Les Chattes – Thomas Galley


Quatrième de couverture

De la prof d’anglais qui se rend compte, entre les mains d’une collègue, qu’il lui reste bien des choses à apprendre, et bien des délices à goûter, à la lycéenne qui cherche une robe pour le mariage de sa sœur et qui finira son parcours dans le déshabillé le plus charmant, entre des mains divinement sensuelles, l’escort-girl blasée à laquelle une cliente particulièrement exigeante et dominatrice fera comprendre que son éducation est encore à parfaire pour atteindre la jouissance, ou encore la barmaid qui ne saura éviter le piège tendu par une araignée bien particulière à l’insatiable volupté – toutes ces histoires jalonneront le trajet de Marie, affoleront ses sens et l’amèneront à se remettre en question. Et l’amour lui-même se mêlera de lui donner une leçon…

Mon avis

Cela faisait des mois que je me promettais de lire ce roman numérique de Thomas Galley, et je remettais sans cesse. Voilà, ce matin je me suis offert le volume et en ai aussitôt entamé la lecture. Il faut dire que le thème de l’amour au féminin ne m’est pas inconnu, ayant commis pas mal de nouvelles dans lesquelles il est évoqué. Aussi étais-je curieuse de voir comme un homme pouvait aborder le sujet.

À propos du livre, on pourrait presque dire qu’il s’agit d’un recueil de nouvelles reliées entre elles par le fil conducteur des deux héroïnes. Ce choix de l’auteur permet de faire un tour d’horizon de différentes formes de relations saphiques, allant de la plus douce à la plus pimentée. On ne ressent à aucun moment l’œil masculin de l’auteur, à tel point que je pense qu’il aurait dû oser, plutôt que de se poser en narrateur, endosser le personnage de Marie et faire un récit à la première personne. Oui, je sais, c’est périlleux, mais je pense que le récit aurait gagné encore en intensité.  Ce qui ne veut pas dire qu’il ne le soit pas… intense, loin de là. J’avoue que je deviens très difficile à séduire en matière de littérature érotique,  Les Chattes m’ont captivée et mise dans tous mes états. Cela ne m’était pas arrivé depuis L’Éveil des sentiments de Emma Cavalier.  Le récit fonctionne donc très bien, on a hâte de savoir ce que va découvrir Marie au fil des chapitres et surtout on est tenu en haleine quant à l’évolution de sa relation très ambiguë avec Nadège.

Seule petite ombre au tableau -et j’en ai fait part à l’auteur : l’éditeur aurait dû faire un travail plus approfondi sur le texte et épurer les virgules un peu trop compulsives (une manie dont on arrive à se détacher, je suis en plein traitement 🙂 ), quelques répétitions ainsi que des « on » qu’il aurait mieux valu transformer en « nous ». Bref, je chipote mais je pense que cela aurait rendu le livre encore bien meilleur qu’il ne l’est déjà. Et lorsque l’on sait que le français n’est pas la langue maternelle de l’auteur, on est encore plus admiratif du résultat.

En tout cas si vous cherchez une lecture affolante et troublante pour vous vacances, offrez-vous Les Chattes, vous ne le regretterez pas.

Les Chattes – Editions Numeriklivres – Sans DRM – 3.49 €

Histoires de femmes – Marie Godard


Quatrième de couverture

« Histoires de femmes » est un recueil de six nouvelles érotiques avec un point de vue gentiment féministe et surtout terriblement sensuel, voire plus…

« Chambre avec vue »

Un sujet bien à la mode en ce moment : la fascination qu’exerce une femme plus âgée sur un adolescent en pleine découverte…

« Des robots et des hommes »

Et si, dans quelques années, les robots prenaient la place des humains dans notre vie érotique, en serions-nous plus heureux, plus satisfaits ?

« Leçon d’amour »

Une jeune femme fait l’apprentissage du sexe avec sa cousine plus âgée. Cet apprentissage sera loin d’être inutile…

« Le plaisir du shopping »

Certainement la nouvelle la plus féministe de ce recueil ! Deux femmes font leur shopping mais elles ont beaucoup de mal à faire leur choix. Mais peut-être qu’en faisant quelques essais avec les produits proposés…

« L’experte »

Une femme qui craint par dessus tout le ridicule se retrouve dans le rôle d’une femme cougar. Comment va-t-elle vivre cette expérience avec un homme si jeune qu’il pourrait être son fils ?

