard curieuxsur celle qui venait de l’interpeller. Diable… Elle portait des souliers vernissés noirs à bride sur de longues chaussettes blanches, une jupe plissée plutôt courte, taillée dans un tweed austère, un corsage immaculé à col Claudine. Son visage reflétait une parfaite candeur que seul venait contrarierun regard bleu océan aux reflets d’or. Ce regard criait le contraire de ce qu’affirmait la bouche, tant il était frondeur. La frange blonde qui venait border les sourcils donnait à cette jeune personne l’allure d’une sale gamine qui ne demanderait qu’à être punie.


— Mais enfin, a-t-on jamais vu quelqu’un se vanter d’être vilain au Père Noël, tonna-t-il de sa plus grosse voix ?


— Eh bien, il serait peut-être temps, répondit du tac au tac l’effrontée, sans baisser une seule seconde les yeux.

Oh, elle m’intéresse cette morveuse, se dit Yann. Plus il la regardait, plus il avait envie de lui dire « viens donc mon petit, je vais te montrer mes bonbons » ou -mais là, il se demandait bien comment cela pouvait même l’effleurer-  « Montre-moi ta cheminée que je m’y glisse ». Il devenait fou !


— Père Noël, voulez-vous que je vous raconte à quel point j’ai été vilaine ? Je suis sûre que cela vous intéresserait, insista la demoiselle. Tenez, pas plus tard qu’hier, j’ai rêvé que je vous suçais sur votre traîneau, au beau milieu d’une tempête de neige…


— Chut ! On pourrait vous entendre. Êtes-vous inconsciente ? Il y a des enfants ici bon sang !

Il avait beau gronder, son bas-ventre -en toute indépendance- réagissait aux propos de lanymphette. Heureusement que son pantalon était suffisamment large pour dissimuler son érection, sinon il serait dans de beaux draps. Ah, justement c’était ce qu’il lui fallait en ce moment. De beaux draps avec cette jeune personne dedans, afin qu’il lui fasse payer le prix de son effronterie. Il se découvrait subitement une vocation particulière qui lui donnait des fourmis dans les paumes… En sortant de sa rêverie diurne, il la vit qui tenait en main un sucre d’orge, et laissait courir ses lèvres gourmandes sur la friandise, tout en le dévisageant effrontément. Mais ce n’était pas possible, elle ne lui épargnerait donc rien ? Le sang de Yann ne fit qu’un tour. Se levant comme un diable sortant de sa boîte, il l’empoigna fermement par le bras et l’entraîna à grandes enjambées vers les réserves. Elle allait voir dequel bois il se chauffait ! D’ailleurs, en parlant de bois, il était plus proche du chêne centenaire que du peuplier, si vous voyez ce que je veux dire… Claquant la lourde porte derrière eux, Yann la poussa rudement vers une pile de cartons vides, qui s’écroula aussitôt dans un boucan d’enfer.


— Alors comme ça, mademoiselle joue les allumeuses, et avec le Père Noël qui plus est ? Vous n’avez donc aucune moralité ?


— Eh bien… Je vous l’ai dit, non ? Je suis une vilaine fille. En confidence, il faut que je vous avoue que vous êtes mon plus grand fantasme. Et puis quoi, vous n’allez quand même pas vous en plaindre ? Ça vous change des gosses affreux qui défilent toute lajournée non ?

Inconnue 1 – Père Noël 0.

Il dut bien admettre qu’elle avait raison, la gueuse. Et ça l’énervait autant que son cul l’excitait. Ayant repéré une chaise derrière les montagnes d’emballages en tous genres, il la traîna jusque là, s’assit, et plaqua la belle -cul en l’air- sur ses genoux. Si le Père Noël est souvent associé aux rênes, pour le coup celui-ci était plus proche de l’âne, tant il était… tendu. D’une main sûre, il remonta la jupe sur les reins et asséna une première claque par-dessus le coton blanc qui dissimulait encore le fessier à son regard de rapace. Ah, elle allait voir ce qu’il allait lui en coûter de provoquer l’homme en rouge ! Elle demanderait grâce avant que l’envie ne la reprenne ! Après une dizaine de claques bien senties sur le cul mafflu de la demoiselle, quelle ne fut pas la stupeur de Yann à constater que les gémissements ressemblaient plus à des râles de plaisir que de douleur. Cela lui fut confirmé aussitôt par l’humidité de la culotte.


— Ah, mais c’est qu’en plus de tout le reste, tu aimes ça, petite gourgandine ? Mais tu as le vice dans la peau, ma parole !


— Oh oui, encore Père Noël… N’arrêtez surtout pas, c’est trop bon.

Yann redoubla d’ardeur, martelant de la main droite tandis que la gauche se frayait un chemin jusqu’au pubis de sa consentante victime pour la branler consciencieusement. En quelques minutes à peine, elle cria son plaisir tellement fort qu’il eut la frayeur de sa vie. C’était un coup à ce que son chef débarque dans la réserve, pensant qu’un fou sanguinaire y assassinait la clientèle… Mais déjà, la charmante inconnue se relevait et rajustait ses vêtements avant de reprendre son allure de collégienne modèle. Elle n’allait quand même pas oser le laisser dans cet état ? Un Père Noël priapique, ce n’est vraiment pas ce que l’on fait de mieux … Avec un clin d’œil, elle lui glissa une carte dans la main avant de quitter le local et de disparaître dans le ventre affamé du magasin. Yann y lut « Rendez-vous à 20 heures, chez toi ». Mais… Comment connaissait-elle son adresse ? Au dos du message manuscrit figurait une adresse « Jeanne Balthazar –3 passage de l’Enfer » suivie d’un numéro de téléphone.


À l’heure dite, il la trouva devant sa porte en rentrant du travail. En l’embrassant voracement, elle lui susurra à l’oreille : « Tu vois Yann, tu n’as pas de fille, c’est mon père qui en a une ! » Instinctivement, il se mit à fredonner « C’était la fille du Père Fouettard » tout en se félicitant qu’elle soit à lui, pour une nuit ou pour la vie, seul l’avenir le dirait.

Isabelle Lorédan 2016© Tous droits réservés.

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