Le manoir – Emma Cavalier


Cet excellent premier roman d’Emma Cavalier vient d’être réédité chez France Loisirs en mai 2016.
On ne peut que s’en féliciter, puisqu’il était introuvable en livre papier depuis des années. Il n’y a plus qu’à espérer que la suite, « Les légendes du Manoir » ait le même destin, ce qui pourrait être de bonne augure pour une éventuelle édition du troisième et dernier tome.

Fantasmagor'... Isa

Quatrième de couverture :

Le Manoir est le récit de Pauline, jeune archiviste chargée de mettre de l’ordre dans les documents accumulés dans une demeure consacrée depuis un siècle à des pratiques et des rencontres sadomasochistes. Totalement ignorante de cet univers, Pauline découvre un monde étonnant de fantasmes. À cette découverte troublante que nous suivons pas à pas au gré des documents classés par Pauline, se mêle une expérience bien réelle avec son employeur, Julien, qui lui impose des règles en fonction de ses caprices.
Aux prises avec cet homme qui associe allégrement la souffrance avec le plaisir, la complicité avec la brutalité, Pauline se retrouve face à elle-même, à ses propres désirs et à ses propres choix.
Nous suivons alors son apprentissage, celui de la douleur accepté, du plaisir, de l’amour et de l’acceptation de soi.

Le Manoir, porté par la finesse et la force de son style…

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Perle – Anne Bert


Republication d’une chronique de lecture de 2012, suite à une réédition du volume aux éditions de La Musardine. Si vous souhaitez le lire, n’hésitez pas, c’est du bon, du très bon !

Quatrième de couverture 

 » Je crois avoir fermé les yeux, les narines palpitantes comme des ouïes de poisson en quête d’eau, sans doute avec un air de béatitude idiote. II n’a pu que me prendre en flagrant délit de shoot. Mon batelier avait des airs de Bernard Lavilliers avec son débardeur, il a repris la pigouille pour diriger la barque dans un recoin difficile d’accès près d’un îlot. On était planqués dans des roseaux gigantesques, il a manoeuvre pour immobiliser le bateau et m’a tirée brusquement vers lui par la main, me fourrant le visage sous son bras gauche en le refermant contre son flanc pour me caler la tête dans son aisselle, le nez écrasé clans ses algues noires engluées du jus de son corps alors qu’il relevait ma jupe sur mes fesses et baissait ma culotte pour les exposer à la lumière de la Brière ».

Exit la pudeur. Au placard les pudibonds. Perle, née sous X, explore les chemins du plaisir en quête d’une identité. Un jour, lassé d’une relation placée sous le signe de la perversion, elle s’enfuit vers la mer.

Mon avis

C’est avec retard que j’ai pu enfin découvrir cet excellent roman d’Anne Bert. Premier roman d’ailleurs, puisque le précédent volume de l’auteur était un recueil de nouvelles (L’eau à la bouche).

Ce roman nous plonge dans la vie tourmentée de Perle, née sous X, et dont toute la vie tourne autour de la quête de son identité. A défaut de ne jamais pouvoir trouver de réponse, elle décide de vivre en suivant son animalité, et s’immerge (l’eau étant présente partout dans ce livre, je trouve approprié de parler d’immersion) dans un tourbillon sensuel et sexuel.

Si l’érotisme (et cela va très loin) est bien le thème principal du roman, je trouve qu’il va bien au-delà de cette sphère. C’est aussi une ode magnifique à une région, les marais de la Brière, qui devient aux travers des pages un personnage à part entière, envoûtant le lecteur, l’amenant à découvrir toute sa diversité, sa richesse, son mystère. On ressent viscéralement l’amour de l’auteur pour les lieux décrits avec brio.

L’autre mérite de Perle, c’est de démontrer avec panache, que la littérature érotique peut être une littérature noble. Une histoire très bien construite, un registre et une écriture extrêmement maîtrisés. C’est à n’en pas douté un des meilleurs livres érotiques qu’il m’ait été donné de lire ces dernières années.

