L’inconnue du TER


Tired businesswoman sleeping on the trainInstallée confortablement dans mon fauteuil, je laisse mon esprit divaguer au fil des paysages qui défilent par la fenêtre. Le rythme du train en marche me berce doucement, tandis que dans mes oreilles résonnent les mots du livre audio que j’écoute. Je me laisse aller à une indolence certaine rendue propice par l’inactivité forcée du voyage.

Après un arrêt à une gare, voici qu’arrive une voisine. Une jeune femme svelte et élancée, aux longs cheveux bruns, prend place dans le fauteuil qui jouxte la travée, face à moi. De toute évidence, il s’agit d’une étudiante qui rentre chez elle après une semaine à la fac, comme semble l’attester son bagage. Il émane d’elle une innocence troublante, un peu comme si la belle n’avait pas encore totalement abandonné tous les attributs de l’enfance. Quelques mimiques rappellent cette époque pas si lointaine et la rendent émouvante. Les yeux presque clos, je l’observe tandis qu’elle joue avec son smartphone. Je l’imagine répondre à d’éventuels textos masculins. Qu’écrit-elle ? Des messages pleins de promesses pour le déroulé du week-end qui commence ? Un message cinglant de rupture ? Tout est possible et me traverse l’esprit. Quoi qu’elle écrive, son visage reste impassible. Impossible d’y décoder le moindre sentiment. Lassée, elle range l’appareil puis se laisse aller dans son siège, yeux fermés.

Rapidement, je vois sa respiration se ralentir, ses muscles se détendre. Sa tête se laisse aller sur son épaule dénudée, dégageant son cou que j’imagine tendre. La peau au velouté parfait frémit sous les pulsations sanguines. La contempler discrètement, dans un tel état d’abandon, me procure de délicieux frissons, mon imagination s’enflamme. Son visage attendrissant, entièrement détendu par le sommeil, m’émeut au plus haut point. Ses lèvres, que j’imagine aisément gourmandes, laissent échapper de petits soupirs réguliers révélateurs du bien-être dans lequel la dormeuse baigne. À quoi rêve-t-elle ? Frémit-elle en imaginant les caresses que son amant lui prodiguera, dès qu’elle l’aura rejoint ? Ses seins, que je devine menus et fermes, tendent son débardeur avec arrogance ; divins tentateurs !

Je détaille son visage avec gourmandise. Un ovale parfait, encadré par de longs cheveux bruns dont quelques mèches le recouvrent partiellement. L’ombre délicatement posée sur ses paupières closes, comme autant de rideaux gris accrochés aux fenêtres de ses yeux, lui donne un air de madone. C’est là son seul artifice, sa fraîcheur n’a pas besoin d’être enjolivée… Privilège de la jeunesse que la vie n’a pas encore contribué à éroder. Je suis ses bras nus aux attaches fines, ses mains aux longs doigts, abandonnées sur ses cuisses. Et si elles s’égaraient sous le tissu du jean ? Pourquoi n’est-elle pas en jupe ? Je m’échauffe à imaginer alors combien d’autres merveilles, jusque là inconnues de moi, viendraient alors se découvrir… Je me plais à évoquer une toison sombre, soigneusement taillée, dissimulant à peine le tendre coquillage nacré, luisant de désir sous ses caresses. Son souffle s’accélérerait doucement, au fur et à mesure que monterait son plaisir. Son corps finirait par s’arc-bouter tandis que de sa bouche s’exhalerait le chant délicieux de l’extase…

L’annonce de la gare se fait entendre et ma belle voisine s’éveille subitement, tandis que je fais mine de me replonger dans l’examen du paysage. Mon cœur bat la chamade tandis qu’elle rassemble ses affaires et quitte sa place pour s’approcher des portières. Je la salue discrètement, déçue qu’elle me quitte aussi tôt. Elle ne saura jamais quel émoi elle aura suscité. À moins que le sommeil n’ait été qu’une façade… Qui peut savoir ?

Jeux pervers


Confortablement installée sur son canapé, Laure regardait le journal de 20 heures. Déjà une heure qu’elle l’attendait. Il lui avait passé un coup de fil avant 19h lui annonçant son retard, mais tout de même. Il battait tous les records cette fois-ci. Pour une fois qu’ils avaient une soirée à eux seuls… Pour l’occasion, elle avait préparé un souper fin, et s’était faite une beauté. Sobre, mais très sexy dans son tailleur sombre. Des dessous de dentelle noire parait sa peau blanche, et des bas fumés gainaient ses longues jambes. Elle se sentait séductrice jusqu’au bout des ongles… Et il n’était pas là ! Tandis qu’elle était abimée dans ses pensées, le journaliste égrainait la longue liste des mauvaises nouvelles du jour : chômage, inflation, attentats… Et le dossier du jour, l’insécurité ! Rien de bien réjouissant, mais au moins cela faisait-il une présence. Elle décida de se servir un verre, histoire de calmer l’angoisse qui commençait à la ronger. Elle n’y pouvait rien, c’était dans son tempérament de trembler dès que quelque chose sortait de l’ordinaire.

Debout devant le bar, elle venait de reposer la bouteille de scotch lorsqu’une main se plaqua sur ses yeux tandis qu’un bras musclé la ceinturait.

– Chuttttttttt… Tu es seule et bien aguichante ! dit une voix étouffée

– Lâchez-moi tout de suite ou j’appelle mon mari !

– Ton mari ? Laisse moi rire… Il n’est pas là ton mari ! Ca fait une heure que j’observe la maison, et tu es seule…

Puis, passant une main dans le décolleté, il rajouta

– Laisser une femme comme toi toute seule, c’est criminel… Je sais bien ce que je te ferais moi…

– Je vous en supplie, laissez-moi ! Implora-t-elle en essayant de se libérer de la main qui masquait sa vue.

Prestement, l’homme sortit un foulard de sa poche, et lui banda les yeux. Il avait désormais ses deux mains de libres pour la maintenir et effleurer son corps.

– Regardez-moi ça… Si c’est pas malheureux… Tiens-toi droite que je t’observe mieux que ça ! Ecarte les jambes !

– Mon dieu… Qu’allez-vous faire de moi ? Je vous en prie, ne me faites pas de mal… dit-elle en pleurant.

– Ne crains rien. Je ne te veux que du bien… Mais il faut m’obéir ! ECARTE, et plus vite que ça !

Au même moment, quelque chose cingla sa croupe, et Laure obtempéra, tremblante et apeurée. Elle le sentait proche d’elle, qui l’observait. Une main vint se poser sur un sein, en pincant le téton. Malgré elle, elle sentit un frisson parcourir son dos. Elle avait toujours été sensible à ce genre d’attouchements.

L’homme se régalait du spectacle que lui offrait cette superbe femme, ainsi offerte dans son salon. Mais il manquait quelque chose… Il la voulait plus chienne… S’approchant, il empoigna la veste du tailleur, et d’un coup sec, arracha les boutons, tandis que Laure poussait un cri.

