Née sous le signe de la rébellion


Dès avant ma naissance, je me suis rebellée. D’abord contre une naissance compromise en cours de grossesse, puis une survie compromise au moment de ma naissance. Froide, cyanosée, les soignantes pensaient que je ne vivrais pas. Que nenni, c’était mal me connaître !

Cette rébellion s’est confirmée lorsque j’émis mon premier mot. Quand les bébés lambdas disaient « maman » ou « papa », moi j’ai dit « merde ». Si, Si, je vous jure que c’est vrai. Dès mon plus jeune âge, j’ai entendu ma mère me seriner qu’elle en avait marre de mon sale caractère, ce à quoi je répondais préférer avoir un sale caractère que pas de caractère du tout. Et en la matière, j’avais un exemple d’anthologie à la maison, en la personne de ma grand-mère Laure au caractère bien trempé, qui ne s’était jamais laissée marcher sur les pieds, même enfant et jusqu’à un âge avancé (j’ai souvenir de l’épisode du sous-pull vert pomme qu’elle s’était commandé à La Redoute, rien que pour emmerder sa fille puisqu’elle ne l’a jamais mis).

À deux ans, en mai 68, j’étais au piquet de grève, dans ma poussette, avec mes parents. Bon, quand ça a trop chauffé, tout le monde est resté à la maison, mes parents n’étaient pas des inconscients non plus.

J’ai grandi et me suis construite au fil de prises de conscience sur la monstruosité du monde qui m’entourait. J’ai souffert avec les réfugiés chiliens fuyant Pinochet, j’ai été solidaire des mineurs en grève britanniques, je me suis reconnue dans les combats contre les injustices. J’ai été de beaucoup de manifestations ou d’engagements divers. Tous avaient en commun de défendre les droits de tous, jamais pour restreindre ceux de certains.

Voilà ce qui m’a construite, voilà pourquoi, à 55 ans maintenant, je continue de m’indigner, de me battre contre tout ce qui me semble inique et inhumain. Le jour où je ne m’indignerai plus, on pourra considérer que j’aurai un pied dans l’urne (funéraire… ).

On me prend comme je suis ou bien on m’évite, c’est ainsi. Je n’ai aucune envie de changer quoi que ce soit, et si c’était à refaire, je ne changerais rien (sauf peut-être mon parcours avec Ducon, mon ex violent). Mais pour autant, et c’est quelque chose que tous ceux qui me connaissent soulignent, j’écoute. Attentivement, avec empathie. J’ai toujours eu cette faculté et j’en use sans aucune modération, mais en veillant à ne pas compromettre mon équilibre.

Je suis également curieuse, soucieuse d’enrichir en permanence mes connaissances, ma culture en la frottant à celles des autres, aussi différentes soient-elles.

Encore aujourd’hui, je refuse de faire où l’on veut que je fasse. Tenter de me contraindre est perdu d’avance ! Plus l’on insiste et plus je me braque. Mais cela ne m’empêche pas de faire fonctionner mes neurones, de m’informer à toutes les sources disponibles pour me forger ma propre opinion (chose que nous devrions tous faire, dans un monde idéal). Alors vous comprendrez que je me gausse lorsque quelque faquin me traite de mouton, au hasard des réseaux dits sociaux.

J’ai toujours fait passer l’être humain en tête de mes valeurs, juste devant la solidarité et la fraternité. Si cela est constitutif d’une quelconque gauchiste attitude, alors je le revendique haut et fort, je suis une infâme gauchiste (pour reprendre les vocables de certains). Et fière de l’être ! Voir moins

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close