Un très joli travail, qui mérite d’être découvert.

perle

Perle – Anne Bert Editions La Musardine

8.95 €

L’éveil de l’Ange – Eva Delambre


Quatrième de couverture

Solange aime écrire, mais elle doute de son talent. Beaucoup trop selon son amie Axelle qui lui déniche un travail un peu spécial : rédiger les mémoires d’un dénommé Tristan Bussy ; et pour ce faire, résider dans sa propriété. Solange finit par se laisser convaincre. Elle était justement à la recherche d’un emploi. Sauf que celui-ci va s’avérer particulier. En effet, Tristan Bussy n’est pas un vieux monsieur et ses récits de vie sont d’un érotisme torride. De plus, il attend d’elle une implication très personnelle dans l’exercice d’écriture qu’il lui confie : il faudra qu’elle aussi se dévoile ! Peu à peu, Solange succombe au charme du séduisant quadragénaire, au point de s’engager lentement dans une relation charnelle aux accents de domination et de soumission. Mais elle est traversée de doutes : Tristan la désire-t-il réellement ou n’est-elle que son jouet ? Qu’attend-il réellement d’elle ?

Une histoire d’amour à rebondissements ; un roman excitant et émouvant à la fois, dans la même veine que 50 nuances de Grey, en vachement mieux.

Mon avis

Je n’avais jamais lu Eva Delambre auparavant, aussi j’ai vu dans la sortie de ce roman, l’occasion de combler une lacune, même si le thème général n’était pas sans me faire penser au Manoir d’Emma Cavalier. Je me suis donc embarquée dans cette histoire BDSM. Bon, on y retrouve ce qui a quand même, il faut bien le dire, tendance à m’énerver pas mal, à savoir pas mal de clichés, à commencer par l’incontournable Maître (avec une majuscule, protocole oblige). L’obéissance, l’abnégation, l’adoration… c’est pas mon truc du tout, je le reconnais. A croire que l’on ne peut être soumise qu’avec tout cela.

La narration est ponctuée d’épisodes soit racontés par le personnage masculin à son employée, soit écrits par Solange (d’ailleurs, en parlant du prénom, quelle idée d’appeler une jeune femme de notre époque Solange, sauf à permettre le surnom « Ange » ? Marie-Ange aurait fait moins vieillot en offrant la même possibilité). Je n’ai pas été convaincue par ces derniers passages. En fait j’ai commencé d’accrocher au récit lorsque les personnages sont entrés en action eux-mêmes.

Sinon par rapport à l’écriture (ou plutôt à la relecture), j’ai été irritée par des répétitions de vocabulaires (dont certaines étaient certainement voulues par l’auteur). Exemple : « la transe » qui revient un nombre incalculable de fois, à tel point qu’à un moment on finit par se demander à quel passage du chapitre elle va arriver. A certains moments, on trouve également quelques petits soucis dans la concordance des temps ou des coquilles… Tout cela aurait dû être traité par le travail du texte fait par l’éditeur. Dommage que cela n’ait pas été le cas.

L’éveil de l’Ange est un roman (trop ?) classique d’initiation BDSM, et c’est en fait ce qui a fait que je n’ai pas vraiment accroché. J’aurais souhaité une Ange plus rétive, plus rebelle, son obéissance ponctuelle n’en aurait eu que plus de saveur. A voir comme cela évoluera sur le tome suivant.

L’Eveil de l’Ange – Eva Delambre – Tabou Editions – 16 euros

 

 

Les bases du bondage – Lord Morpheous


Quatrième de couverture

Destiné aux novices ou aux amateurs avertis qui veulent en savoir plus sur les jeux de cordes, ce livre informatif, créatif et récréatif est le compagnon idéal pour pimenter la vie sexuelle et amoureuse. Avec ce guide qui présente pas à pas et en images l’art du bondage, Lord Morpheous fera du lecteur un expert en noeuds coquins et liens grivois. Thèmes abordés : ce qu’il faut savoir avant de commencer, l’histoire du bondage, la culture BDSM et les jeux de contrainte, trouver le bon partenaire, bien choisir son mat?riel, maîtriser les noeuds et les liens, les techniques pas à pas, conseils de sécurité? 176 pages en couleurs sur tout ce qu’il faut connaître pour bien commencer la pratique du bondage.

