Tu es à moi !


En décembre dernier, j’ai participé au Prix de la Nouvelle Érotique 2022 organisé par Les Avocats du Diable. L’enjeu : écrire une nouvelle érotique entre 0 h et 8 h du matin en respectant quelques contraintes.

La short-liste des sélectionnés a été rendue publique ce jour, mon texte n’en fait pas partie. Il faut dire qu’il restait pas mal de fautes et imperfection, mes yeux m’ayant lâché en fin de nuit. C’est pourquoi je peux vous la proposer en lecture dès aujourd’hui. La voici. Attention, c’est relativement trash 🙂

Déjà lorsqu’elle était enfant, l’entourage d’Élisa disait d’elle qu’elle était jolie, drôle, effrontée, mais il était une qualité qu’il ne lui attribua jamais : la sagesse. Pour cette dernière, Élisa avait dû passer à côté le jour de la distribution ! Cela ne s’était pas arrangé avec les années. L’ingénue espiègle devint une jeune bimbo aguicheuse à souhait, testant sa féminité naissante sur tout ce qui produisait de la testostérone, n’hésitant pas à repousser sans cesse ses limites et à faire franchir les leurs à ses partenaires. Beaucoup de ses ex-amants avaient fui, affolés par cette fille à qui rien ne semblait faire peur.

Elle n’avait qu’une vingtaine d’années lorsqu’elle décida que le sexe sans piment l’ennuyait à l’excès. De la folie, de l’adrénaline, voilà ce qu’elle recherchait. Aussi, c’est sans aucun remords qu’elle se lança en quête d’une relation sado-maso, par curiosité bien sûr, mais surtout par défi. Tant qu’à braver les conventions, autant y aller à fond, s’était-elle dit alors. Elle était issue d’un milieu bourgeois catho au sein duquel le sexe n’était pas ce que l’on peut appeler « libre », loin s’en fallait. Attendre le mariage en protégeant « sa fleur », voilà ce que l’on désirait qu’elle fît. Naturellement, elle opta pour le contraire ! Et quand elle se lançait dans quelque chose, c’était toujours à corps perdu. Foncer et penser ensuite, tel était son leitmotiv. Après quelques expériences décevantes à ses yeux, elle l’avait enfin rencontré ! Celui qui serait le maître de ses sens et de ses plaisirs. Du moins, quand elle l’aurait formé à cela, car pour le coup, cet homme était aussi néophyte qu’elle en matière de domination et de soumission. L’union de ces deux inconsciences posa les bases d’une relation qui, hélas, comportait tous les ingrédients pour dégénérer..

Maître Christian – elle lui avait fait lire les fumeuses 50 Nuances de Grey – avait pour obsession de posséder Lizie intégralement, ce qui combla intellectuellement la jeune femme dans un premier temps. Dès avant leur première rencontre, il lui imposa ses tenues, ses fréquentations, lui promettant les pires sévices si elle ne lui obéissait pas au doigt et à l’œil. Or, s’il y avait bien une chose à ne pas faire avec elle, c’était celle-là ! C’est ainsi qu’elle se retrouva le jour J, couchée sur les genoux de son Maître, le cul à l’air. Le zèle qu’il mit à la claquer lui laissa le postérieur cramoisi et brûlant, mais lorsqu’elle se releva, elle n’affichait pas la mine contrite qu’il attendait. Des étoiles plein les yeux, Lizie le fixait droit dans les yeux avec une moue narquoise, du genre qui dit « C’est tout ? ».

– Ah ! Tu en veux encore garce ? Eh bien je vais t’apprendre l’humilité.

Se saisissant d’une cravache flambant neuve acquise chez Décathlon l’après-midi même, Christian lui cingla le haut des cuisses. Accusant le coup, Lizie hoqueta.

– Mais…

– Il n’y pas de mais ! Et qui t’as autorisé à parler ? Silence, femme !

Enivré du pouvoir qu’il ressentait, il continua sur sa lancée n’épargnant rien. Sa peau se couvrit de zébrures d’un rouge foncé révélateur de la force qu’il utilisait. Cinq, dix, il ne savait plus combien de coups de cravache il lui avait infligés, mais elle avait perdu de sa superbe et reniflait en geignant.

– Alors, qui est le Maître ?

– Toi !

– Pardon ? Aurais-je mal entendu ?

– Vous Monsieur.

Un sourire de satisfaction s’afficha sur le visage de Christian.