– Tais-toi ou je me verrai dans l’obligation de te baîlloner jolie madame… Hummmm mais ça t’excite ! rajouta-t-il en voyant les tétons érigés sous la dentelle noire. Je vois mal comme ça, c’est ennuyeux…

Sortant un couteau de sa poche, il en déplia la lame, et la fit courir sur la peau blanche. Laure était tétanisée par la peur et l’angoisse. Remontant lentement, la lame froide glissa entre les deux seins, et là, d’un mouvement sec, sectionna la pièce de lingerie. Comme elle était belle ainsi, scandaleusement impudique, les seins à l’air… Il se régalait vraiment…

– Voilà qui est mieux… Ne tremble pas… Alors comme ça, il parait madame a des fantasmes de viol ? Hé bien c’est peut être le moment de les réaliser non ? Qu’en penses-tu ?

Laure était ahurie… Qui était cet homme ? Comment savait-il cela ? Elle n’en avait parlé qu’a son mari… et encore, ça lui avait été difficile à avouer. Cependant, elle ne pouvait nier qu’a ce moment précis, son ventre brûlait d’un feu nouveau. Elle était exhibée de manière honteuse devant un inconnu qui la mollestait, et ça l’excitait prodieusement… Quelle honte !

Comme s’il avait deviné ses pensées, l’homme s’approcha, très près. Elle senti son souffle sur sa joue. Une main se posa sur sa cuisse, et remonta sous la jupe, jusqu’à la lisière du bas, puis sous la fine étoffe du string. Un doigt fureteur s’infiltra entre ses lèvres déjà bien moites…

– Hummmm mais c’est que tu mouilles, jolie salope… Ca t’excite hein, petite bourgeoise ! Tu sais que tu vas te faire baiser comme une chienne… Tu vas être a moi comme tu ne l’as jamais imaginé, même dans tes rêves.

Elle senti de nouveau le froid de la lame sur la cuisse et ne pu réprimer un mouvement de recul. Lentement, l’homme entreprît de couper la ceinture de la jupe qui tomba sur la moquette rejointe aussitôt par le string, lui aussi sacrifié.

– Voilà… Tu es parfaite…

Laure sanglotait maintenant. Non pas de peur, mais de honte. Honte d’être dans cette situation, honte surtout d’en ressentir autant d’excitation. Que dirait son mari s’il la voyait ainsi ? Rien que cette idée lui faisait monter le rouge aux joues et redoublait ses larmes.

Elle ne portait plus que ses chaussures, ses bas, et son porte-jarretelles. L’homme lui attacha les poignets dans le dos avec une cordelette.

– Maintenant, nous allons nous installer ailleurs… Tu vas être bien obéissante, et tout se passera pour le mieux… Ok ?

Ramassant ce qui avait été un string, il en huma le tissus humide.

– Hummmm… Ca sent la femelle en chaleur… Sens ! dit-il en lui pressant l’étoffe sur le nez.

Laure protesta, mais aussitôt l’homme lui enfouit le vêtement dans la bouche.

– Je t’avais prévenue… Soit tu te tais, soit je te baillonne… Tu en a de la chance remarque… Tu peux ainsi déguster ton nectar.

De nouveau les doigts vicieux repartaient en exploration de son intimité. Elle ne pouvait plus cacher son émoi, sa vulve était un lac de lave incandescente.

– Aller ! Assez perdu de temps.

L’empoignant par le bras, il la conduisit au sous-sol. Ils y avaient aménagé une pièce l’année dernière. Elle servait lorsqu’ils reçevaient des amis. Confortablement meublée, elle possédait son bar, de gros fauteuils de cuir ainsi qu’un large lit et un cabinet de toilette indépendant. Un homme était installé dans l’un des fauteuils, sirotant un verre.

– Et bien, je vois qu’on ne s’ennuie pas en mon absence ! dit-il d’un ton cassant

Laure sursauta, son visage s’empourpra et elle sentit ses jambes se dérober sous elle. Oh non ! Pourquoi fallait-il que son mari la voie dans une telle déchéance ? Il l’a rattrapa de justesse et l’aida à s’installer sur un siège.

– Ecarte tes jambes Laure… Au point où tu en es, tu n’as de toute façon plus grand chose à cacher il me semble ! Voilà… c’est beaucoup mieux… Tu te souviens de l’autre jour, quand tu m’as parlé de tes fantasmes… Et bien nous y voilà ! Tu es là complètement livrée à moi (et peut être aussi à monsieur, si tel est mon bon plaisir…). Impuissante.. et je vais abuser de toi autant qu’il est possible de le faire… Tu vas être ma chose, ma pute, ma chienne durant toute la nuit. Qu’en penses-tu ?

– …

– Tu pourrais articuler ma chérie ! dit-il en riant.

Sortant une corde d’un placard, il lia les chevilles aux pieds du fauteuil, solidement.

– Hummmmmm superbe ! Tu sais qu’à te voir c’est un appel au crime ? Ces seins… et je ne parle même pas de cette chatte ruisselante !

Une fois la honte passée, Laure avait vu s’accroitre son excitation. Décidément, il ne cesserait de la surprendre par son esprit fou. Puisqu’il lui offrait de réaliser son fantasme, elle allait jouer le jeu. Elle ne savait pas quel rôle jouerait l’inconnu, mais elle savait qu’elle ne risquait rien, son homme ne laisserait rien de fâcheux lui arriver. Elle entendit un bruit de fermeture éclair, et sentit la douce chaleur d’un sexe bien dur contre sa joue.

Doucement, il dégagea la bouche de son épouse de son baîllon, et s’y enfonça voluptueusement jusqu’à la garde. Elle hocqueta, mais l’engloutit avec une facilité assez déconcertante.

– J’adore tes lèvres ma belle salope. Mais je ne vais pas me contenter de me faire sucer… Je vais baiser ta bouche, comme si c’était ta chatte ! Hummmmmmmmmm… Comme ça ! Ouiiiiiiiiiiii… Encore… Tu aimes ça la bite, hein… Tu vas être servie, la nuit va être chaude…

Il s’activa dans sa gorge pendant un long moment, lui laissant tout juste le temps de respirer, puis se libéra de sa semence en elle, bloquant sa tête contre ses poils à l’en étouffer. Elle n’avait d’autre choix que d’avaler la crème épaise qui lui tapissait le gosier. Non qu’elle ne l’aie jamais fait avant, mais seulement de son propre chef. Par contre ce soir, elle ne maîtrisait plus rien, elle était le jouet lubrique de son homme, et ne savait pas du tout ce qu’il lui réservait. Elle était seulement sûr d’une chose, elle accéderait à toutes ses exigences.

