Directrice de collection – Editions Dominique Leroy


C’est en août 2011 qu’est née la collection e-ros (nouvelles érotiques publiées en format numérique) des éditions Dominique Leroy. Dirigée par ChocolatCannelle, elle s’est développée au fil des ans, permettant à des auteurs débutants -dont j’étais- et à d’autres plus confirmés de voir leurs textes publiés en ebooks. Une autre collection est née plus récemment De fil et de soie, consacrée aux récits publiés par épisodes.

ChocolatCannelle a été, durant 5 ans, une directrice de collection attentive mais exigeante. C’est exactement cela qui garanti aux lecteurs des livres de qualité et aux auteurs d’être guidés du mieux possible pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Il y a quelque temps, elle m’a contactée par mail pour m’annoncer sa décision de se retirer, et du fait qu’elle avait pensé que je pouvais la remplacer dans ses fonctions -ce qui avait été validé par l’éditrice. J’avoue avoir ressenti de la fierté, puis des doutes… Serais-je à la hauteur ? Littérairement parlant, je n’avais pas d’inquiétude, mais techniquement… Quelques échanges m’ayant rassurée, j’ai fini par accepter.

Début septembre, je prendrai donc la direction des collections précédemment dirigées par ChocolatCannelle. Je remercie Dominique Leroy pour sa confiance et ferai mon maximum pour être à la hauteur de la tâche. Quant aux auteurs et illustrateurs actuels, j’espère qu’ils seront patients et compréhensifs car il va falloir que je fasse mon apprentissage 😉 J’espère que d’autres talents viendront enrichir ces belles collections, j’y travaillerai.

Et maintenant… Au travail ! Belle rentrée à tous.

 

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Au programme de l’été : boucler mon roman


Il est en chantier depuis pas mal d’années ce roman. C’est un peu l’arlésienne, j’en parle, j’y travaille, puis je passe à autre chose mais sans l’oublier. Que sera-t-il donc ?

Un érotique fortement teinté de sadomasochisme (pas de BDSM, puisque la consensualité sera aux abonnés absents), que voulez-vous, on ne se refait pas. Et c’est là que j’innove car je quitte le chemin sécurisé des belles histoires pleines de bons sentiments pour l’inconnu des sentiers insécures, les méandres de la noirceur de l’âme humaine. Ce projet est déjà plus qu’avancé, et je vais plancher tout l’été afin d’avoir un manuscrit terminé à la rentrée. À raison d’un chapitre par jour (soit environ 6 pages si je veux garder les proportions actuelles), c’est tout à fait jouable et me laisse même de la marge pour la relecture et les corrections.

Ce récit porte actuellement le nom de La traversée du miroir. Je ne donnerai pas d’explication sur ce choix qui devrait apparaître naturel aux lecteurs (si le texte est édité un jour, ce qui est une autre paire de manches). En attendant, et parce qu’avant de plonger dans le glauque de l’histoire, je m’immerge dans des atmosphères littéraires malsaines avec quelques romans de Philippe Djian, peut-être une révision de la trilogie de Florence Dugas également, ça ne peut pas faire de mal 😉

 Pour clore ce billet, voici un petit extrait doux, qui n’est en rien révélateur de l’ambiance générale qu’aura ce texte une fois terminé, mais qui me plaît pour sa sensualité.

Je m’enhardis à découvrir son corps, osai des caresses de plus en plus intimes. Je goûtai sa peau avec ravissement, la découvrant délicieusement sucrée. Je m’abreuvai fiévreusement à sa source, jusqu’à ce que ma soif d’elle fût étanchée. À mon tour, je lui rendis ce plaisir fou qu’elle m’avait donné quelques instants auparavant. Quel bonheur ce fut de ressentir chaque frémissement, chaque spasme, d’entendre chaque plainte… J’aurais voulu me perdre à jamais dans la tiédeur moelleuse de ses chairs accueillantes pour ne plus jamais en sortir, revenir à l’état de fœtus pour mieux la posséder.