– J’aime mieux ça. Viens ici que je vois l’effet du traitement.

Une brève inspection de l’entrecuisse de Lizie lui permit de constater qu’elle n’y avait pas été insensible : elle était trempée. Alors que son doigt passait entre les lèvres luisantes, il remonta au clitoris érigé, déclenchant des gémissements suggestifs qui se transformèrent en un cri de douleur quand il le pinça sèchement entre deux doigts.

– T’ai-je autorisée à prendre du plaisir ? Réponds!

– Heu… Non, Monsieur.

– Alors je ne veux pas t’entendre, est-ce compris ? ajouta-t-il, tout en recommençant sa masturbation infernale.

Lizie ne savait plus comment contenir les vagues qui l’envahissaient l’une après l’autre. Se taire, ne rien montrer, tandis qu’une déferlante lui ruinait les entrailles. Des larmes de frustration douloureuse perlaient à ses paupières.

– Pitié, autorisez-moi à jouir Monsieur, je n’en peux plus !

– Tu n’en peux plus ? Très bien. Alors j’arrête.

Cessant ses caresses, il s’installa dans le canapé, alluma une cigarette et lui intima l’ordre d’aller s’agenouiller dos au mur, juste en face de lui, cuisses écartées.

– Ah, elle est belle ma catin, ma salope… Non, mais regarde-toi ! Ta mouille coule à flots, tu es vraiment une traînée ! T’aimes ça hein, qu’on te fasse mal. Tu en redemandes ! Tu sais que c’est bientôt Noël. Et qu’est-ce qu’on fait à Noël hein ? On fourre la dinde ! Tu veux que je te fourre, salope ?

– S’il vous plaît Monsieur.

– Il manque quelque chose.

– Heu…

– Je t’ai pourtant donné un indice bordel !

– Monsieur, votre dinde désire être fourrée…

Défaisant sa ceinture, Christian ouvrit sa braguette et libéra un chibre bien bandé.

– Avant de fourrer la dinde, il faut la gaver. Approche, à quatre pattes. Voilà, comme ça c’est bien. Approche que je t’enfile ta sonde de gavage.

Alors que Lizie était devant lui, il lui empoigna les cheveux et la tira sèchement jusqu’au sexe érigé qu’il propulsa avec violence dans sa bouche, la faisant hoqueter.

– Vas-y, pompe ma salope ! Mieux que ça, salive comme la chienne affamée que tu es. Oui, plus fort !

À grands coups de reins, il lui baisa la bouche sans ménagement uniquement centré sur son plaisir à lui, jusqu’à ce qu’un flot de foutre épais viennent lui tapisser les amygdales. Lizie, une fois libérée de la poigne masculine, releva la tête. Une coulée blanche dégoulinait à la commissure de ses lèvres. Le ventre en feu, elle leva des yeux éperdus vers l’homme, l’implorant de recevoir ce qu’elle estimait être son dû.

– Regarde ce que tu as fait ? Comment veux-tu que je te satisfasse maintenant ?

– Mais, c’est vous qui…

– Silence ! Tu es la soumise, tu te tais. Et va te nettoyer, tu es dégoûtante ! Non ! Pas debout. Une chienne, ça marche à quatre pattes, je ne le répéterai pas.

Elle n’avait jamais envisagé que les choses puissent tourner ainsi. Dans la salle de bains, Lizie pleurait de frustration et de honte, le visage marqué par le rimmel dégoulinant. Qu’avait-elle raté pour que la soirée tourne ainsi ? Elle n’en avait aucune idée. Certes, cela lui plaisait au départ, mais Maître Christian prenait son rôle beaucoup trop au sérieux, elle ne l’avait pas prévu. Quelle idée avait-elle eu de se livrer à un homme qu’elle ne connaissait que via Meetic ! Elle ne savait même pas son nom, juste ce pseudo ridicule qu’il s’était inventé : Maître Christian ! Quelle blague.

L’eau fraîche sur son visage lui fit du bien et lui redonna un soupçon de dignité. Ah, il voulait de la dinde ? Elle allait lui montrer de quoi était capable cette volaille, car chaque dinde a son dindon. Cette pensée la fit sourire et c’est avec assurance qu’elle retourna dans le salon où le Maître dormait, vautré sur le sofa.