Avec gourmandise, Laura passa la pointe de sa langue à la commissure de ses lèvres, y récupérant au passage une goutte de sperme égarée. Toujours aveuglée par son bandeau, elle sentait cependant le regard de son homme la détailler. Et elle n’osait imaginer ce qu’était en train de faire l’inconnu qui était toujours là. Quel rôle lui réservait son époux, elle ne le savait pas du tout. La peur l’avait quittée pour laisser place à une excitation hors du commun. Le plaisir qu’elle avait ressenti à cette fellation forçée était sans commune mesure avec celui qu’elle connaissait déjà.

Elle entendit son mari parler à voix basse à l’inconnu. Que se disaient-ils ? L’incertitude dans laquelle elle se trouvait la troublait infiniment. Son mari allait-il la jeter en pâture à cet homme ? A moins qu’ils ne décident conjointement de se partager son corps… Tout ceci l’inquiétait, mais l’excitait aussi formidablement. Elle se souvenait des confidences qu’elle avait fait, un soir, à son homme. Peut-être en avait-elle trop dit, car après tout, il y a un fossé entre un fantasme et sa réalisation. Serait-elle capable de supporter tout ce qu’elle avait imaginer ? Elle n’en était pas sûre…

Une main fraîche se posa sur sa poitrine, caressant la peau douce, pinçant un téton au passage. Etait-ce celle de son mari, celle de l’inconnu ? Elle décida de ne plus se poser de question, puisque de toute façon, il serait là pour la protéger d’un éventuel dérapage. Elle s’abandonna à ce qu’elle ressentait avec bonheur.

– Maintenant ma chérie, nous allons faire un tour… J’ai d’autres projets pour la soirée lui dit son mari en détachant ses chevilles.

Il l’aida à se mettre debout, mais ne défit pas le bandeau qui l’aveuglait. Elle ne devait pas savoir où il l’emmenait. Il posa un manteau sur les épaules de Laure, toute déboussolée.

– Je t’en prie, je ne peux pas sortir dans cette tenue ! Je dois m’habiller…

– Et pour quoi faire ? Dit-il en riant. Tu as ton manteau, cela suffit amplement, surtout pour aller où nous allons. Ne fais pas l’enfant s’il te plait, et obéis. Tu n’auras pas à le regretter, je te le promets. Notre ami va t’installer dans la voiture, je vous rejoints dans deux minutes, juste un coup de fils à passer et je suis à toi ma chérie…

Maladroitement, titubant sur ses talons hauts, elle suivi tant bien que mal l’inconnu. Alors qu’elle s’attendait à s’installer sur la banquette confortable du véhicule, l’homme la souleva pour a déposer dans le coffre.

– Vous allez me promettre d’être bien sage… Je ne voudrais pas être obligé de vous baîllonner !  Ce serait un gâchis de cacher une bouche pareille d’ailleurs… Alors chutttttt… Voilà…

Il en profita pour passer une main le long des jambes de Laure, remontant jusqu’à l’intimité de la jeune femme. Nul doute, tout ceci lui plaisait beaucoup, à en juger par le degré d’humidité plus qu’avancé. Puis ramenant sa main vers ses lèvres…

– Tu mouilles ma belle… Lèche mes doigts, déguste le fruit de ta perversion ! Car c’est bien toi qui a voulu tout cela. Ton mari me l’a dit ! Humm mais c’est que tu aimes ça, je sens que tu es vraiment une affaire toi. On ne va pas s’ennuyer !

Il venait de refermer le coffre quand le mari arriva.

– Elle ne t’a pas reconnu jusqu’à maintenant, c’est une bonne chose. J’aime qu’elle soit dans l’incertitude comme cela.

Volontairement, il décida de prendre des chemins de traverse. Il voulait que le trajet dure afin que Laure perde le peu de repère qui lui restaient. Le club qu’il avait sélectionné, ils le fréquentaient souvent, en couple. Cela faisait deux ans qu’ils sortaient régulièrement dans les boites libertines de la région, et cela avait dopé leur couple. En voyeurs d’abord, puis incidemment, ils avaient poursuivi leur initiation en donnant dans le mélangisme. Quel plaisir de de voir les autres, que d’être vus, de toucher, de caresser… tout en réservant l’exclusivité du calin à sa tendre moitié. Si Laure était au départ très timide, elle s’était révélée au fur et à mesure d’un tempéramment de braises.

Un coup de fil avant de partir, avait suffit pour annoncer leur arrivée. Il avait demandé à ce qu’il leur soit réservé un salon particulier. Le patron était emballé par ce qui lui avait été annoncé, et il avait promis que tout serait mis en oeuvre pour que la soirée soit réussie.

Laure quand à elle, n’avait rien d’autre à faire qu’à penser. Où allaient-ils ? Les minutes s’égrenaient, lentement. Elle avait l’impression que le voyage n’en finirait jamais. Le manque de confort, l’obscurité, ses membres qui s’enkylosaient de par sa position… Tout contribuait à la maintenir dans un état d’inquiétude permanent. Ce n’est qu’au bout d’un trajet interminable que le véhicule s’arrêta enfin. Elle ne savait si elle devait s’en réjouir ou s’en inquiéter. Au moins, tout valait mieux que l’incertitude se dit-elle.

L’inconnu vint lui ouvrir le coffre, et l’aida à en sortir. Laure eut bien du mal a retrouver un équilibre après pareil périple.

– Où est mo mari ? demanda-t-elle d’une voix anxieuse

– Ne vous inquiétez pas, il n’est pas loin. Quelques petits détails à règler je suppose. C’est moi qui vais vous accompagner Laure. Suivez moi, et soyez sans crainte.

C’est par la petite porte dérobée qu’ils entrèrent dans le club, Laure toujours privée de la vue suivant son guide. Le suspens devait être ménagé jusqu’au bout, elle ne devait pas savoir où elle était. Une douce musique d’ambiance était diffusée, créant une atmosphère chargée de sensualité.

– Voilà donc notre invitée dit une voix féminine que Laure ne connaissait pas. Hummmmm très jolie ! Mais elle doit avoir chaud avec ce manteau. Ajouta-t-elle en le lui retirant.

Les joues de Laure s’empourprèrent à l’idée du spectacle qu’elle offrait. Entièrement nue, uniquement parée de son porte-jarretelles et de ses bas…

– Hé bien… Je sens que l’on ne va pas s’ennuyer ce soir. Je vais t’emmener Laure, j’ai reçu l’ordre de te préparer. Viens avec moi, monsieur saura bien s’occuper en attendant, je lui fais confiance !

Elle emmena la jeune femme dans un salon en retrait, dans lequel trônait un lit à barreaux.

– Voilà, nous y sommes. Allonge-toi là… Oui, comme ça ! Tu as la peau douce tu sais… Je te dévorerais bien déjà maintenant… dit-elle en approchant sa bouche des lèvres intimes de Laure.