Une rencontre avec Michel Bussi


DSCN0589Depuis que j’ai découvert Michel Bussi en lisant Un avion sans elle à sa sortie, j’écumais les programmes des salons du livre de la région, à l’affût de le voir y figurer dans les listes d’auteurs invités. Aussi, lorsque L‘Est Républicain a annoncé, la semaine dernière qu’il serait aujourd’hui au siège du journal et que des lecteurs pourraient l’y rencontrer, je n’ai pas réfléchi longtemps, j’ai posé ma candidature. Après tout, Nancy n’est qu’à deux heures de route de chez moi, c’est pas la mort. Voici donc le compte-rendu de cet événement que j’ai apprécié à sa juste valeur. A la veille de mon anniversaire, je ne pouvais rêver plus joli cadeau.

Ce matin donc, accompagnée de mon mari qui avait posé un jour exprès -car lui aussi est un lecteur assidu de cet auteur et que j’avais le droit d’amener quelqu’un-, je suis donc allée à Nancy. Rendez-vous était donné par le rédacteur en chef du journal à 10 heures, et la rencontre programmée pour 11 heures.

D’après ce que j’avais vu et lu, je me faisais de Michel Bussi l’idée de de quelqu’un qui avait su rester simple malgré le succès impressionnant de ses romans en quelques années seulement. Et j’avais raison… Simple, il l’est dans sa façon de parler, d’être, dans sa générosité avec ses lecteurs. Nous étions huit lectrices sélectionnées (mon mari était le seul homme du public), ce qui a permis d’échanger en toute simplicité et avec une certaine proximité.

De nombreux sujets ont été abordés, je vais essayer d’en rendre compte assez fidèlement.

Questionné sur sa façon d’écrire, il nous a révélé qu’il n’avait pas de lieu réservé à l’écriture, il le fait un peu partout et tout le temps. S’il n’écrit pas tous les jours régulièrement, il se fixe cependant des contraintes (un chapitre par semaine, par exemple), sinon a-t-il dit, cela traîne en longueur et n’aboutit pas. Quand il est dans l’écriture d’un roman, il ne laisse personne lire quoi que ce soit tant qu’il n’a pas terminé. Ensuite, il le fait lire à des lecteurs bêta et/ou à son éditeur, et ensuite prend en compte ce qu’on lui suggère, à condition que cela soit justifié. Questionné sur son inspiration, il nous a dit ne jamais s’inspiré de faits réels, et si son idée est voisine de l’un d’eux, il s’applique alors à s’en éloigner le plus possible. Il prend beaucoup de temps pour construire la psychologie de ses personnages et à se documenter sur les lieux, en bon géographe qu’il est. L’écriture, il est tombé dedans tout petit puisque dès l’enfance, il adorait noter sur des cahiers de petites histoires qu’il imaginait. Il a juste continué de le faire, en structurant un peu plus ses histoires et en les développant. La question de l’identité, de l’enfance et de tout ce qui tourne autour de ce qui construit un être humain est vraiment au cœur de tous ses romans, mais il veille à varier les formes sous lesquelles elles se révèlent dans les différents volumes, afin de ne pas tomber dans le piège qui consisterait à sortir une recette miracle qui fonctionne pour tout. Lorsque je lui ai demandé où allait-il chercher ses idées d’intrigues très tordues, il nous a expliqué qu’en fait il ne se fixait pas d’emblée sur les ressorts tortueux, car ça ne fonctionne pas a-t-il précisé, mais partait d’une idée simple. Par exemple, pour Un avion sans elle, ce qui l’intéressait c’était de travailler une histoire dans laquelle le personnage centrale était en quête d’identité. L’échange de bébés à la maternité ayant déjà été plus qu’exploité, il a eu l’idée de ce nourrisson que personne n’avait jamais vu et dont les parents sont morts. Ensuite, il a déroulé sa pelote avec le talent qu’on lui connaît, pour nous bluffer complètement à la fin. Entre chaque roman, il prend le temps nécessaire qu’il baptise joliment « temps de deuil » avant d’entamer l’écriture du suivant. Pour laisser au premier le temps de le quitter, et de ne pas en faire une variante. Il ne se voit pas publier plus d’un roman par an, qu’il juge déjà comme un rythme élevé, privilégiant la qualité à la quantité.