« Fin d’un rêve »

Une femme, récemment veuve, fait la rencontre d’un homme qui lui redonne l’envie de vivre… jusqu’à ce qu’elle découvre qu’une fois de plus, tout n’est qu’apparence. Comment survivra-t-elle à cette découverte ?

Mon avis

J’avais lu à sa sortie, le premier roman de Marie Godard, Echanges virtuels, et l’avait déjà chroniqué ICI. Nos plumes avaient eu ensuite l’occasion de se croiser dans le volume collectif des éditions Blanche Secrets de femmes. C’est donc avec plaisir que j’ai découvert ce recueil de nouvelles publié par IS Editions dans sa nouvelle collection Jardins secrets.

Ce qui est pointé comme étant la particularité du volume, c’est le fait que les textes mettent en avant le point de vue de femmes, pour ma part mais ce n’est pas quelque chose auquel j’ai été particulièrement sensible. J’avoue même que l’objetisation des hommes transformés en marchandises dans « Le plaisir du shopping » m’a même un peu agacée. J’ai très largement préféré la dernière nouvelle qui évoque la renaissance d’une femme à la sensualité après la perte de l’homme aimé. Peut-être parce que le sujet est très rarement traité en érotisme littéraire, et sûrement parce que la façon dont Marie l’a fait est on ne peut plus réussie.

Ces nouvelles se lisent aisément, l’écriture est maîtrisée mais… J’aime être chamboulée par ce que je lis, et je dois dire que ce ne fut pas le cas pour ce recueil. Ceci n’engage que moi bien évidemment, c’est totalement subjectif et je l’assume. Je ne doute pas qu’il fasse les délices de bon nombre de lecteurs peut-être moins blasés que moi.

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Histoires de femmes est disponible en version numérique et papier chez IS Editions

Adore – Chloé Saffy


Quatrième de couverture

Paris, un mois de juillet étouffant. Verlaine s’éveille péniblement. Ligoté et bâillonné dans son propre appartement. Au cœur de cette atmosphère lourde et moite, il voit émerger de l’ombre Anabel, qu’il a quittée deux mois plus tôt sans explication. Le temps est venu pour elle de parler. Pour lui, dévoré par la frustration et réduit à répondre silencieusement, celui de l’écouter. Commence alors un étrange face à face. Et tandis que la séquestration avance crescendo, se déploie en contrepoint le récit de leur histoire amoureuse.

Entre questionnements et accusations, explications muettes et révoltes silencieuses, sous l’atmosphère oppressante d’une nuit d’été, se tisse un roman d’amour fort, aux accents érotiques troubles.

Initialement publié aux Éditions Léo Scheer, Adore est le premier roman de Chloé Saffy. Pour cette publication numérique, le texte a été entièrement revu par l’auteure. Il s’agit du premier titre de la collection eMotion.

Mon avis

Adore est un huis clos dans lequel s’affrontent les deux héros. Tout est réuni pour que le lecteur soit plongé dans un univers oppressant : l’attachement, la chaleur… Les flash-backs offrent des bouffées d’oxygène nécessaire pour faire redescendre la tension, mais aussi pour mieux comprendre la relation entre Anabel et Verlaine, relation dans laquelle l’un s’empare sans vergogne de tout ce que l’autre offre, sans jamais lâcher la moindre miette. Une relation totalement déséquilibrée, menée par un homme cynique qui ne trouve que cela pour se protéger, sans se soucier du mal qu’il peut faire.

Les deux personnages ont des personnalités complexes : si Verlaine dissimule sa fragilité derrière un cynisme phallocrate, Anabel n’est pas en reste dans la perversité. C’est un peu l’agneau qui décide de dévorer le loup, si vous voyez ce que je veux dire. Sa détermination fait froid dans le dos et l’on n’a de cesse de découvrir jusque où elle va aller dans sa vengeance. Il aurait été beaucoup trop convenu -et simple pour l’auteur- d’en faire une victime larmoyante et attendrissante.

Pour ce premier roman, l’écriture de Chloé Saffy est belle, sans fioriture excessive, efficace. Du concentré de sentiments divers et variés, dans ce qu’ils ont de plus sauvage ou tendre. Un très joli petit roman qui se dévore sans aucune retenue et fera un très sympathique cadeau de Noël .