Rien que le souffle chaud de la jeune femme la tétanisa. Elle n’était plus que sensations, et frissonnait de désir. Mais non, déjà l’inconnue s’était éloignée, et s’occupait de sangler soigneusement les poignets et les chevilles de sa protégée. Elle lui glissa ensuite un coussin sous les reins.

– Hum, quel spectacle tu offres ! Et puis zut… tu me plais trop…

Prestemment, elle monta sur le lit, présentant son intimité au-dessus de la bouche de Laure.

– Fais-moi du bien ma chérie… Je veux sentir ta langue au fond de moi… Ouiiiiiiiiiii comme ça… N’arrête pas… Hummmmmmmm tu me rends folle… Je vais jouiiiiiiiiiiiirrrrrrrrrrrrrrrrrr hurla-t-elle en se cabrant, les mains agrippées à la longue chevelure de son amante improvisée.

Elle s’allongea à coté de Laure, léchant doucement les lèvres luisantes de son propre plaisir.

– Maintenant, je vais détacher ton bandeau. Ton mari souhaite que tu voies désormais tout ce qu’il va t’arriver. Ne t’inquiète pas, il est là, il ne voudrait rater pour rien au monde ce qui va se passer. Il m’a chargé de te dire que si quelque chose ne te convenait pas, tu n’aurais qu’à prononcer le mot magique…

Laure retrouva la vue subitement, ses yeux privés trop longtemps de toute lumière furent agressés par celle tamisée de l’endroit. La pièce était tendue de velours, et au plafond était un immense miroir. Elle y voyait son image de femme offerte, écartelée, attendant l’ultime sacrifice. Elle était une offrande, mais elle ignorait qui allait procédé au rituel. Le désir brûlait ses veines comme jamais encore auparavant. Elle avait l’impression d’être un volcan dont la lave s’apprêtait à couler.

Depuis combien de temps était-elle dans l’attente, elle ne le savait plus. Laure avait décidé de lâcher prise, et d’arrêter de lutter contre ses angoisses. Elle n’était plus désormais que sensations, et ce n’était pas pour lui déplaire. Elle savourait encore le délicieux goût du plaisir de sa furtive compagne de jeu. Elle avait très souvent fantasmé sur une relation féminine, et ce qu’elle avait entre-aperçu lui avait plu au-delà de toute espérance. Elle regrettait surtout de ne pas avoir eu plus de temps… Mais au fond d’elle, elle savait déjà qu’elles se retrouveraient rapidement.

D’où elle était installée, elle ne pouvait rien voir, si ce n’est son corps offert dans le miroir du plafond. La porte se situait derrière elle… Elle l’entendit s’ouvrir, puis perçut des chuchotements. Hommes, femmes, elle ne le savait pas. Son mari était-il là ? Il lui sembla que oui, mais elle n’en était pas sûre. Dans le miroir, elle vit deux sihouettes masculines s’approcher d’elle, ce qui la fit frissonner de plaisir. Toutes ses craintes s’étaient envolées. Elle crut mourir de plaisir en sentant quatre mains caresser son corps tendu, parcourir son ventre, ses seins avant que de redescendre le long de ses jambes écartelées, évitant soigneusement son intimité offerte. Elle sentit les bouches chaudes et humides savourer chaque parcelle de sa peau, remontant sur ses hanches, pour enfin aller s’occuper de ses tétons durcis par le désir. Ces deux hommes la rendaient folle, elle ne se reconnaissait plus. Elle n’était plus que spasmes et gémissements rauques, pantin de chair entre les mains expertes de ses amants.

C’est ce moment que son mari choisit pour s’approcher. Doucement, sa main vint caresser sa joue, un doigt parcourant délicatement les lèvres entrouvertes de Laure. Il l’embrassa tendrement, et s’installa confortablement à l’écart, pour profiter du spectacle. Qu’elle était belle, dans l’animalité de son désir, de son plaisir. Il plongea son regard dans ses yeux, et ce fut comme s’il vivait en même temps qu’elle la montée des sensations qui l’envahissaient. Les deux hommes la caressaient toujours, poussant un peu plus avant leurs explorations, faisant graduellement monter le plaisir, sans pour autant passer à quelque chose de plus consistant. Et pourtant, ils bandaient comme des fous… Mais dans l’immédiat, c’était son plaisir à elle qui leur importait. On leur avait demandé de la rendre folle, d’exacerber ses sens, de l’amener aux plus extrêmes limites du désir, et c’est ce à quoi ils s’employaient.

Les caresses étaient de plus en plus appuyées, des doigts de plus en plus fureteurs. Laure, le regard toujours rivé à celui de son époux en était à supplier…

– Hummm que c’est bon… Je vous en prie… Encore… Ouiiiiiiiii… Prenez moi ! Je coule, je fonds…

Mais rien n’y fit… Elle n’aurait rien de plus consistant pour l’instant. La jeune femme qui l’avait installée revint, et après avoir déposé un léger baiser sur les lèvres de Laure, vint s’installer à côté d’elle.

– Je vais te rendre le plaisir que tu m’as donné tout à l’heure ma belle, lui dit-elle. J’ai envie de toi depuis que je t’ai vue. Hum… tes seins… quel délice, ajouta-t-elle en faisant rouler le téton entre ses lèvres. Je vais lècher chaque centimètre carré de ta peau, te déguster à petites bouchées, jusqu’à ce que tu demandes grâce. Comme cela… hummmm !!

Tout le corps de Laure se tendit tandis que sa compagne plongeait entre ses cuisses et c’est avec bonheur qu’elle accueillit sa langue curieuse, d’abord sur ses lèvres intimes, puis au plus profond d’elle. La tendre fleur de corail rose s’ouvrit sous les caresses, libérant un nectar d’une douceur incomparable. Il lui sembla qu’elle allait mourir de plaisir… L’un des deux hommes s’était approché de sa bouche, et c’est avec bonheur qu’elle avala le sexe dressé, s’étouffant à l’engloutir du mieux qu’elle le pouvait. Son mari la fixait toujours, caressant d’une main son sexe durcit par le désir. Des spectateurs arrivaient, attirés par les gémissements de plus en plus forts.

– Regardez… Cette superbe salope qui aime tant sucer, c’est ma femme ! dit-il fièrement. Tu aimes ça ma chérie, hein ? Hummm vas-y, avale-le… Il te baise la bouche pendant que tu prends ton pied à te faire lécher par une femme… Que tu es belle comme ça…

Se rapprochant, il lui murmura à l’oreille

– Je t’aime mon amour, et tu ne perds rien pour attendre…

Il pris la place de l’homme dans la bouche de sa femme, ne la ménageant pas. Ce dernier, proche de l’orgasme, se branlat vigoureusement au-dessus des seins de la belle.

– Hummmm que tu es bonne… Je vais venir… Ouiiiiiiiii ! hurla-t-il en lâchant son sperme épais sur la poitrine généreuse d’une Laure en transes secouée par un orgasme terrible.