Fouillant dans le sac qu’il avait laissé ouvert dans un coin, elle y dénicha des menottes et une corde de mauvaise qualité encore emballée. Sans un bruit, elle s’approcha de lui et les lui passa sans qu’il ne bronche. Bénits-soient les verres de vin qu’il avait absorbés au bar avant que tout ne commence. Ah, tu veux jouer au con, alors on va être deux ! murmura-t-elle en ricanant. Sa bite était flaque et visqueuse contre sa cuisse ; il ne restait plus rien de la virilité flamboyante précédente.

Il se réveilla une heure plus tard. Hagard, il constata qu’il ne pouvait plus bouger.

– Mais… qu’est-ce que tu m’as fait ? hurla-t-il

– La dinde a préparé le rôti, gloussa Lizie.

Outre ses poignets menottés, Christian était désormais saucissonné serré, nu comme un vers, entièrement à la merci de la jeune femme. Elle le toisait avec dégoût.

– Tu t’es pris au jeu mon cochon. Mais ce n’était qu’un jeu et tu l’as oublié. Alors, puisque tu aimes humilier, je vais te rendre la monnaie de ta pièce ! À moi de jouer maintenant. Tu vas voir comme c’est excitant.

Il n’eut pas le temps de dire quoi que ce fut, elle lui enfournât sa culotte dans la bouche pour le faire taire, puis apposât un morceau d’adhésif pour qu’il ne la recrache pas.

– Tu vas bander mon salaud ! C’est à moi de prendre mon pied.

Empaumant le sexe flapi, elle le branla sans ménagement tout en se moquant de son peu de vigueur.

– Eh bien, on dirait que tu manques de vigueur, se moqua-t-elle avant de l’emboucher pour une pipe sauvage qui ne tarda pas à produire son effet. Tu vois, quand tu veux !

Elle le chevaucha et se frotta aussitôt sur le chibre érigé, gémissant de plaisir et effectuant de petits mouvements de bassin. Elle effleurait le gland violacé, le frôlait de son clitoris, le suçait de ses lèvres intimes tout en se gardant bien d’aller plus loin.

– Ah, tu m’as frustrée ! À ton tour de dérouiller, c’est ça la parité. Tu la trouves comment ta dinde de Noël hein, millimaître ?

L’homme roulait des yeux fous et grognait, en panique totale. Son sexe menait une vie autonome, totalement déconnecté de son cerveau – d’aucunes diraient que c’est chose habituelle chez les hommes, mais ce serait de mauvaises langues. Il se sentait impuissant et violé, victime d’une situation qu’il avait largement contribué à créer. Qu’allait donc lui faire cette folle furieuse ? Il suait à grosses gouttes, le pathétique pantin.

– Dis donc, ça ne va pas tu faiblis. Aurais-tu peur ?


Son sexe avala le gland, lui infligeant de légères contractions pour ensuite s’arrêter. Lizie lui faisait subir un supplice de Tantale infernal qui le rendait cinglé. Elle griffa son torse glabre pour mieux asseoir sa domination, pinça les tétons érigés malgré eux, par pur réflexe… Il était sa chose et ne pouvait rien y changer. Alors elle se laissa aller et s’embrocha sur lui jusqu’à la garde dans un grand râle.

– Je te baise mon salaud ! Tu m’entends ? Je te baise comme je le ferais d’un sex-toy. Tu es mon objet sexuel.

La jouissance la foudroya comme un éclat de tonnerre, arc-boutant son corps saisi de spasmes. Elle se découvrit fontaine lorsqu’elle inonda l’homme d’un liquide translucide.

Il avait abandonné toute résistance depuis longtemps. Vaincu, il n’attendait qu’une seule chose : que toute cette folie finisse pour pouvoir fuir loin de tout cela. Avec effroi, il constata qu’elle n’était pas disposée à le libérer. Un frisson d’appréhension parcourut son échine lorsqu’il croisa le regard empreint de détermination et de sauvagerie de la jeune femme.

– Tu sais que tu n’es pas mal comme jouet finalement ? Je crois que je vais m’amuser encore un peu… Tu en dis quoi ? Quoi ? Je ne te comprends pas, articule ! dit-elle en ricanant.

Elle était folle, totalement folle, il en eut la certitude. Qui viendrait à son secours ? Il n’avait dit à personne où il était ni avec qui. Sa bouche était sèche et son bâillon gênait sa respiration, mais elle semblait ne pas en avoir cure.