Adore – Chloé Saffy – Editions Dominique Leroy – 4.99 €

Epilogue – Anne Bert


J’avais depuis pas mal de temps ce petit volume numérique sur mon disque dur, mais n’avais pas encore eu le temps de le lire. J’ai mis à profit quelques jours de vacances pour le faire, et je dois dire que je n’ai pas regretté du tout. Anne Bert nous entraîne ici loin du registre érotique qu’elle affectionne pour nous faire plonger dans l’univers de Marguerite, une octogénaire démunie qui se retrouve dans la situation de ne plus pouvoir payer sa maison de retraite, un établissement baptisé « L’épilogue ».

Un sujet dérangeant qui nous parle à tous car non seulement nous sommes tous confrontés au vieillissement de nos parents, mais surtout nous sommes tous des vieux (je récuse le terme « séniors) en devenir. On ne peut qu’être séduit par Marguerite, petite vieille très attachante, pleine de bon sens, qui après avoir subit un mari alcoolique, une vie de misère, décide de choisir sa mort avec l’aide de sa tutrice, Line.

Le face à face de ces deux femmes que tout oppose est fascinant. Les sentiments successifs de Line nous renvoient directement en pleine face nos peurs, nos doutes et nos idées toutes faites sur la vieillesse, pour finalement ne plus considérer que l’être humain libre qui se cache derrière sa protégée.

C’est une histoire empreinte de beaucoup de tendresse, narrée avec des mots justes, tout en demi-teinte et en subtilité, une très belle leçon d’humanité. Récemment je disais, alors que j’entourais une amie mourante,  que aimer, c’est accepter de laisser partir. C’est exactement ce que fait Line ici. Au fil des pages, elle apprend à connaître Marguerite, à l’aimer, pour enfin lui permettre de partir selon ses désirs, de quitter un monde trop égoïste pour reconnaître et entourer ses anciens.

Une très belle lecture que je conseille vivement.

Epilogue – Anne Bert – Éditions Edicool – 3.99 €

Le choix interdit – Megan Hart


lechoixinterditIl y a quelques temps, j’ai reçu ce livre de la part des éditions Harlequin. J’avoue que je n’avais jamais lu aucun volume de leur collection « Spicy », mon expérience de lecture s’étant limitée à quelques romances lorsque j’étais adolescente. Aussi, j’étais curieuse de voir ce que pouvait donner une romance épicée.

Dans ce roman, nous avons affaire à un trio. Un couple, constitué de Anne et James, héberge pour un temps indéterminé Alex, un ami de jeunesse de James. Certes, dès le départ, on voit venir ce qui va suivre. Troublée par cet homme qu’elle ne connaît pas, Anne va devenir sa maîtresse… mais avec l’accord et la participation de son mari. C’est osé, j’ai été agréablement surprise que Harlequin s’aventure sur le terrain du triolisme.

Alex est décrit comme le mauvais garçon par excellence, honni par la belle-famille de l’héroïne pour des raisons obscures. Avec lui, James de met à boire, à fumer, à passer son temps libre en sorties et en jeux vidéos… Mais le fond du problème n’est pas là, on l’apprend à la fin du livre. Et c’est en fait ce qui gâche tout (du moins à mes yeux).

Je n’ai clairement pas aimé l’amalgame fait entre homosexualité et bisexualité. Ce sont deux choses tout à fait différentes, mais cela semble avoir échappé à l’auteur. Quand je lis « James lui n’est pas comme ça » (sous-entendu « gay »), je trouve cela méprisant, discriminatoire. Cela me heurte. Surtout que du « ça » il n’est nullement question dans les faits… Le mépris de la belle-famille sus-citée pour Alex, on le comprend à la fin  est en fait lié à sa sexualité plus qu’à autre chose.

J’aurais aimé que cette fin soit moins moralisatrice, moins conventionnelle. Pourquoi est-il inenvisageable qu’un trio amoureux puisse être durable ? Pourquoi est-il inenvisageable que les personnages n’aient pas à lutter contre ce qu’ils ressentent, contre ce qu’ils sont ? Pour se conformer à un modèle social standard acceptable ? Pour ne pas heurter les lectrices ? Ne soyons pas hypocrites, l’ambiguïté des rapports entre Alex et James est un moteur d’excitation, on se plaît à imaginer qu’il va y avoir un aboutissement… et puis non, finalement circulez, y’a rien à voir.

Le choix interdit est un roman qui n’est pas inintéressant, voire parfois fort excitant, mais qui finalement m’a laissée frustrée et agacée, ce que je regrette.