A été ensuite abordée la question de la documentation. Une lectrice l’a interrogé sur la descriptions des lieux qu’il fait dans Ne lâche pas ma main, ainsi que sur les traditions, coutumes, et façon d’être des réunionnais qui sont tous plus vrais que nature. L’auteur a confirmé qu’il était allé dans l’île et s’était imprégné des lieux et des habitants dont les comportements sont très caractéristiques à la fois grâce multiplicité ethnique mais aussi par le fait qu’être îlien c’est vivre en vase clos. D’ailleurs, TF1 a récemment diffusé un sujet consacré à Michel Bussi dans un de ses JT, et on l’y voyait en repérage en Corse pour son prochain roman à paraître en 2016. Sur ce futur nouveau polar, il ne nous en a pas dit plus.

Je l’ai questionné sur une réédition de l’un de ces premiers titres, Sang famille, qui devrait paraître aux Presses de la Cité. Il n’en est pas question pour l’instant car, l’histoire évoquant un enfant un recherche de son histoire familiale, Michel Bussi ne souhaite pas qu’il génère des interférences avec Maman a tort ou le roman qu’il est écrit actuellement.

Ensuite, il a été question de savoir si des adaptations audiovisuelles étaient prévues pour les romans. En effet, il est question d’une série TV à partir de Un avion sans elle, d’un téléfilm pour un autre roman, et de cinéma pour mon préféré, Nympheas noirs. Au sujet de ce dernier, Michel Bussi a confié que c’était le seul de ses romans qu’il avait écrit en pensant au cinéma, tout en ajoutant que ce serait certainement le plus difficilement adaptable. Il a ajouté également qu’aujourd’hui, cinéma et télévision étaient extrêmement formatés et cherchaient à couler dans le moule les oeuvres dont ils avaient acheté les droits. C’est pour cela, a-t-il dit, que je prends du recul par rapport à tout cela, je m’en détache. 

Enfin, le dernier gros point important a été soulevé lorsqu’une lectrice a demandé ce que pensait Michel Bussi quand, à force de le voir dans la presse ou de voir augmenter ses ventes annuelles, on le comparait au duo Levy/Musso. Il a rappelé que ses romans n’avaient rien à voir, tant par leurs univers que par la façon dont il traitait ses histoires. Et de rappeler qu’en France, il y avait une méfiance vis à vis de ce qui fonctionne bien, une certaine forme d’élitisme qui tend à snober ce qui est populaire. Justement, j’ai lu récemment le dernier Lupin de Maurice Leblanc, et dans la préface, il est évoqué à quel point l’auteur a été méprisé par les élites littéraires parisiennes jusque dans les années 30, où là les mêmes sont venus lui dire qu’ils seraient honorés qu’il accepte leur invitation dans leur cercles… Comme quoi, malgré les décennies passées, rien n’a vraiment changé. Michel Bussi a dit que si cela ne le touchait pas personnellement, il trouvait cela très méprisant pour son lectorat. Un auteur qui donne ou redonne le goût de la lecture à un grand nombre de personnes, franchement c’est quand même formidable non ?

La rencontre s’est clôturée à midi, et l’auteur a accepté très gentiment de dédicacés les livres que n’avaient pas manqué d’apporter ses lectrices. J’avoue que j’ai battu le record du nombre de volumes puisque, outre deux romans qui m’étaient personnels, j’avais aussi trois volumes d’amis à lui faire signer. J’ai également profité de l’occasion pour lui offrir un tirage papier relié (et dédicacé) de ma nouvelle parue en 2014 aux éditions Dominique Leroy, Poupée de chair. Je lui ai également demandé s’il comptait venir prochainement en Franche-Comté. Il m’a répondu qu’il reviendrait une seconde fois dans l’Est, mais pas chez nous pour l’instant. A suivre donc, en prenant notre mal en patience. Ce furent ensuite champagne et quelques toasts, puis le départ de tout le monde. Mais Michel Bussi n’en avait pas pour autant terminé avec le journal, puisqu’il était rédacteur en chef du numéro à paraître demain. Vous pourrez donc trouver ses réflexions sur les questions d’actualité dans L’Est Républicain de demain.