Sa complice s’écroula sur elle, terrassée elle aussi par un plaisir fulgurant, tandis que son amant du moment vint lui aussi, éjaculer sur les seins de Laure. Elle sentait ses forces la quitter, tant les émotions l’avaient épuisée, mais son mari n’en avait pas fini avec elle. Il lui accorda néanmoins une pause. La soirée n’était pas terminée, il lui fallait reprendre des forces. Il se réservait pour plus tard, il voulait porter lui-même l’estoquade finale.

– Si nous allions nous détendre dans le jacuzzi, lui suggéra-t-il. Tu as mérité un peu de repos mon amour.

Avec délicatesse, il défit les liens qui la maintenaient. Elle en profita aussitôt pour enlacer sa douce amante. Corps contre le corps, seins contre seins, elles s’embrassèrent à en perdre haleine, avec une infinie tendresse.

– Ton mari a raison ma douce, allons profiter des bienfaits de l’eau chaude… Je suis fourbue…

Laure et sa complice apprécièrent avec un plaisir non dissimulé ce moment de détente aquatique. L’eau chaude et les massages produirent sur elles un vrai petit miracle. En peu de temps, elles retrouvèrent leur forme première, et les caresses coquines reprirent… Les gestes redevinrent lascifs, fureteurs, caressants, pour la plus grande joie des personnes les entourant. Le mari de Laure ne les avait pas suivies, occupé qu’il était par le bon déroulement de la soirée. Elle était à la fois inquiète et excitée. Que lui réservait-il encore ? A ses interrogations, sa compagne avait répondu en riant. Elle savait, c’était certain, mais ne dirait rien… Après tout, Laure n’avait pas eu à se plaindre jusqu’à présent, il n’y avait aucune raison pour que cela change. Songeuse, elle s’abandonna aux mains douces et expertes de sa complice d’un soir, cédant une fois de plus à l’appel de la chair. Mais cette fois, point d’orgasme à la clé. Si son amie s’occupa de l’exciter, elle refusa de lui procurer le plaisir libérateur. Ce supplice de Tentale rendit bientôt la belle suppliante et prête à tout.

– Ma chérie, il est temps maintenant d’entamer le dernier acte de la soirée, murmura la jeune femme à une Laure complètement chavirée.

– Tout ce que tu veux, mais ne me laisse pas dans cet état, par pitié !

– Ne t’inquiète pas… Tu n’auras pas à le regretter. Allez… dit-elle en lui tendant la main pour l’aider à sortir de l’eau. Viens ici, je vais te sécher… Humm ta peau est douce…

Les mains agiles parcouraient le corps de Laure, faisant passer la servitte chaude jusque dans les moindres recoins de son anatomie, exacerbant encore un peu plus le désir à vif de la belle.

– Maintenant suis-moi… Je vais finir de te préparer.

Elle l’emmena à l’étage et lui banda les yeux avant de la faire pénétrer dans une vaste pièce, dont les meubles étaient assez particuliers… Une croix de St André, un cheval d’arçon, un carcan et… une table gynécologique la meublaient. Une desserte garnie d’accessoires en tout genre était prête. Martinets, pinces, godes, spéculum, une multitude d’objets attendaient là d’être utilisés.

Elle fit allonger Laure sur la table, et sangla les jambes dans les étriers.

– Ton mari te veut entièrement lisse… Il m’a demandé de te raser et c’est ce que je vais faire. Là… j’applique la mousse, ajouta-t-elle en caressant le sexe offert.

Laure ne put réprimer un gémissement lorsque la lame froide glissa sur son mont de Vénus. Elle sentait ses dernière barrières s’écrouler, au fur et à mesure que le rasoir passait et repassait. L’indécence de la situation et surtout le plaisir qu’elle en tirait la rendait honteuse. Ayant terminé sa tâche, son amie caressa la fente glabre, à la recherche de poils oubliés.

– Mais dis donc… On dirait que cette petite séance t’a fait de l’effet ! Tu mouilles encore ma jolie petite salope…

Elle lui détacha les chevilles, et l’aida à descendre de la table.

– Voilà, tu es presque prête. Maintenant, tu vas te mettre à genoux… Oui, comme ça. Ecarte les cuisses… Un peu plus… Tête haute… Là, c’est bien. Mets tes mains derrière la tête… Parfait.

Elle s’approcha, et après lui avoir effleuré la joue du dos de la main, posa autour du cou gracile un large collier de cuir muni de trois anneaux. Laure sentit un frisson parcourir son dos alors que l’objet se refermait sa nuque. Tout ceci l’excitait d’une manière incroyable… Elle entendit des bruits de pas s’approcher, puis son amie dire

– Elle est prête… Je vous souhaite une bonne fin de soirée.

Les bruits de pas se rapprochèrent, et une voix grave retentit

– Votre conduite ce soir, madame, a été déplorable… Vous vous êtes comportée comme une chienne en chaleur ! Qu’avez-vous à dire pour votre défense ?

Surprise, Laure tenta de se défendre du mieux qu’elle put, arguant que tout cela avait été arrangé par son époux.

– Que votre mari provoque des événements est une chose, que vous en profitiez pour vous rouler dans la fange, en est une autre ! Votre conduite est inqualifiable, et mérite un châtiement. Vous repentez-vous ?

– Oui, lança Laure dans un souffle. Je vous promets que cela n’arrivera plus.

– Vous vous moquez de moi ? Votre corps vous trahit madame… Vos belles paroles sont une chose, mais votre sexe luisant dit le contraire… Vous transpirez la luxure !

La main de l’homme caressa l’intimité détrempée de Laure, pour revenir ensuite devant les lèvres de la jeune femme.

– Ouvre la bouche, et nettoie mes doigts… On ne mouille pas comme cela lorsque l’on est une honnête épouse ! Ton mari a eu raison de me confier ton éducation, il est tant que quelqu’un te prenne en mains.

S’emparant d’un martinet, il entreprit de fouetter Laure. Les fesses d’abord, assez rapidement, puis les seins et le dos. Des gémissements sans fin s’échappaient des lèvres de la belle. Ses tétons durcis pointaient avec arrogance… Force fut de constater que la punition n’en était pas vraiment une.

Coups francs


C’en était trop… Cette fois, il avait dépassé toutes les limites. Jeanne n’en revenait encore pas de la goujaterie de son mari. Quinze ans qu’ils étaient mariés, et s’il n’était pas un modèle de délicatesse, il avait sur rester dans certaines limites de correction. Mais là… Il avait osé lui refaire le match France-Espagne au lit ! Dopé qu’il était par la victoire, par deux fois il l’avait prise sans ménagement, hurlant comme un fou « buuuuuuuuuuttttttttttt » au moment de l’orgasme. Enfin, de son orgasme à lui, parce qu’elle avait fait ceinture, la pauvre !