Lord Morpheous est éducateur sexuel, auteur, photographe et pratiquant de bondage. Il a dirigé de nombreux ateliers sur le bondage et les cordes, l’esthétique du bondage, la photographie fétichiste, le BDSM pour les débutants et les confirmés, et les relations dominant(e)/soumis(e) pour les professionnels. Il voyage beaucoup et se présente à de nombreux événements y vulgarisant la pratique du bondage tant pour des universitaires que pour les adeptes convaincus à travers le monde. Il est également le fondateur du Morpheus’ Bondage Extravaganza (MBE), une manifestation artistique annuelle sur le bondage et les cordes qui est devenue, avec les années, l’événement sur le bondage le plus important au niveau mondial. Il vit à Toronto au Canada.

Mon avis

Le bondage est une pratique fascinante qui réuni deux priorités : l’esthétique et la sécurité. On ne se lance pas dedans -que ce soit en tant qu’attacheur ou qu’attaché- sans un minimum de connaissances de base. Ce livre illustré est donc fait pour tous celles et ceux qui ont cette envie de pratiquer, mais ne connaissent pas les règles.

En 172 pages et de nombreuses photos, l’auteur nous explique pas à pas comment pratiquer, en commençant par un historique du bondage, les différences entre bondage oriental et occidental, ancien ou moderne. Le chapitre 3 (soit 10 pages de texte) est entièrement consacré à la sécurité, ce qui est un vrai plus tant certains accidents dramatiques défraient régulièrement les chroniques de faits divers. S’amuser oui, mais pas à n’importe quel prix, c’est important de le rappeler. Pour le reste, c’est de la technique : Quel matériel ? Quel(le) partenaire ? Comment faire les bons nœuds ?

Un livre qui se veut un guide pratique et qui sera utile à tous ceux qui se sentent attirés par cette pratique et ont besoin de conseil, mais qui ne dispense pas d’un apprentissage avec quelqu’un qui maîtrise vraiment cela parfaitement. Il faut savoir que les plus grands bondageurs français font régulièrement des stages au Japon pour parfaire leur art, preuve qu’il ne suffit pas de lire un livre pour se prétendre opérationnel.

Les bases du bondage – Lord Morpheous – Editions Tabou – 20 euros

 

La parenthèse incandescente – Robin Rinaldi


Quatrième de couverture

Robin a 42 ans et mène une vie confortable. Mais, pour que son bonheur soit total, il lui manque juste… un enfant. Et Scott, son mari, refuse d’en avoir. Robin n’a alors qu’une crainte : regretter. Elle prend donc une décision importante. Pendant un an, elle et son mari auront une relation libre. Elle accepte de renoncer à la maternité, seulement, en contrepartie, elle pourra sortir de cette monogamie qui l’étouffe pour découvrir une nouvelle forme de vie amoureuse et sexuelle. Une analyse juste de la vie d’une femme en pleine crise de la quarantaine, qui se retrouve face à ses propres choix et essaie de satisfaire des désirs souvent contradictoires. Robin Rinaldi nous livre un récit d’une honnêteté rare, sans complexe.  » Une enquête qui nous plonge au cœur du désir féminin le plus débridé.  » Elle  » Dans un monde saturé par le porno et qui voit trop souvent le prisme masculin dominer la sexualité, le récit décomplexé de sa quête du nirvana sexuel est terriblement rafraîchissant.  » The Sunday Times.

Mon avis

Ce qui m’a fait craquer sur ce livre, c’est son titre que j’ai trouvé très joli. Ensuite, il y a eu le sujet, bien évidemment. Réduire l’histoire de ce livre -et de son auteur, puisqu’il est auto-biographique- à la quête vengeresse d’une femme en mal d’enfant serait une erreur, c’est bien plus profond que cela. Robin se réfugie derrière l’enfant que son mari lui refuse (au point de se faire faire une vasectomie) pour partir dans l’expérience du « couple ouvert » (plus de monogamie, chacun fait ce qu’il  veut avec qui il veut, mais avec des règles), mais en fait c’est elle-même qu’elle cherche. Qui elle est, pourquoi elle n’a aucune confiance en elle, pourquoi son passé la perturbe autant ? Et puis malgré tout l’amour qu’elle et son mari se portent, il y a beaucoup de silences, de non-dits dans leur couple, beaucoup de besoins différents aussi. Beaucoup trop. Que peut-il y avoir de plus perturbant que de découvrir à 40 ans passés, que l’on ne sait pas qui l’on est et que l’on ne connaît pas son corps ? Ce sont  peut-être ces deux  facteurs qui sont responsables de la fameuse crise de la quarantaine que beaucoup connaissent, sans doute parce qu’elles ou ils n’ont pas eu l’occasion de se lâcher totalement lorsqu’elles ou ils pouvaient le faire sans générer d’effets collatéraux.