La galerie photos de la rencontre de l’Est Républicain

L’interview de rentrée de Michel Bussi

La page spéciale consacrée à la rencontre lecteurs/auteur

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Y’a du pigeon dans l’air


pigeon pluméJe dois être bien naïve ou alors je vis dans une bulle, car je viens de découvrir que certaines personnes n’hésitent pas à proposer de chroniquer des livres moyennant rémunération. Oui, moi aussi je me suis pincée pour être sûre de ne pas délirer, mais que nenni…

Devant l’incompréhension de certains, il a même été précisé que cela n’était pas que pour la chronique, mais aussi pour la diffusion de ladite chronique via « les réseaux » de la rédactrice. Punaise, mon blog a 10 ans et une certaine réputation aujourd’hui, un lectorat en constante croissance, mais il ne me serait jamais venu à l’esprit de monnayer cela. J’estime que recevoir chaque mois des livres est déjà une belle récompense. Et puis, soyons sérieux, que vaut une chronique achetée par l’auteur d’un livre ? Elle ne pourra être qu’élogieuse non ? C’est déjà limite de se faire payer pour lire un bouquin, si c’est pour le dézinguer (même à juste titre) ensuite, le pigeon ne reviendra pas et les nouveaux en entendront vite parler… L’initiative est morte dans l’œuf. Ah mais oui, il est vrai que la personne précise que pour le prix, elle s’engage à assurer un service de presse, à démarcher pour faire la promotion du livre (elle a donc un répertoire des médias locaux, nationaux… Je doute sévèrement). Si l’auteur-acheteur a un éditeur, son attaché de presse (qu’il ne paie) va être ravi qu’un dilettante marche sur ses plates-bandes !

Certes, ce n’est facile pour personne aujourd’hui et je conçois qu’il faille vivre. Mais si l’on aime écrire, il peut y avoir d’autres moyens de gagner de l’argent, en faisant des piges par exemple. C’est pas royal, mais certainement moins glauque que de demander à des auteurs de payer pour avoir un avis sur leur production. Parce que, ne nous leurrons pas, ce sont essentiellement les auto-édités et les publiés à compte d’auteur qui paieront, les autres ayant le service de presse de leurs éditeurs pour gérer les partenariats (gratuits eux), et contacter les journalistes. Ils connaissent parfaitement leur boulot et le font généralement très bien.

Certes, la vie n’est facile pour personne aujourd’hui et je conçois qu’il faille vivre. Mais si l’on aime écrire, il peut y avoir d’autres moyens de gagner de l’argent, en faisant des piges par exemple. C’est pas royal, mais certainement moins glauque que de demander à des auteurs (qui la plupart, on déjà payé pour avoir le plaisir d’avoir leur nom sur une couverture) de payer encore pour avoir un avis sur leur production. Et c’est surtout avoir une très haute opinion de soi pour juger qu’un avis personnel mérite une rémunération !

Décidément depuis 5 ans que je navigue dans les eaux noires de l’édition et du livre, je pensais avoir déjà vu pas mal de trucs zarbis, mais je reste sidérée de l’imagination de certains… Au secours ! 🙂

Mon parcours d’auteur


Typewriter with paper scattered - conceptual imageEn février 2010 paraissait mon tout premier texte, dans le recueil collectif érotique des éditions Blanche Folies de femmes. Je me souviens de la joie ressentie lorsque Franck Spengler avait donné une réponse positive à l’envoi de ma nouvelle. Et pourtant, elle était loin d’être parfaite, c’est le moins que l’on puisse dire.

Depuis, rien ne s’est arrêté pour moi. Quatre autres textes ont suivi, tant chez Blanche qu’à la Musardine (pour les collectifs « papier »), puis se fut l’aventure du numérique avec le lancement de la collection e-ros des éditions Dominique Leroy. C’est là que j’ai vraiment appris à travailler mon écriture grâce aux conseils avisés et à l’exigence de ChocolatCannelle, la directrice de collection. Idem lorsque ma nouvelle Les Noces de la Saint-Jean fut acceptée chez Harlequin-HQN.

Où en suis-je cinq ans après mes débuts ? Ma quinzième (eh oui, déjà) publication est parue début avril dans un recueil numérique collectif des éditions du 38 (Narcissa, folle de son corps) et mon premier livre papier est sorti au printemps chez Take Your Chance. Peut-être y en aura-t-il d’autres dans la foulée. Si j’ai appris une chose durant ces années, c’est que tout est possible pour peu que l’on s’en donne les moyens et que l’on ne se décourage pas.

