La parenthèse incandescente – Robin Rinaldi


Quatrième de couverture

Robin a 42 ans et mène une vie confortable. Mais, pour que son bonheur soit total, il lui manque juste… un enfant. Et Scott, son mari, refuse d’en avoir. Robin n’a alors qu’une crainte : regretter. Elle prend donc une décision importante. Pendant un an, elle et son mari auront une relation libre. Elle accepte de renoncer à la maternité, seulement, en contrepartie, elle pourra sortir de cette monogamie qui l’étouffe pour découvrir une nouvelle forme de vie amoureuse et sexuelle. Une analyse juste de la vie d’une femme en pleine crise de la quarantaine, qui se retrouve face à ses propres choix et essaie de satisfaire des désirs souvent contradictoires. Robin Rinaldi nous livre un récit d’une honnêteté rare, sans complexe.  » Une enquête qui nous plonge au cœur du désir féminin le plus débridé.  » Elle  » Dans un monde saturé par le porno et qui voit trop souvent le prisme masculin dominer la sexualité, le récit décomplexé de sa quête du nirvana sexuel est terriblement rafraîchissant.  » The Sunday Times.

Mon avis

Ce qui m’a fait craquer sur ce livre, c’est son titre que j’ai trouvé très joli. Ensuite, il y a eu le sujet, bien évidemment. Réduire l’histoire de ce livre -et de son auteur, puisqu’il est auto-biographique- à la quête vengeresse d’une femme en mal d’enfant serait une erreur, c’est bien plus profond que cela. Robin se réfugie derrière l’enfant que son mari lui refuse (au point de se faire faire une vasectomie) pour partir dans l’expérience du « couple ouvert » (plus de monogamie, chacun fait ce qu’il  veut avec qui il veut, mais avec des règles), mais en fait c’est elle-même qu’elle cherche. Qui elle est, pourquoi elle n’a aucune confiance en elle, pourquoi son passé la perturbe autant ? Et puis malgré tout l’amour qu’elle et son mari se portent, il y a beaucoup de silences, de non-dits dans leur couple, beaucoup de besoins différents aussi. Beaucoup trop. Que peut-il y avoir de plus perturbant que de découvrir à 40 ans passés, que l’on ne sait pas qui l’on est et que l’on ne connaît pas son corps ? Ce sont  peut-être ces deux  facteurs qui sont responsables de la fameuse crise de la quarantaine que beaucoup connaissent, sans doute parce qu’elles ou ils n’ont pas eu l’occasion de se lâcher totalement lorsqu’elles ou ils pouvaient le faire sans générer d’effets collatéraux.

J’ai beaucoup aimé ce livre qui analyse -sans aucune complaisance, ni vulgarité- les moindres recoins de cette parenthèse, tout en étant d’une franchise totale. L’auteur aurait pu se réfugier derrière des artifices pour se trouver des excuses, elle ne l’a pas fait. Elle démonte aussi  le mythe on ne peut plus répandu qui veut que les hommes ont des besoins alors que les femmes sont dans les sentiments. Les besoins, c’est elle qui les a, tandis que son mari -pourtant très peu versé dans le romantisme, c’est d’ailleurs un reproche qu’elle lui fait- finalement est beaucoup plus fleur bleue qu’il pourrait paraître. Dans cette histoire, c’est lui qui subit, qui souffre, mais sans jamais rien verbaliser (erreur fatale s’il en est).

Certes, d’aucuns diront que le sexe n’est pas tout dans une relation de couple, mais s’il n’y a pas de compatibilité à ce niveau, je ne vois pas comment celui-ci peut durer. C’est quand même cela qui différencie un couple amoureux, d’un couple d’amis… L’idéal serait que les deux partenaires évoluent selon un même parcours, mais pour cela il faut un dialogue franc et sans tabou, ainsi des envies minimales réciproques -ce qui n’est pas le cas ici.

Ce récit peut déstabiliser, car il ne faut pas se le cacher, les désirs sexuels et le plaisir féminin n’ont pas l’habitude d’être ainsi étalés, disséqués. Pour tout dire, ils font  peur. Très peu de femmes osent parler de cela librement, de peur de passer pour des mantes religieuses ou des salopes. Les femmes sont  socialement prisonnières d’une image qui n’est pas forcément en adéquation avec ce qu’elles sont réellement, avec ce dont elles ont secrètement envie.

Vous l’aurez deviné, le couple ne sortira pas indemne de cette parenthèse incandescente. Mais cela n’est pas négatif pour autant.  Un livre beaucoup plus utile à mon sens que  le convenu Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, puisqu’il montre que c’est loin d’être aussi simpliste que cela. Robin Rinaldi nous dit,  avec sa Parenthèse incandescente, qu’il faut savoir être à l’écoute de soi pour pouvoir être à l’écoute des autres et trouver enfin l’harmonie.

Ce livre m’a parlé peut-être aussi parce que, lorsque j’ai quitté mon ex conjoint violent et que j’ai du me reconstruire, j’ai vécu durant une période une vie totalement  libérée  afin de  me découvrir et savoir ce  dont j’avais  besoin pour trouver mon équilibre. La différence, c’est que j’étais célibataire et qu’il n’y a pas eu de victime  collatérale à cette quête.

La Parenthèse incandescente, de Robin Rinaldi – Editions du Cherche-Midi – 18.80€

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Une réflexion sur “La parenthèse incandescente – Robin Rinaldi

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