J’ai beaucoup aimé ce livre qui analyse -sans aucune complaisance, ni vulgarité- les moindres recoins de cette parenthèse, tout en étant d’une franchise totale. L’auteur aurait pu se réfugier derrière des artifices pour se trouver des excuses, elle ne l’a pas fait. Elle démonte aussi  le mythe on ne peut plus répandu qui veut que les hommes ont des besoins alors que les femmes sont dans les sentiments. Les besoins, c’est elle qui les a, tandis que son mari -pourtant très peu versé dans le romantisme, c’est d’ailleurs un reproche qu’elle lui fait- finalement est beaucoup plus fleur bleue qu’il pourrait paraître. Dans cette histoire, c’est lui qui subit, qui souffre, mais sans jamais rien verbaliser (erreur fatale s’il en est).

Certes, d’aucuns diront que le sexe n’est pas tout dans une relation de couple, mais s’il n’y a pas de compatibilité à ce niveau, je ne vois pas comment celui-ci peut durer. C’est quand même cela qui différencie un couple amoureux, d’un couple d’amis… L’idéal serait que les deux partenaires évoluent selon un même parcours, mais pour cela il faut un dialogue franc et sans tabou, ainsi des envies minimales réciproques -ce qui n’est pas le cas ici.

Ce récit peut déstabiliser, car il ne faut pas se le cacher, les désirs sexuels et le plaisir féminin n’ont pas l’habitude d’être ainsi étalés, disséqués. Pour tout dire, ils font  peur. Très peu de femmes osent parler de cela librement, de peur de passer pour des mantes religieuses ou des salopes. Les femmes sont  socialement prisonnières d’une image qui n’est pas forcément en adéquation avec ce qu’elles sont réellement, avec ce dont elles ont secrètement envie.

Vous l’aurez deviné, le couple ne sortira pas indemne de cette parenthèse incandescente. Mais cela n’est pas négatif pour autant.  Un livre beaucoup plus utile à mon sens que  le convenu Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, puisqu’il montre que c’est loin d’être aussi simpliste que cela. Robin Rinaldi nous dit,  avec sa Parenthèse incandescente, qu’il faut savoir être à l’écoute de soi pour pouvoir être à l’écoute des autres et trouver enfin l’harmonie.

Ce livre m’a parlé peut-être aussi parce que, lorsque j’ai quitté mon ex conjoint violent et que j’ai du me reconstruire, j’ai vécu durant une période une vie totalement  libérée  afin de  me découvrir et savoir ce  dont j’avais  besoin pour trouver mon équilibre. La différence, c’est que j’étais célibataire et qu’il n’y a pas eu de victime  collatérale à cette quête.

La Parenthèse incandescente, de Robin Rinaldi – Editions du Cherche-Midi – 18.80€

Le bal des cochons – Françoise Rey


Quatrième de couverture

Roman inédit de Françoise Rey. 26 ans après son grand succès – La femme de papier (plus de 350 000 exemplaires vendus) – elle avoue qu’elle ne saurait plus en écrire les passages exaltés. Pour autant, il lui reste l’envie du verbe, et de la chair que ce verbe invente. Or, quoi de plus charnu et de plus charnel que le cochon ? Pour Françoise Rey, le cochon, le petit cochon, c’est la version adoucie, amusante, fantaisiste, inventive, victorieuse, de la sexualité.
Elle a eu envie, dans ce dernier roman, de rassembler tous les cochons qui habitent sa mémoire, sa culture et son imaginaire. Elle les a convoqués en leur adressant ce message : « Venez petits cochons, gros cochons, vieux cochons et tous les autres ! Votre écrivain vous attend. » Le résultat ? Un livre d’une gourmandise truculente de cochonnailles, d’une malicieuse gouaille de cochoncetés, de troublants récits de cochonneries.
Et elle n’a rien perdu de son ardeur à débusquer des trésors dans tous les registres possibles de la langue française !

Mon avis

Un inédit de Françoise Rey, franchement, ça ne se rate pas ; ça se déguste même à petites bouchées. Ça tombe bien, puisqu’il s’agit d’un recueil de nouvelles dont le thème est… le cochon et les cochonneries, bien évidemment.