C’était plus qu’elle ne pouvait en supporter. Quinze ans qu’elle supportait les matchs à la télé, les canettes vides qui traînent partout le lendemain matin, la pizza froide collée sur la table du salon, et surtout, la panoplie du parfait supporter accrochée au mur de la chambre, juste en face du lit conjugal. Sa vie de couple était devenue un cauchemar. Elle avait eu un bref espoir, lorsqu’en début de compétition, l’équipe de France avait fait match nul face à la Suisse… Ils allaient être éliminés très vite, et sa vie reprendrait un semblant de normalité ! Mais sa joie avait été de courte durée ! Marco devenait chaque jour plus enragé, au fur et à mesure que les chances de ses héros d’aller en finale s’affirmaient. Il ne parlait plus que de cela, vivait pour cela, respirait pour cela, et depuis peu, baisait aussi pour cela. Hé oui, on ne pouvait même pas appeler cela faire l’amour ! Tout au plus de la baise, primaire, brutale et sans âme.

Le constat que Jeanne faisait n’était pas mirobolant. Elle n’avait rien dit lorsqu’il lui avait annoncé qu’en guise de vacances, cette année ils partiraient un mois en Allemagne plutôt que sur la Côte. Rien dit non plus quand elle su qu’ils devraient se contenter du confort sommaire d’un modeste camping, parce que tout le budget « vacances » était englouti par l’achat des billets de match. Elle avait supporté encore lorsqu’il avait exigé que sa tenue fétiche soit nickel à chaque rencontre. Aucune tâche, aucun pli n’étaient tolérés ! Leurs vacances étaient pour elle l’équivalent d’un mois de goulag. Et que dire des copains avec qui il arrosait la victoire ! Ils empestaient la bière, et devisaient grossièrement tout en rotant !

Elle repensait à tout cela en faisant les courses ce matin. Marco n’avait pas pu l’accompagner, il fallait qu’il fasse l’analyse du match de la veille avec ses potes. Aussi était-elle partie seule. Elle ne le regrettait pas, au moins avait-elle un peu de tranquillité ! Une heure sans entendre parler de ballon rond, c’était pour elle une petite victoire.

Une fois son approvisionnement terminé, les courses rangées sans la voiture, Jeanne décida de visiter un peu la ville. Après tout, un peu de tourisme ne pourrait pas nuire, bien au contraire. Déambulant au hasard des rues et ruelles, elle découvrit une cité charmante, avec des maisons de caractère, et perdit rapidement toute notion du temps. Elle finit par se retrouver devant un immense bâtiment, fraîchement rénové. Jeanne feuilleta son guide de la ville, afin de chercher quel pouvait être ce lieu, et tomba rapidement une réponse à sa question. Il s’agissait d’un bordel grand luxe, ouvert spécialement pour la Coupe du Monde… Sa curiosité la poussa à lire en détail ce qu’il en était dit. « Comportant un sauna, un jacuzzi et de nombreuses chambres à thèmes, l’Artémis saura satisfaire vos moindres envies » précisait la brochure. Puis, en bas et en petits caractères, figurait une précision qui laissa Jeanne songeuse. « Mesdames, vous rêvez d’une soirée de volupté et de plaisir, nous avons pensé à vous. Nous vous proposons de réalisez vos fantasmes dans le luxe et la sécurité lors de nos soirées gratuites » et suivaient quelques dates, dont celle du jour même.

Les jambes de Jeanne tremblaient, son esprit était en ébullition. Elle sentait dans son ventre grandir une boule de feu qui la ravageait. Depuis combien de temps n’avait-elle pas pris son pied ? Elle n’en avait même aucune idée, tellement ça remontait à loin ! Et ses fantasmes… Marco ne lui avait jamais demandé ce qu’ils pouvaient être… Mais savait-il seulement ce que cela pouvait signifier ? Elle en doutait ! Pour lui, l’acte charnel se résumait en quatre ou cinq allers-retours compulsifs avant l’éjaculation. Il lui déposait (dans le meilleur des cas) un baiser sur le front et se retournait pour ronfler. Quinze ans de ce traitement, quinze ans que son corps attendait que l’on s’occupe dignement de lui… C’était décidé, ce soir Jeanne viendrait ici, et advienne que pourra ! Ca ne pourrait pas être pire qu’avec Marco de toute façon.

Toute la journée, Jeanna fut fébrile, vaquant à ses tâches journalières comme si de rien n’était pour ne pas attirer l’attention de Marco. Celui-ci, comme à son habitude avait passé une partie de sa journée à « analyser » L’Equipe, et à faire des pronostiques avec ses copains. Occupation on ne peut plus passionnante, vous en conviendrez ! Tout juste s’il avait levé le nez de son journal quand elle lui avait annoncé qu’elle sortait avec une amie pour aller au cinéma. En grognant, il lui avait donné son accord…

Après une bonne douche, elle avait opté pour une tenue d’été légère, sobre, mais sexy. Une petite robe noire, courte et des sandales assorties à talons hauts. Rien ne devait laisser soupçonner ce qu’elle s’apprêtait à faire. Un maquillage discret mettait son visage fin en valeur, et elle avait relevé ses longs cheveux bruns en un chignon lâche, duquel s’échappaient quelques mèches folles.

C’était parti… Elle se gara à proximité de l’Artémis. Décidément, ces allemands avaient tout prévu ! Quelle organisation… Son cœur battait la chamade, et ses jambes tremblaient lorsqu’elle se décida à pousser la porte de l’établissement. Un réceptionniste l’accueillit chaleureusement, et l’accompagna jusqu’à un salon cossu, où d’autres jeunes femmes étaient installées. Un verre lui fut offert en guise de bienvenue, ainsi qu’une brochure détaillant tous les services offerts par la maison. Ainsi, en sous-sol se trouvaient le sauna et le hammam, et elle imaginait que ce pourrait être un bon moyen pour se détendre. La brochure indiquait également une piscine, un salon de massage, des salles de cinéma et un restaurant. Elle ne s’attendait pas à autant de choix… Pour tout dire, elle se sentait même un peu perdue !

« Mes hommages, madame »

Devant elle se tenait un homme d’une quarantaine d’années, très grands, les tempes grisonnantes.

« Je me suis permis de vous observer, et vous me semblez perdue. Le laisserez-vous vous faire l’honneur des lieux ? Oh, mais je manque à tous mes devoirs… Je ne me suis pas présenté. Pierre G. pour vous servir ! »

Jeanne ne savait plus quoi penser… Les joues empourprées, elle ne savait que répondre. Elle se faisait l’effet d’une petite fille prise en faute. Elle bredouilla quelques mots parmi lesquels son prénom.