Choisir l’écriture, c’est avant toute chose l’école de la persévérance et de la patience. Il ne faut pas hésiter à être exigeant envers soi-même, à prendre son temps pour parfaire un texte, à démarcher tous les éditeurs susceptibles d’être intéressés et…  attendre. Si un texte est bon et qu’il entre dans le registre éditorial du catalogue d’une maison d’édition, il finira par trouver preneur. Mais le travail ne sera pas terminé pour autant, bien au contraire. Rares sont ceux qui sont publiés sans remaniement. C’est là que la direction d’ouvrage prend tout son sens. Publier un texte en l’état, c’est un peu comme si l’on montait un diamant brut sur une bague… Il faut le parfaire, le polir afin qu’il soit le meilleur possible (sauf pour de très rares exceptions). Il faut accepter les remarques car elles sont toujours justifiées, même si certaines peuvent être négociées.

Dans les périodes où l’on n’écrit pas, il faut lire encore et toujours, pour se nourrir des mots des autres, de leurs styles. C’est aussi une façon de s’améliorer, de découvrir de nouveaux horizons possibles tout en restant humble.

Bref, même après une première publication, la route est longue et pas forcément un long fleuve tranquille. Mais si l’on garde le cap et que l’on travaille, alors un jour on est récompensé. Mais j’allais oublier l’essentiel : lorsque vous écrivez, faites-le pour vous, pas pour coller à quelque chose que vous jugeriez -à tors ou à raison- « porteur » en terme économique. C’est votre sincérité qui touchera le lecteur plus sûrement que n’importe quel autre artifice.

Ma sélection de livres pour Noël 2014


Gift wrapped books for ChristmasA moins d’une semaine de Noël, je vous propose mon palmarès des meilleurs livres de cette année écoulée. Si il vous reste des cadeaux à faire, ce pourrait être l’occasion de vous en inspirer…

Je commencerai par la catégorie « érotique ». J’en ai relativement peu lus cette année, mais la qualité était bien présente. Il faut reconnaître que nous avons été gâtés par les Editions Blanche qui nous ont proposé, à quelques mois d’intervalle, les deux derniers romans d’Emma Cavalier L’Eveil des sentiments et Un sentiment d’éternité, qui sont venus clôturer la trilogie démarrée par La rééducation sentimentale parue en 2013. Individuellement ou ensemble, ces romans peuvent faire de très beaux cadeaux pour les amateurs de littérature érotique. À saluer également, la réédition de valeurs sûres chez Tabou Editions. Françoise Rey tout d’abord, avec La Femme de papier et La peur du noir, et Sophie Cadalen ensuite avec une republication de Tu meurs, livre bouleversant qui évoque l’amour charnel et le désir face à la maladie et à la mort.

Dans la catégorie « littérature générale », là aussi il y a eu de très bonnes choses. Pour les amateurs de policiers historiques, je citerai le drôlissime Crimes et condiments (quatrième tome des Enquêtes de Voltaire) de Frédéric Lenormand (le prochain est annoncé en début d’année aux Editions JC Lattès). Beaucoup plus sombre et dans le registre « thrillers », il ne faut surtout pas rater Le Baptême des ténèbres de l’auteur belfortain Ghislain Gilberti aux Editions Anne Carrière (qui sera l’invité du café littéraire des deux Plancher le 8 janvier prochain). Un auteur qui, en deux romans, a su montrer qu’il fallait désormais compter avec lui tant son écriture est riche et efficace.

Je clôturerai avec mes favoris. Blond cendré tout d’abord, signé par Eric Paradisi et paru aux Editions JC Lattès. Un roman magnifique, bouleversant, qui raconte les destins croisés de Maurizio, italien juif rescapé d’Auschwitz et de sa petite-fille Flore. Ce fut mon coup de cœur de l’été, dommage qu’il n’ait pas eu plus de chance de faire sa place pour les prix littéraires, il aurait mérité d’être beaucoup plus sur le devant de la scène. En tout cas ceux qui le lisent sont conquis. Une mention spéciale également pour un premier roman tout à fait réussi et qui m’a beaucoup plus, Toute ressemblance avec le père de Franck Courtès, toujours aux Editions JC Lattès.