Le livre démarre sur des éléments de la vie de l’auteur, plus particulièrement sur la façon dont elle a été perçue après être devenue auteur de livres érotiques. Ainsi, on s’étouffe lorsqu’elle raconte que, alors qu’elle était victime d’une crise d’allergie cutanée, elle s’est entendu dire « ce doit être une MST, avec ce que vous écrivez », ou encore comment les moindres de ses faits et gestes pouvaient prendre des proportions saugrenues, du fait de son champ littéraire. C’est tout cela qui l’a amenée à passer de l’appellation « écrivain érotique » à « écrivain de cochonneries », parce qu’elle trouvait cela moins faux-cul, plus rabelaisien. Et en matière de cochonneries, ce volume vaut son pesant d’or. Les situations les plus insolites sont évoquées, comme cette femme qui ne peut atteindre l’orgasme qu’en regardant le cochon d’Inde de sa fille et en grognant, ou encore ce charcutier tombé amoureux du cul du cochon en résine qui orne sa boutique. Et puis il y a l’écriture travaillée, les trouvailles lexicales, qui nous ravissent à chaque découverte. Il n’y a pas à dire, Françoise Rey m’épatera toujours pars sa façon de fouiller la langue française pour en extirper de petits joyaux, ce recueil ci ne fait pas exception.

C’est un volume très agréable à lire, dans lequel on peut lire les textes à l’envi, sans chronologie, au gré de l’humeur du jour. Une belle nouveauté parue récemment aux éditions Tabou, que je remercie pour l’envoi du service de presse.

 

La femme de papier – Françoise Rey (réédition 2015)


Quatrième de couverture

Alors que leur liaison s’endort, une femme a l’idée d’écrire à son amant un journal de bord de ses fantasmes. Jour après jour, ses lettres vont provoquer une renaissance, nourrissant de mille idées leurs jeux sexuels. S’ensuit une passion que nulle limite n’endigue hormis une seule règle : « Interdiction d’aimer ».

Paru en 1989, alors que son auteure Françoise Rey, professeure dans le Beaujolais venait de traverser une grave crise personnelle, La Femme de papier a marqué l’histoire de la littérature érotique. C’est le premier texte dans lequel une femme affiche et signe de son nom, ouvertement, ses fantasmes et ses désirs sexuels. Le livre défraie alors la chronique, secouant tabous et conventions.
Françoise Rey est l’auteure de littérature érotique la plus reconnue en France. C’est à la suite d’une crise personnelle, en 1987, qu’elle a écrit La Femme de papier, premier roman à l’érotisme violent et souvent qualifié de sulfureux.
Depuis, elle n’a cessé d’écrire autour du sexe et des femmes, à travers une trentaine d’ouvrages. Françoise Rey vit au Bois-d’Oingt, dans le Rhône.
Édition enrichie de dessins d’Alex Varenne
Entretien par Mathieu Bermann

Mon avis

Le texte, je l’ai lu pour la première fois il y a des années, et je ne m’en lasse pas. La femme de papier est, à n’en pas douter, l’un des livres majeurs de la littérature érotique de la fin du XXème siècle, et méritait une édition qui le mette en valeur.  C’est chose faite avec cette nouvelle version, enrichie de dessins en noir et blanc signés par Alex Varenne. Mais l’attrait de cette réédition n’est pas seulement là.
La femme de papier - illustration

Une postface datant de 2013 est proposée. L’auteure nous parle de son rapport à ce livre qui fut son premier, de la façon dont il a bouleversé sa vie, dont elle l’a assumé pleinement pour finir par s’en détacher, comme l’on se détache d’un entant devenu adulte. Puis il y a les entretiens, menés par Mathieu Bermann. Bien sûr, il a déjà été dit beaucoup de choses sur les circonstances qui ont amené Françoise Rey a écrire La femme de papier. Mais y revenir ainsi, avec beaucoup de recul n’est pas inintéressant du tout, bien au contraire. Et surtout, il y a cette liberté revendiquée par l’auteure. Liberté d’écrire et de publier sans se cacher, d’assumer chacun de ses mots, qui force le respect. Enfin, il y a la revue de presse qui propose des articles d’époque.  Une réédition qui permet de mieux connaître l’auteure, de savourer pleinement chaque phrase de ce petit bijou littéraire tout en se régalant les yeux de belles images.