À la « grande » école


J’avais six ans lorsque je fis mon entrée à l’école des grands de Sainte-Suzanne. La cour était celle de la mairie dont le bâtiment abritait également les classes de cours moyen. Celles des cours élémentaires étaient situées derrière le bâtiment, si ma mémoire est bonne.

La cours présentait de gros arbres dont les branches majestueuses offraient un peu d’ombre le long de la clôture du bord de route. Je me souviens y avoir beaucoup joué lors des récréations, ou avant le début des cours.

Le jour de cette rentrée de septembre 1972, je fus envoûtée par l’odeur de la classe qui exhalait des effluves miellés de la cire d’abeille dont les tables étaient encaustiquées et des notes plus minérales de l’encre. Les pupitres étaient percés à chaque place, pour qu’un encrier puisse y être installé. Mais à ma grande déception, point d’encre ou de porte-plume dès la rentrée. Non ! Il fallait les mériter. Au tableau, la phrase de morale du jour s’affichait, impeccablement calligraphiée.

Distribution de cahiers, de crayons, d’ardoises et de craies… De petits pots de colle dont la délicieuse odeur d’amande nous ravissait et que les plus téméraires n’hésitaient pas à goûter, en cachette de l’enseignant ! Découverte du livre de lecture « Poucet et son ami l’écureuil », dont la couverture éclatante suscita immédiatement mon intérêt.

L’année des apprentissages fondamentaux. La lecture et l’écriture me ravirent, même s’il fallait faire attention de ne pas faire de pâtés, de ne pas se tacher (même si nous portions des blouses). Le calcul me paraissait déjà très compliqué, cela ne s’est jamais vraiment arrangé.

Et puis l’institutrice… Melle Bertrand, que je devais retrouver plus tard en cours moyen deuxième année. Elle avait longtemps séjourné au Québec, et nous racontait comment l’on vivait là-bas. Avant chaque vacances, elle nous projetait des diapositives de la belle province et ne tarissait pas d’anecdotes, nous faisait aussi goûter au sirop d’érable. Une ouverture au monde extraordinaire pour les enfants que nous étions alors.

Je fis encore mon cours élémentaire 1ère année au même endroit, puis une nouvelle école primaire ouvrit. Un peu plus proche de chez moi, mais qui nous privait définitivement de terrains d’explorations que nous affectionnions et qui étaient sur notre chemin précédemment… L’ancien café des marronniers avait été détruit pour céder la place à une mairie flambant neuve, une page s’était tournée, définitivement. L’ancienne mairie-école devint alors l’école maternelle. À ma connaissance, elle l’est encore.

Aujourd’hui, quand je retourne dans le village de mon enfance, je constate qu’il a perdu son âme. Urbanisé à outrance, il est devenu la grande banlieue de Montbéliard. Restent les souvenirs dans les mémoires de ceux qui ont vécu cette époque…

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