RHaine & droits des femmes, péril en la demeure


« L’affirmation que votre corps vous appartient est tout à fait dérisoire. Il appartient à la vie et aussi, en partie, à la Nation. »

En ces termes précis, Jean-Marie Le Pen s’exprimait en 1996 dans une interview donnée au journal Le Parisien. En 2002, son programme pour l’élection présidentielle était digne de Pétain, puisqu’il prétendait résoudre le chômage en renvoyant les femmes à la maison, qu’il voulait abroger le droit à l’avortement et mettait sur un piedestal la FAMILLE, mais attention, uniquement avec une descendance par filiation ! Exit les bâtards… Au lendemain de la décision de la Cour Suprême américaine retoquant arrêt historique Roe v. Wade datant de 1973 qui faisait entrer le droit à l’avortement dans le droit fédéral, des inquiétudes naissent aussi dans notre pays.

Sommes-nous à l’abri d’un tel revers pour les droits des femmes en France ? Absolument pas. En 2018, Clémentine Autain – au nom de la France Insoumise – demandait en séance à l’Assemblée à ce que le droit à l’IVG soit inscrite dans notre constitution, afin de le plus difficilement abrogeable par d’éventuels enragés prétendument « pro-vie ». Mme Pénicaud lui avait alors opposé une fin de non recevoir, au prétexte que le droit à l’avortement et à la contraception était suffisamment bien ancré dans notre société qu’il n’y avait pas besoin de le protéger plus que cela.

Dès ce matin, LREM annonce à grands cris qu’elle compte faire inscrire ledit droit dans la constitution le plus vite possible. Il est vrai qu’entre ces deux dates, la donne a quelque peu changée. Le vote Rhaine est devenu tellement puissant qu’il a porté Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle et que 89 députés bruns ont envahi l’Assemblée nationale.

Marine Le Pen qui, en 2012, voulait faire abroger « l’IVG de confort », avant de rétropédaler en se faisant passer pour féministe, par pure opportunisme électoraliste. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, elle en est parfaitement consciente. Bien que cherchant à se faire passer, elle et son parti, pour des défenseurs de la cause des femmes, dans les faits il en va tout autrement puisque :

Entre 2015 et 2016, la candidate alors députée européenne a d’ailleurs voté contre plusieurs résolutions du Parlement européen portant sur les droits des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes.1

  • 28/04/2016 : sur l’égalité des genres et l’émancipation des femmes à l’ère du numérique.
  • 18/04/2016 : sur les femmes employées de maison, auxiliaires de vie et gardes d’enfants.
  • 19/01/2016 : sur les facteurs externes faisant obstacle à l’entrepreneuriat féminin.
  • 9/09/2015 : sur les carrières scientifiques et universitaires des femmes et plafonds de verre.
  • 10/03/2015 : sur les progrès en terme d’égalité entre les femmes et les hommes.

En 2020, la plupart des eurodéputés RN ont voté contre une résolution visant à accélérer la réduction des écarts de salaire entre les femmes et les hommes dans les pays de l’UE. Les autres (Annika Bruna et Jean-Paul Garraud) étaient quant à eux absents lors du vote.

Le 4 avril 2022 l’eurodéputé RN (et président du parti) Jordan Bardella s’est absenté lors du vote de la proposition de directive visant à réduire les écarts de salaire entre les femmes et les hommes par le renforcement du principe du “salaire égal pour un travail de valeur égale”. Les autres eurodéputés RN se sont quant à eux abstenus.

En matière d’avortement, plus d’abrogation du droit dans les programmes ou les propos de Marine Le Pen, grande amie de Victor Orban, pourtant chef d’État de la Hongrie, pays qui a quasi interdit toute forme d’interrupttion de grossesse ! Cherchez l’erreur… Pas d’abrogation, mais des garde-fous dit-elle. Dans une vidéo diffusée par Brut en mars dernier, elle affirme : « je n’ai jamais été contre le déremboursement de l’IVG, mais en réalité pour le déremboursement des IVG multiples ». Mais bien sûr ! Chirac disait que les promesses n’engageaient que ceux qui y croyaient…

Le danger est décidément bien présent et les Françaises ont de quoi s’inquiéter sérieusement pour leurs droits – et pas seulement pour l’accès à l’IVG, mais également pour la lutte contre les violences qui leur sont faites, les élus Rhaine n’ont jamais voté aucun texte en la matière, là encore.

Le constat est amer, il y a bien péril en la demeure.


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