« N’ayez pas peur, vous ne risquez rien avec moi jolie dame… Vous êtes venue ici pour passer une agréable soirée, alors laissez-moi vous y aider, dans la mesure de mes moyens. Que pensez-vous d’une visite des lieux, et ensuite vous vous déciderez ! »

Elle découvrit avec un plaisir non dissimulé tous les trésors que cachait l’endroit. Partout, des tapis épais, des banquettes moelleuses sur lesquelles des couples s’ébattaient. Des alcôves permettaient à ceux qui le désiraient de s’isoler un peu, tout en restant en partie visibles. Pierre l’avait questionnée longuement sur ses envies, ses fantasmes inavoués, et elle s’était livrée comme jamais auparavant. Elle avait confiance en lui, et lui avait raconté l’inavouable. Ses désirs de brutalité, de bestialité… Comment elle aimerait être livrée à des mâles en rut, être l’objet de leur désir. Elle qui ne connaissait avec Marco que le missionnaire dans le noir, rêvait de levrette, de sodomie, de double pénétrations… Rien que d’en parler, elle en avait mouillé sa petite culotte ! Ils étaient assis au bar et la main de Pierre posée sur sa cuisse, caressait l’étoffe légère de la robe, la faisant doucement remonter sur la chair dorée. Cette femme le rendait fou par sa fragilité. Elle avait quelque chose d’enfantin qui l’émouvait.

« Et si je vous proposais maintenant, de réaliser vos fantasmes, Jeanne ? Me feriez-vous confiance ? » Lui demanda-t-il.

Après une brève seconde d’hésitation, elle murmura un oui timide, en baissant les yeux.

« Bien, suivez-moi alors, n’ayez pas peur… Je ne veux que votre plaisir ! »

La prenant par la main, il l’emmena dans un dédale de couloirs capitonnés. Des gémissements se faisaient entendre, étouffés, mais au combien excitant pour la jeune femme.

Ils arrivèrent dans une grande chambre tendue de velours pourpre. En son centre, un lit immense, pourpre lui aussi. Pierre prit un bandeau dans sa poche, et lui banda les yeux, tout en lui parlant. Il lui dit combien elle était belle et désirable, comment elle allait prendre du plaisir, plus qu’elle ne l’imaginerait jamais. Doucement, il fit tomber les bretelles de la fine robe, et elle apparut dans toute sa splendeur, le corps doré par le soleil, juste vêtue de son string blanc. Il fit courir son majeur sur l’étoffe humide, longeant les lèvres.

«Garde tes sandales…  N’aies pas peur, suis-moi » lui dit-il en lui prenant la main.

Il la guida jusqu’au lit, et l’y installa.

« Détends toi, fais le vide dans ta tête. Tu vas avoir une soirée de reine ma belle… Je vais commencer par te masser le dos… Comme ça… Tu aimes ? »

Doucement, Jeanne se laissa aller, et s’abandonna aux mains douces et expertes de Pierre. Elles pétrissaient son dos, ses cuisses et lui procuraient un bien être extraordinaires. Etre privée de la vue lui permettait de faire fonctionner son imaginaire, et ça la mettait dans un état d’excitation terrible. Des voyeurs devaient être en train de l’observer, elle en était sûre ! Elle les imaginait en train de mater, la queue à la main, bandant pour elle et ça la rendait folle. Alors qu’il l’aidait à se remettre sur le dos, Pierre constata que l’auréole du string s’était élargie, et sourit. Elle était à point… Il se pencha vers son oreille et lui murmura :

« Et maintenant, que la fête commence… Tu vas jouir que cela ne t’est jamais arrivé. Tu rêvais d’être livrée à des mâles en rut ? Et bien soit… Je t’en ai trouvé qui devraient te satisfaire. Tu vas être à eux pour toute la nuit, jusqu’à ce que tu tombes d’épuisement… Cela te convient-il ? »

Le feu du désir dévorait ses entrailles, et c’est dans un cri qu’elle dit le oui tant attendu. Son corps, trop longtemps endormi se réveillait, et réclamait son dû. Le sevrage avait été trop long.

Trois hommes entrèrent dans la pièce. Tous grands et bien bâtis, leur peau huilée mettait en valeur leurs muscles. Jeanne sentit bientôt son corps parcouru de six mains. Les caresses étaient partout à la fois, ne lui laissant aucun répit. Une langue douce et chaude parcourait sa fente par-dessus le tissu trempé de son string, tandis qu’une bite forçait sa bouche. Pierre était toujours à ses côtés, lui murmurant des paroles rassurantes à l’oreille, et dirigeant la scène.

« Hum, tu aimes ça, hein… Une bite dans chaque main, une dans la bouche… Vas-y, donne-toi petite salope… Libère-toi ! Tu es une jouisseuse, alors profites-en… »

Jeanne n’était plus elle-même. Suçant, branlant, elle était dans un état second. De femme, elle était passée à l’état de femelle en chaleur. Elle projetait son bassin à la rencontre d’un sexe qui se faisait attendre. Dans un râle de poitrine, elle dit

« Je vous en prie, baisez-moi ! J’en peux plus… »

Dans sa tête, elle s’imaginait assaillie par une équipe de football… Ha Marco aimait le foot ! Très bien, elle aussi, mais pas de la même manière ! Ils allaient tous la baiser, même les remplaçants !

Une bite l’envahit jusqu’au fin fond de sa matrice, l’ouvrant en deux, comme elle l’avait rarement été, tandis qu’une autre baisait sa bouche. Ses mains branlaient du mieux qu’elles pouvaient les deux autres membres. D’autres hommes les regardaient, en cercle autour du lit, la bite à la main. Les appels de Jeanne n’étaient pas passés inaperçus, et avaient rameuté les mâles qui passaient par là. Déjà l’homme qui la pilonnait avait cédé sa place à un autre, après avoir craché dans son préservatif. Il vida celui-ci, étalant le foutre chaud sur les seins de Jeanne. Ils se succédèrent ainsi de longs moments, qui dans sa chatte, qui dans son cul, qui dans sa bouche, jusqu’à ce qu’elle demande grâce… Epuisée, elle était à la limite de la défaillance. Pierre renvoya immédiatement tout le monde, et s’occupa de lui couler un bain mousseux. Il la porta dans la baignoire, et pris soin d’elle avec beaucoup de tendresse. Il la lava, la sécha, avant de la coucher. Elle n’avait plus conscience de rien, flottait dans un monde parallèle. Elle était fourbue mais heureuse comme elle ne l’avait jamais été. Pierre la pris dans ses bras pour calmer les derniers soubresauts de son corps, et l’entendit prononcer quelque chose qu’il ne comprit pas…

« Ha quel beau match, on a fini aux tirs au but mon chéri ! »

Mais qu’avait-elle voulu dire ?