Et mon champion absolu, LE livre qui m’a totalement secouée et conquise… Je veux parler de L’amour et les forêts de Eric Reinhardt, publié aux Editions Gallimard. Donné grand favori de la course aux prix littéraires, il aura finalement été boudé par tous jusqu’à maintenant. Mais les lycéens ne s’y sont pas trompés puisqu’ils lui ont attribué leur Prix Renaudot, et récemment, c’est France Télévision qui lui a décerné son Prix du Roman 2014.

Des livres sous le sapin !


sapin-noel-livreIl y a quelques jours est tombée une info : le livre serait le cadeau de Noël le plus souhaité en France cette année. Voilà un engouement que l’on ne peut que saluer… Il est vrai cependant, qu’en cette période de crise, beaucoup ne peuvent se permettre l’achat du livre coup de coeur et préfèrent donc se le faire offrir. Après tout, un cadeau à 20 euros, cela reste modeste…

Alors en cette période d’avent et si vous envisagez d’offrir des livres pour les fêtes, je ne peux que vous encourager à le faire chez de vrais libraires ! Rien ne remplacera jamais la passion et l’inventivité de ces gens qui vivent par et pour les livres. Bien sûr, vous me direz qu’il est fort possible que vous n’y trouviez pas en rayon LE livre que vous souhaitez acheter… Et alors ? Il n’est pas compliqué d’en donner toutes les références et de le faire commander… Et puis vous en trouverez sans doute d’autres dont vous n’avez jamais soupçonné l’existence et qui vous séduiront peut-être.

En Nord Franche-Comté, nous avons deux librairies formidables. L’une est située dans la vieille ville de Belfort, il s’agit de La Marmite à Mots. À l’origine, il s’agissait d’une librairie consacrée aux livres pour la jeunesse, qui alliait deux concepts que d’aucuns considéraient comme étrangers : la littérature et la nourriture. En effet, cet endroit magique est aussi un salon de thé, un bar à laits, un endroit où l’on peut laisser ses bambins le temps de faire un tour au marché aux puces le dimanche matin, grâce aux animations spécialement prévues pour eux… Aujourd’hui, elle s’ouvre de plus en plus sur la littérature généraliste pour adultes et l’on ne peut que s’en féliciter. Régulièrement, des séances de dédicaces y sont organisées, ce qui permet aux lecteurs belfortains (ou d’une zone géographique élargie) de venir y rencontrer des auteurs qu’ils affectionnent déjà ou d’en découvrir de nouveaux.

librairie du centre lureEt puis à Lure, il y a la Librairie du Centre. Toute petite boutique certes, mais très bien achalandée et dans laquelle la libraire annote les ouvrages présentés de post-it comportant ses impressions de lecture. On y trouve donc ses coups de cœur, ses recommandations… Un vrai travail de passionnée en quelque sorte. Et si les livres que vous aimez n’y sont pas, n’hésitez pas à lui en parler, vous lui ferez peut-être faire de jolies découvertes. Même en étant professionnel, on ne peut pas tout lire ni tout connaître…

Alors bon sang, plutôt que de faire bêtement vos achats sur Amazon -je ne reviendrai pas sur les méthodes plus que détestables que cette société utilise avec son personnel, ni sur les pressions insoutenables qu’elle fait subir aux éditeurs et par ricochet, aux auteurs- ou dans une grande surface -non, un livre n’est pas un paquet de lessive ou une boîte de pâté-, prenez le temps d’aller dans une vraie belle librairie.

J’ai des souvenirs fabuleux de mes mercredis après-midi, lorsque j’étais jeune ado, passés dans ce qui était à l’époque la plus grande librairie de Montbéliard et environs. Je m’y rendais en sortant du conservatoire et j’y passais un temps fou à fouiller les rayonnages, à feuilleter les livres, et repartais biens souvent avec un ou deux volumes achetés avec mon argent de poche. Ce que je ressentais alors en poussant la porte de la boutique, je ne l’ai jamais ressenti dans un hypermarché ni même dans une FNAC où certes le choix est large, mais où il n’en reste pas moins qu’il manque quelque-chose. Peut-être tout simplement une âme…