Déterminée, Lizie utilisa toutes ses forces pour le retourner malgré ses contorsions. Crachant sur ses doigts, elle les passa dans la raie culière de l’homme, insistant sur la rose sombre de son anus. Un doigt puis deux vinrent le dilater, sans douceur aucune, le faisant se cabrer dans ses liens.

– Oh, ne fais pas ta mijaurée ! Je suis sûre que t’aurais voulu m’enculer à sec. Je me trompe ? Qui ne dit mot consent. Tu sens, j’en suis à trois doigts là… Ton cul est ouvert comme une bouche de métro ! C’est qui la salope qui va se prendre une bite dans le cul hein ? C’est le millimaître !


Les doigts le fouissaient de plus en plus loin, de plus en plus vite. Lizie abandonna sa proie quelques instants, puis revint avec un gode de bonne taille qu’elle mit sous les yeux horrifiés de l’homme.

– C’est dommage que tu sois bâillonné, je te l’aurais bien fait sucer. Je vais être obligé de le lubrifier sur moi.

Elle s’installa devant lui et se masturba avec l’olisbos, le glissant sur ses nymphes détrempées, l’engouffrant au plus profond d’elle-même en gémissant de plaisir.

– Là, c’est suffisant. Le moment est venu de te faire découvrir le sexe anal, dit-elle en approchant le gland de latex du cul de son prisonnier. Ne t’inquiète pas, je vais le faire délicatement, aussi délicatement que tu t’es occupé de moi tout à l’heure.


L’anus résistant à l’intrusion, elle reprit son jeu de doigts, crachant sur la corolle récalcitrante pour mieux l’ouvrir. Un cri assourdi retentit lorsque, enfin, le chibre factice franchit la barrière du sphincter. L’homme se démenait de plus belle, ruant comme un cheval fou, en vain. Inexorablement, le sex-toy se frayait un chemin dans ses entrailles béantes, déclenchant un torrent de feu sur son passage. Tout en maniant l’objet, Lizie se branlait consciencieusement, excitée au plus haut point par cette sodomie sauvage qui semblait ne pas vouloir prendre fin. Le cul en feu et l’amour propre en berne, l’homme éjacula malgré lui, mécaniquement et dans la honte la plus totale. Lizie était ailleurs, perdue dans un plaisir abyssal dont elle n’avait jamais soupçonné l’existence.

Elle émergea longtemps plus tard . Sa victime était là où elle l’avait laissée, respirant très faiblement, la peau cyanosée. Une vague de dégoût lui souleva le cœur lorsqu’elle regarda celui dont elle avait imaginé qu’il pourrait être son maître. Tel est pris qui croyait prendre pensa-t-elle. Elle ne savait plus ce qu’il s’était passé après qu’elle lui ait violé le cul, mais il gisait sur le dos, les paupières closes et la bite en berne.

– Tu voulais que je t’appartienne totalement ? Mais finalement, c’est l’inverse qui va se produire !

Elle quitta la pièce pour revenir quelques minutes après, un couteau à la main. Elle s’approcha de l’homme inconscient, empoigna son sexe et recommença à le branler doucement. Lorsque, dans un mouvement réflexe, il reprit un peu de vigueur, la lame le trancha d’un coup sec, juste au-dessous des bourses, libérant un flot rouge et épais qui s’étala en flaque sous le corps. Fascinée, Lizie regarda s’écouler la vie, serrant entre ses doigts crispés le sanglant bâton.

6 réflexions sur « Tu es à moi ! »

  1. J’enregistre pour lire plus tard.
    C’est autorisé ça Isabelle ?

    J’aime

    1. Oui c’est autorisé. Ceci dit, tu aimeras peut-être moins quand tu l’auras lue 😂

      J’aime

  2. Francoise Methia 10 mai 2022 — 16 h 35 min

    woaw ! c’est vraiment gore et sanglant ! Dédé ! Ne la laisse pas approcher d’un couteau !

    J’aime

  3. Eh ben !!! sans fioriture et sans dentelle !!!!
    Isa tu t’es fait plizzzz!!!!
    J’ai pas aimé que tu cites une marque d’une enseigne sportive.., elle t’a sponsorisée ou bien ?!!!! 🤣

    J’aime

    1. Non, pas sponsorisée 😀 Tu vas rire, mais le trash, ce n’est pas forcément le registre dans lequel je suis le plus à l’aise, mais je voulais jouer à fond la carte de la transgression ici.

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close