De la perversité de l’ultralibéralisme


Hier, sur Facebook, j’ai posté un petit coup de gueule contre l’envahissement, voire de l’agressivité, du Black Friday. Certains en ont pris ombrage, comprenant que j’étais contre leur liberté de consommer, ce qui n’était pas le cas. Et comme ceux-ci ne semblaient pas vouloir comprendre, il m’est venu ce texte. Du petit coup de gueule au grand, il n’y avait qu’un pas que je me suis empressée de franchir. Le voici.

De la perversité de nos sociétés ultra-libérales.

Oui, vous avez bien lu, j’ai dit perversité, je persiste et signe. Car quoi de plus pervers que d’utiliser les pauvres des pays riches de l’hémisphère Nord pour asservir les pauvres de l’hémisphère Sud (même si les deux pauvretés sont, pour l’instant du moins, à des niveaux différents) ?

Le salut est dans la consommation, on nous le rabâche depuis les années 60. Économiquement parlant, ce n’était pas vraiment faux tant que l’on consommait ce que l’on produisait, et que les salaires étaient augmentés régulièrement. Écologiquement, c’est un tout autre débat puisque l’hyper-consommation entraîne la ruine des ressources naturelles et la production de montagnes de déchets.

Mais les aigrefins des multinationales et de la finance ont trouvé que leurs gains n’étaient pas suffisants. Pourquoi se contenter de royalties correctes quand on peut se gaver à outrance ? Il fallait gagner jusqu’au dernier p’tit sou (pour paraphraser Piccoli dans sa célèbre tirade du film « Le Sucre ») ! Alors on a commencé par réduire les augmentations de salaires, mais sans réduire les dépenses des salariés, voire en les accroissant. Ah, j’allais oublier, également en générant une dette monstrueuse, que nous autres esclaves, devront rembourser sur X générations. Puis on a expliqué que le travail en France coûtait trop cher ! « Faites des efforts, et surtout, continuez de consommer, il en va de vos emplois »… qui filèrent néanmoins dans ces pays où la masse salariale est largement sous-payée, où les normes de sécurité et environnementales sont inexistantes… Tout cela pour proposer soit des produits haut de gamme toujours aussi chers (bien que ceux qui les fabriquent soient payés au lance-pierre), ou du très bas de gamme vendu trois francs six sous chez nous sur lequel se ruent ceux qui ont peu de moyens ici.

L’exploitation des pauvres par les pauvres, voilà ce qu’a engendré le libéralisme sauvage de ces dernières décennies. Tout cela pour quoi ? Pour que la poignée de multimilliardaires de cette planète puisse se goinfrer encore plus sur notre dos ! Cela ne pourra continuer indéfiniment pourtant.

A travers mon coup de gueule contre l’envahissement du black friday, c’est aussi cela que j’exprimais. Rendez-vous compte que si chacun était payé décemment, il n’y aurait pas besoin de l’attendre pour se faire plaisir de temps en temps ! L’ennemi, ce n’est pas celui ou celle qui dénonce cette mascarade, mais ceux qui vous contraignent à cette extrémité en vous appauvrissant. Si rien n’est fait pour renverser la vapeur rapidement, non seulement l’humanité en crèvera, mais notre planète avec (ou plutôt avant, vu comme c’est parti).

Alors en effet, chacun est libre de consommer quand et comment il veut, je n’ai jamais dit le contraire et si vous l’avez cru, apprenez à lire. Mais on a aussi le droit de ne pas être agressé en permanence par des injonctions à la limite du terrorisme commercial. Parce que je me sens agressée voyez-vous, et je n’aime absolument pas m’entendre dire « il faut absolument ceci ou cela ». Je fais partie de ceux qui, quand on leur dit de faire quelque chose de façon injonctive voire dictatoriale, n’ont plus du tout envie de le faire… Ce n’est pas de ma faute, c’est dans mon ADN. Et cela a commencé très tôt puisque mon premier mot prononcé, lorsque j’étais encore bébé, n’a pas été « papa » ou « maman »… Non ! Je vous le donne en mille… Ça a été « merde » ! Qui sait, ce sera peut-être aussi le dernier…

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