L’arnaque du coaching littéraire


Dans le numéro de « Marianne » paru hier, il y a un très intéressant article intitulé J’ai testé pour vous le « coaching » littéraire.

Afin de mettre à l’épreuve le sérieux de ces professionnels, les journalistes leur ont envoyé, en aveugle, un roman signé par Alain Robbe-Grillet.

Tous ont répondu dans des délais records de façon standardisée, ce qui laisse à penser que le texte n’a même pas été lu.

Pas un seul n’a identifié l’écrit transmis. Pire, aucun n’a même su détecter au travers des lignes, le style si particulier du nouveau roman. 

Les critères de jugement laissent pensifs, tant ils relèvent de la pensée formatée. Ainsi, le degré de facilité de lecture est quasiment incontournable. Diantre, pourquoi donc être exigeants !

Ainsi, on peut lire ce commentaire :

« Votre texte est très intéressant. Vous avez un bon potentiel d’écriture, mais il souffre encore des maladresses inhérentes aux premiers romans. »  Les descriptions sont jugées « inutiles », les métaphores sont « abusives » et l’auteur use trop de « coquetteries stylistiques » ! Rien de moins…

La constante pour tous ces coachs, ce sont les honoraires demandés : 960 € en tarif forfaitaire, 120 € pour une lecture, 400 € pour un accompagnement personnalisé, 50 € pour une lettre de présentation, 80 € pour les coordonnées de maisons d’édition…

Tout ceci sent le piège à gogos à plein nez ! Quelle place reste-t-il à la création et à l’innovation, quand tout est jugé selon les critères commerciaux actuels ?

Business is business… Rien de plus ! Alors si vous avez la passion de l’écriture et que vous souhaitez vous perfectionner, préférez plutôt les bons vieux ateliers d’écriture. Si vous souhaitez avoir un avis sur un de vos écrits, sachez qu’il existe un organisme qui fait cela gratuitement  : Comité de Lecture.

L’article complet de Marianne est à lire ICI

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4 réflexions sur “L’arnaque du coaching littéraire

  1. Merci pour le lien du CDL ! Je trouve ce site intéressant (pas uniquement pour son côté « relecture » ; j’ai aimé lire les lettres de refus – certaines sont consternantes – et les lettres des auteurs…).

    Quant au reste (malheureusement), ça ne m’étonne pas plus que ça.
    Je déplore cette attitude qui veut qu’on « casse » un (soi-disant) nouvel auteur, juste parce qu’il ose se lancer (on a là la preuve noir sur blanc, avec des mots comme « maladresses inhérentes aux premiers romans », alors que c’est faux !).

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    • Il ne s’agit même pas de « casser », ombresetcaresses, mais bien de « formater ». L’un des coachs recontacté plus tard par l’équipe qui s’est alors présentée comme « journalistique », a eu cette réponse édifiante :

      « Il est vrai que nous aiguillons les auteurs vers les normes de ce que veulent les éditeurs qui ne font presque plus de littérature de laboratoire »

      Ça a le mérite d’être clair ! On n’a pas fini de ressentir l’impression de lire toujours la même chose, même en changeant d’ouvrage et d’auteur…

      Pour le CDL, oui c’est un lien intéressant à plus d’un titre.

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  2. J’avais entendu parler de ces « coaching littéraires » et je dois dire que cela me semblait étrange. Ce serait un peu comme faire du coaching pour peintre ou pour sculpteur.
    Un auteur en devenir d’être édité m’avait demandé ce que je pensai de ces coaching. Je lui avais déconseillé et l’avais plutôt orienter vers un atelier d’écriture ou je savais que l’organisateur ne rechignait pas à lire les oeuvres qu’on lui proposait et qu’il donnait un avis souvent de bon aloi, parfois grinçant, mais toujours en prenant en compte la « souffrance » de l’accouchement.
    En tout les cas je garde en mémoire quelque part le lien vers le CDL.

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