Au même moment sous sa tente, Marco râlait…

« Mais qu’est-ce qu’elle a foutu du pack de bière ? Ha ces bonnes femmes, toutes bonnes à rien, j’vous jure ! »

Texte écrit spécialement pour le concours de nouvelles de « Story and the City », sur le thème de la coupe du monde de football 2006

Je vous veux…


Que vous êtes belle dans cet abandon, votre douce corolle de nacre irisée, lèvres perlées de rosée succulente… C’est de la pointe de ma langue que j’aimerais vous déguster. Doucement, méthodiquement, vous laper, vous faire gémir, voir votre corps secoué de délicieux spasmes de plaisir. Vous entendre me supplier de vous donner du plaisir. Puis de mes doigts, écarter doucement le délicat coquillage, boire à la source miraculeuse votre jouissance. Vous faire gouter, sur mes lèvres, les saveurs musquées de votre intimité.

Et là, délicatement, tout en douceur, insérer un à un mes doigts en vous, au plus profond. Deux d’abord, puis, caressant vos parois chaudes et veloutées, vous sentir vous ouvrir à moi, m’espérer, m’appeler. Quatre doigts vous fouillent tandis que ma langue s’enroule autour de votre bouton de rose gorgé de sucs. Je vous sens sur le point d’exploser… Je resserre mes doigts, et presque sans effort, vous absorbez ma main. Doucement, mes doigts viennent caresser vos profondeurs les plus secrètes, vous arrachant des cris de plaisir intense. Sans relâche, je vous baise avec ma main, je vous bois avec ma bouche, je veux tout de vous, jusqu’au dernier râle. Votre sexe pulse sur mon poignet, tandis que votre corps s’arc-boute dans un dernier sursaut. Je me délecte de votre jouissance avec une gourmandise rare, avant que de vous embrasser voluptueusement. Sentir votre corps se détendre contre moi, frémir, pour enfin s’alanguir dans mes bras pour l’abandon suprême.

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Crédit dessin Anthony Micallev

Une inconnue


Il émanait d’elle une sensualité chaude comme le halo du soleil printanier. Le vent jouait à faire virevolter la jupe ample, découvrant par instant, de longues jambes voilées. Elle déambulait, insouciante

J’imaginai alors la chaleur de sa peau ambrée, au travers de la soie. En une fraction de seconde mon imagination m’emmena loin, très loin… Mes mains glissaient, caressaient délicatement, tirant à la belle inconnue des soupirs voluptueux. Ma bouche les suivait, remontant le mollet, flânant au creux d’un genou, en quête d’une source qui saurait apaiser sa soif. Délicatement, je la troussai avant de me figer, émue au possible par le tableau qui s’offrit à mes yeux. La chair nue de ses cuisses me fascinait, m’appelait. Délicieuse tentation, tentatrice offrande.

Au travers du voile noir qui parait sa toison, j’imaginais cette blessure intime, frémissante de déverser des larmes de bonheur. Ô ma belle inconnue, je te veux douce et frémissante entre mes bras, je veux sentir ton souffle sur mon cou, tes seins se tendre sous mes caresses… Te faire connaître à la fois le paradis et l’enfer en une même étreinte. Te faire sourire, te faire gémir, te faire jouir…

Un klaxon me ramène à la raison… L’inconnue a traversé la rue, à petits pas sur ses talons hauts, jupe toujours virevoltante. S’est-elle douté de tout ce qu’elle m’a inspiré en quelques secondes ?

A mourir de plaisir


Un merci particulier à Dame, qui par sa note d’hier, m’a inspiré l’idée de celle-ci… On dirait que ma panne d’inspiration est finie…

Peau douce et veloutée, frémissante, affolée par les effleurements arrivant de toutes parts. De la pulpe de mes doigts, je redessine la carte du tendre… De la pointe de la langue, je provoque cette douce extase si ennivrante… De tout cela le plaisir naît, brillant comme un diamant brut, doux comme le plus sucré des miels, parfumé comme le plus ennivrant des muscs, puissant comme une lame de fond dans une mer déchainée. De vos lèvres s’exhalent quelques plaintes, superbes râles de poitrine, à mes oreilles le plus beau chant d’amour qu’il soit donné d’entendre.

Vous entendre ainsi chanter votre désir est pour moi la plus belle récompense, vous m’envoûtez, tandis que je m’ennivre des parfums de votre corps. Je lappe votre nuque gracile et délicate, descendant lentement sur votre cou, votre gorge, du bout de la langue, du bout des dents… Vous êtes ma tendre captive et, de désir je vous veux frissonnante, suppliante, prête à fondre sous mes caresses, prête à mourir de plaisir aux creux de mes bras.Vos seins, adorables rondeurs à la blancheur nacrée, sont en eux-mêmes un appel à l’amour. On les croirait de porcelaine, fragiles, mais en même temps si forts, de par leur arrogance érigée… J’ai envie à la fois de les lécher, délicatement, comme on le ferait d’une glace aux saveurs parfumées, mais aussi de les croquer à pleine dents, comme des fruits trop mûrs qui s’offriraient à la faim insatiable que j’ai de vous.

Vos cris sont de plus en plus rauques, votre voix de plus en plus suppliante. Les battements désordonnés de votre coeur révèlent l’état dans lequel vous vous trouvez. Tandis que ma langue déguste chaque parcelle de votre peau, je remonte doucement le long de vos jambes… J’aperçois l’objet de mes délices, lové dans votre vallée des merveilles. Tendre coquillage irisé, d’où perlent quelques gouttes de bonheur intense, palpitant, attendrissant, émouvant dans son abandon ultime. C’est de là que naît le monde, et c’est aussi là que je voudrais mourir, emportée avec vous par le plaisir des sens. Mon souffle chaud sur votre perle précieuse vous arrache un cri de plaisir sans fin… On n’imagine pas la puissance que peut avoir un simple souffle… Et enfin, c’est sous ma langue qui vous lappe, sous mes lèvres qui vous dévorent dans ce que vous avez de plus intime que vous rendez les armes, dans un dernier soupir, en un cri étouffé mais au combien attendrissant. Votre corps s’amollit entre mes bras, dans l’ultime abandon de la petite mort… Qu’il est bon de mourir de plaisir…

L’Oeuvre


J’aimerais être un jouet… Votre jouet ! Ou plutôt non… Une partition compliquée, que vous joueriez à quatre mains. Pleine de noires, de blanches, de croches et doubles croches, à jouer sans anicroches pour obtenir un air  prenant, envoûtant et entêtant.

Qu’une savante orchestration mette en valeur et la voix, et l’accompagnement, que d’une voix rauque, alanguie par le plaisir, j’en fredonne la mélodie voluptueuse et capiteuse. Que mes cris prennent une envolée lyrique tandis que de vos doigts, de vos mains vous frapperez la mesure.

Je serai un jouet sans aucune volonté, si ce n’est celle de totalement vous satisfaire. Assoiffée, affamée, je m’offrirai corps et âme à vous deux réunis. Modelez mon corps comme bon vous semblera, il est fait d’une glaise qui se prête à cela. Qu’à la fin de la nuit, quand l’aube pointera, je sois l’œuvre… VOTRE ŒUVRE… pour notre plus grande joie…