Le choix interdit – Megan Hart – Editions Harlequin – 6.99 € téléchargeable ICI

A la maison close & Libres échanges – Gilles Milo-Vaceri


Récemment, j’ai pu lire deux nouvelles érotiques signées par Gilles Milo-Vaceri et publiées en livres numériques aux éditions Harlequin-HQN (merci à eux pour l’envoi de services de presse). Je veux parler de « A la maison close » et de « Libre échange ».

Tout d’abord, je dois avouer que j’ai eu quelques réticences du fait de l’image que j’avais des productions des éditions Harlequin. La mièvrerie et la pudibonderie anglo-saxonnes qui les caractérisent me faisaient un peu peur. Mais j’avoue que j’ai été très agréablement surprise car dans ces deux livres, on est à cent lieues de tout cela. De là à dire que les auteurs français (hé oui, HQN est une collection numérique 100 % française) semblent résolus à révolutionner le genre et c’est tant mieux.

Je ne connaissais pas la plume de l’auteur, mais je dois dire que je n’ai pas été déçue du tout, bien au contraire. L’écriture est fluide, parfaitement maîtrisée, pleine de sensibilité.

hqn_alamaisonclose_def_okA la maison close est une nouvelle dont l’action se situe au XIXème siècle, en plein second empire. C’est l’histoire d’un jeune militaire qui, alors qu’il doit prochainement prendre épouse, avoue à un de ses amis qu’il n’a jamais connu de femme. Qu’à cela ne tienne, l’ami va s’occuper de son éducation en l’emmenant dans un lieu de plaisirs où il pourra découvrir tout ce qui fera de lui un parfait amant. C’est un récit d’initiation sentimentale et sensuelle fort bien troussé, dont l’ambiance n’est pas sans rappeler certaines des nouvelles de Guy de Maupassant. L’époque est fort bien rendue par un vocabulaire tout à fait adapté. Cette lecture est une belle balade dans le passé où l’on se laisse bercer par le charme suranné et sensuel d’une époque révolue.

A la maison close Éditions Harlequin HQN – 0.99 €

libres échangesLibres échanges est également un récit d’initiation, mais contemporain cette fois. Initiation au libertinage et à l’échangisme d’un couple par un autre. Beaucoup d’amour et de respect dans ce texte, ce qui fait que tout paraît ici naturel. De très belles scènes dépeintes avec tact et justesse, ce qui est très important pour ces situations où il est très facile de déraper vers le graveleux. On suit, page après page l’évolution du couple novice jusqu’à la fin où, les élèves s’apprêtent à dépasser les maîtres. Un joli plaidoyer pour le libertinage, qui démontre à chaque page que rien n’est impossible ou malsain pour peu que cela se fasse entre personnes consentantes, respectueuses et à l’écoute (l’esprit même du libertinage en quelque sorte)

Libres échangesÉditions HQN – 0.99 €

D’autres titres disponibles chez HQN et Gilles Milo-Vacéri a également signé une nouvelle aux éditions Dominique Leroy, L’Anniversaire paru en avril 2013. Un auteur à suivre de près, assurément !

Lettres à un premier amant – Collectif


Dernier collectif épistolaire publié par les éditions Dominique Leroy, Lettres à un premier amant est disponible à la vente depuis le 10 avril. Cinq auteurs, cinq univers et sensibilités différents…

Dominique Lalouve, Anne Bert, Ian Cécil, Piko et moi-même avons apporté nos contribution à ce joli volume à découvrir sans modération !

Extrait de ma lettre « Pour A. »

« Il y a bien longtemps maintenant que nous nous sommes perdus de vue. Presque trente ans, ce n’est pas rien. J’avais à l’époque dix-sept ans, la fraîcheur et la candeur des filles de cet âge. Te souviens-tu
comment l’on s’est connu ?
Je n’osais montrer à quel point tu me troublais, préoccupée bêtement à paraître blasée ! Alors qu’aucun homme ne m’avait jamais touchée, ne m’étais-je pas inventé un amant, afin de ne pas passer pour une idiote aux yeux de mes amies… Comment pouvais-je imaginer que ce mensonge parviendrait jusqu’à tes oreilles ? Te souviens-tu le jour, peu de temps avant que notre relation ne se noue vraiment, où je t’en fis l’aveu ? »

Disponible au téléchargement ICI